vendredi 21 décembre 2007

Lettre au Père Noël de la musique en ligne


A quelques jours du réveillon, Viva Musica édite la lettre au Père Noël du monde de la musique en ligne. Extrait…


Cher Père Noël

Voilà cinq ans que les ventes de produits physiques baissent mettant à mal un système économique sur déclin. Nous avons déjà eu le Père Fouettard fin Novembre avec la commission Olivenne (qui a aussi apporté quelques jolies choses comme la suppression des DRM ou quelques crédits d’impôts).
Croyant très fort à la magie de Noël, j’espère que tu rempliras les souliers du marché en ligne des fameux « beaux joujoux que je vois en rêves ».
Pour te faciliter la tâche, je t’ai fait une liste non exhaustive que tu pourras compléter selon tes envies.


Mon Electre à Moi
Pour commencer, j’aimerais que la musique est son Electre. C’est vrai, le monde de l’édition en a un et c’est très pratique. Je sais que cette création de base de données n’est pas du ressort des petits lutins qui oeuvrent avec toi en Laponie, mais, n’ai crainte, j’ai fait une copie pour le 3 rue Valois.
Avec ce super Electre nous pourrons tout connaître d’une édition musicale :

  • Son éditeur originel,
  • sa date d’édition et de sorite
  • sa disponibilité en physique et numérique
  • Auteurs/compositeurs...

Oh je sais, tu crois que ce genre de logiciel va tuer les disquaires. Non, je ne crois pas, le conseil humain à bien plus de valeur qu’une simple base, Electre n’a pas tué les libraires et en plus, il n’y a plus de disquaires en France (ou si peu).
Par contre elle faciliterait la vie de bien des professionnels de la musique mais aussi des mélomanes. Les internautes auront enfin une base de données qui ne s’appelle pas Emule.


L’original touch
On vieillit tous mon brave Père Noël, et passé 50 ans, c’est la fin du monopôle d’exploitation d’une œuvre par un éditeur. Alors, on voit fleurir en CD et en numérique, des copies à l’infini des standards des années 30, 40 50 et bientôt 60.
Mon original touch est quelque chose de très simple. C’est un indicateur de l’éditeur original. Savoir que tel enregistrement, réédité en midprice provient de tel ou tel label est, à mon sens, une information qui doit être lisible et non réservée aux fanatiques près à passer des heures sur Internet pour retrouver ou reconnaître à l’oreille la version. Pour ma part, ça mettrait de la visibilité dans les enregistrements historiques de jazz (toujours bon de savoir qui vient de Savoy, qui vient d’Atlantic…)

Avec les dates d’enregistrements en plus, ça serait le bonheur parfait.


Le lien hyperfort
La frustration sur les plateformes de téléchargement, c’est le manque d’information. Chaque site ne peut développer sa propre source éditoriale. Alors, pourquoi ne pas mettre un lien vers le site du label ou celui de l’artiste tout simplement. C’est le lien lien hypertexte et hyperfort vers le site de l’artiste ou du label. Je sais que techniquement, ce lien est très simple et peu coûteux à mettre en place, alors, s’il te plait Père Noël, n’oublie pas mes petits souliers !


Les supers formats
Maintenant que je peux t ‘écrire cette lettre en ADSL comme plus de 10 autres millions de foyer en France, j’aimerais, cher Père Noël, acheter de la musique en ligne de meilleur qualité. Je sais, c’est une demande peu courante, aux antipodes même des sonneries de portable. Mais justement, cher Père Noël, j’aimerais, et c’est mon dernier voeu, un plus grand choix dans les offres numériques. Que ce soit en contenu ( playlist ou fond de catalogue), ou un choix technique au niveau du format avec des offres couplées physique/numérique, des formats de grandes qualité (MP3 320Kb/s ou FLAC).



Je te souhaite beaucoup de courage pour ta tournée et espère avoir été assez sage pour avoir tous ces beaux cadeaux.

Bon courage Père Noël

Frédéric Neff de Viva Musica



Avis aux lecteurs : Ma liste n’est pas exhaustive, alors n’hésitez pas à la compléter.
Joyeux Noël et bonnes fêtes à tous !

mardi 18 décembre 2007

Mainstream for ever

Un message d'Apple dans ma boîte aux lettres m'annonce, pour la fin de l'année, le meilleur de 2007 iTMS. Chic. Un point gratuit. Allons faire un tour.

A ma surprise générale, le lien m'ouvre une page iTunes bleu ! Une couleur par ma part inédite sur ce site et pour la marque qui joue soit à la fluo touch soit au black & white smart si c'est pour de l'iPod ou de l'ordinateur.

Jolie présentation en dégradé allant du bleu UMP au ciel d'Avignon en hiver après un coup de Mistral.
En tout cas, ils ont fait les choses bien chez Apple. Classement par titre et par Album, comme pour le classement IFOP/SNEP mais vachement plus sexy.

Voilà, après le général et le carton plein de Mika, on s'attaque au top genre par genre. A savoir Variété française, op, R&B/soul, Electronique et alternative.
Bon, sans parler des gros secteurs de niches comme je les aime bien (musique du monde, Jazz et bien sûr Classique), vous ne trouvez pas qu'il manque quelque chose ?
Parmi les 19 genres (comprenant musiques de fête et country), vous ne voyez pas dans ce top sélection d'iTunes le genre manquant ?
Ce n'ai pas la musique de film, ni la musique pour enfant, encore moins la musique traditionnelle, ni le reggae (souvent classé en musique du monde), ni le Blues, ni la Dance (malgré la techtonik en force en France) ni la musique latino-américaine qui bénéficie d'un genre spécifique comme la country.
Mais quel est ce genre qui manque ? Pour ma part, son absence m'a choqué car il s'agit d'un genre musical de plus en plus important quelque soit la rive de l'Atlantique ou de la Manche où vous vous trouvez.
Skyrock sera déçue. Le rap/hip Hop est donc un parent pauvre d'iTMS. Trop de pirate, pas assez de ventes ? pas assez smart pour iTMS ou simplement pas assez de place ?
Les amateurs de MC Solaar et de Docteur Dre apprécieront. Pour ma part, je vous conseille Fettes Brot, c'est allemand, c'est du Hip Hop et c'est très bon.

jeudi 13 décembre 2007

le web marketing dans la musique classique


Dernier volet de la table ronde organisée par le bureau de l'export, la promotion de la musique classique. Vaste débat. Autour de moi, Trois invités venant de 3 domaines différents :
Alban Cerisier, responsable du site Internet de Gallimard
Frédéric Lalanne
, responsable de l’interactivité à Radio Classique

Dominique Pavlin de I-Ozo, venu nous présenter le NCD.

En guise d’introduction, un diaporama présentait le web marketing.
Ce document est disponible ici en PDF. J’en suis l’auteur alors n’hésitez pas à me poser des questions, soit par mail, soit par ce blog.
Les intervenants nous ont ensuite proposé des applications réelles de web marketing.


Du Web 1.0 au Web 2 .0


Gallimard, c’est un peu l’Universal de l’édition, la passion en plus. Un grand groupe (mais plus forcément le plus grand) une offre exceptionnelle que l’on peut résumer en deux chiffres :

  • 2000 nouveautés par ans
  • 60 000 références
Un catalogue allant de la Pléiade à Harry Potter, de Pennac aux Folio découvertes. Le monde de l’édition a beaucoup à apprendre du marché du disque mais il a surtout beaucoup à nous apprendre. Vendeur d’écrit par essence, les éditeurs sont bien présents sur la toile, et peut être mieux présent que les éditeurs de musique. L’exemple de Gallimard est flagrant.
Un premier site « catalogue » proposant l’offre Gallimard (web 1.0) a été, dès 2004, remplacé par un site plus interactif. Voici les principaux points de leurs évolutions :
  • l’offre. Un site portail donne accès à une multitude de sites spécifiques (un part collection) voir un par événement (dernier Pennac, dernier Harry Potter…)
  • La cohérence. Tout en gardant l’identité Gallimard, chaque site est à l’image de la collection, et composé pour son public.
  • L'interactivité. Infos, sorties, références de livres sont complétées par des interviews vidéos, des quiz (très sympa), des liens thématiques vers d’autres sites, des blogs, des concours….
  • Un pied dans le futur. En attendant la nouvelle version « encore plus web 2.0 » au salon du livre 2008, Gallimard, qui a lancé un grand projet de numérisation de ses ouvrages, propose déjà en ligne la recherche par mots clés à l’intérieur de l’ouvrage et le feuilletage via flash, du livre.


De la playlist à la base de données

Radio classique
a lancé en 2007 un programme de web radio thématique et multiplie donc ses canaux.
En complément de l’hertzien, l’auditeur peut écouter en direct la radio via Internet. Nouvelle étape donc avec la création de 9 webradios sortant des thématiques traditionnelles (époques, genres…).

Des webradios pour des primo écoutant
  • Radio classique cinéma
  • Radio classique 100% tubes
  • Radio classique R’classique
Des webradios pur des moments dans la journée
  • Radio classique zen o buro
  • Radio classique lounge
Des webradios thématiques traditionnelles
  • Radio classique baroque
  • Radio classique les voix
  • Radio classique synphonique
Et enfin, une webradio qui a fait débat devant les éditeurs de musique, la webradio HD, diffusée en 5.1, pour répondre à une demande croissante d’auditeur équipé en home cinéma… « Radio Classique propose une expertise en musique classique, c’est notre savoir faire. »Pourquoi Radio Classique fait-il le pari des webradios ? Quels sont les objectifs de Radio Classique avec cette politique de flux ? Radio Classique expérimente avec ces webradios et apprend un nouveau métier, celui de gestionnaire de bases de données. Un exemple donc d’un média qui évolue avec le numérique.


Physique, numérique et live


Enfin, Dominique Palvin nous a présenté le concept NCD. Un marquage unique sur chaque CD pressé permet d’offrir des accès privilégiés aux détenteurs du CD. Une fois dans son ordinateur, comme avec l’opendisc, l’auditeur a accès à un espace personnalisé. L’objectif de I-Ozo et de Sony DADC est d’offrir des offres cohérentes autour du CD. Accès inédit sur Internet, réduction à des concert. Le CD devient une clé, un accès un des zones privilégiées. Comme dans une stratégie de web 2.0, le rapport entre l’émetteur de musique et l’auditeur est changé. On développe ici un accès privilégié.

lundi 10 décembre 2007

Viva Musica sur BFM


C’était ce week-end mais c’est aussi toute cette semaine sur BFM. J'étais invité avec Magali Martin du Bureau de l’Export à l’émission l’atelier numérique de François Sorel.
Au programme, petite présentation du marché du classique sur Internet. Cette émission fait bien évidemment échos à la table ronde et "le classique sur le web ?" organisée par ce même bureau de l’export.
Je reviendrai plus précisément sur cette journée tout au long de la semaine.

bfm.mp3

jeudi 6 décembre 2007

Et le classique sur le web ?

Le bureau de l'export organise demain une conférence sur la place du classique dans le net.
toutes les questions que se posent les artistes, les éditeurs, les producteurs, les labels, les distributeurs et les agents dans le monde de la musique classique. Parent pauvre du net à première vue, le classique a beaucoup à gagner avec Internet.

J'animerais la dernière table ronde intitulée "les outils de promotion de la musique classique".
Autour de moi :
Frédéric Lalanne responsable de l'interactivité sur Radio Classique,
Dominique Pavlin, consultant I-Ozo, actuellement en mission chez Sony
Alban Cerisier de Gallimard
(sous réserve).

Vos questions sont les bienvenues sur blog. un compte rendu complet sera disponible sur ce même blog dès le week end.

Ci dessous, la présentation de la journée et le programme complet !


Sur myspace vous trouvez un certain JP Rameau et tous ses amis (d’époque) ; et Renault Capuçon flirte avec Aaron.

Le web a cet avantage poétique de raccourcir le temps et la géographie. Il est indéniablement un outil de l’export ; il en semble l’avenir si ce n’est le présent… Mais il reste un moyen, à comprendre et apprivoiser.

Une journée de formation et de tables rondes organisée par le Bureau Export est donc organisée sur ce sujet : comment le web est-il utilisé par les acheteurs et les acteurs de la musique classique ? Comment le nouveau bouche à oreille se forme-t-il, ces fameux "buzz" autour d’un concert ou d’un disque ? Quelles sont les questions juridiques et sociologiques, les enjeux économiques et professionnels ? Quelles sont les spécificités de la musique classique ?...

Le but de cette journée est de faire connaître aux professionnels Classique les outils du web et de leur donner les moyens de les utiliser (podcast et vidéocast, blog et radioblog, streaming, téléchargement, web2.0, etc).

Bien entendu les besoins du public Classique peuvent différer de ceux du public "pop" ; dans un deuxième temps l’objet des débats sera donc de définir les priorités pour les professionnels des musiques classiques qui souhaitent utiliser Internet comme vecteur de vente et/ou de promotion.

Le guide Podcast, Streaming, web2.0… MODE D’EMPLOI DE LA MUSIQUE EN LIGNE réalisé par le Bureau Export pour les professionnels sortira à cette occasion.


PROGRAMME

9h30-12h30 FORMATION SUR LES OUTILS WEB DE VENTE ET DE PROMOTION DE LA MUSIQUE
Statistiques sur le marché et similitudes du classique avec les marchés de la musique en ligne. Panorama des acteurs, informations sur les moyens de ventes et de promotion: abonnement, téléchargements, ‘buzz’, blogs et radioblogs, podcast, streaming, sites communautaires (my space, you tube..), marketing participatif et investissement des mélomanes, etc.

Intervenant / formateur : Xavier Filliol (anciennement co-président de la commission musique du « Groupement des Éditeurs de Services En Ligne » (GESTE), intervenant pour l’IRMA,…)

14h-15h30 LES SPECIFICITES DE VENTE DE LA MUSIQUE CLASSIQUE
Acteurs du marché, métadonnées et précisions des modes de recherche, qualité sonore des fichiers, recommandations prescriptives, etc.

Intervenants :
Abeillemusique-QoBuzz : Yves Riesel, directeur général / Rabye Marouene, responsable technique
Emusic : Rob Wetstone, Vice Président des relations avec les labels
Harmonia Mundi : Jean-Baptiste Rivail, directeur international / Karine Fritsch, responsable nouveaux médias
Idol : Pascal Bittard, directeur général
Miriam Lockshin, responsable contenu labels indépendants Europe Continentale iTunes sera présente
Modérateur : Lionel Esparza / France Musique, Deux sets à neuf

16h-17h30 LES OUTILS DE PROMOTION DE LA MUSIQUE CLASSIQUE
Moyens d’écoute en ligne de musique classique, outils spécifiques pour fidéliser et élargir son public, buzz-marketing autour d’un artiste, d’un concert, festival ou événement, etc…

Intervenants :
Radio Classique : Frédéric Lalanne, responsable de l’interactivité
I-Ozo / Sony DADC : Dominique Pavlin, consultant
Gallimard : Alban Cerisier
(sous réserve)
Modérateur : Frédéric Neff, blogeur & consultant en web marketing pour les secteurs de niche.

Alice parfois fait plouf

Alicemusic est livrée sans le ventilateur


Alice (du groupe Italia Telecom) annonçait cet automne une riposte à Neuf Telecom en mieux. Déception.
Le filon des FAI fournisseurs de musique semble s'épuiser un peu, ou plutôt prend la mauvaise voie.

L'offre est clair, " n'iè transpareeeeent" comme dirait la pub.

Accès illimité et gratuit au catalogue (numérisé) d'EMI soit 300 000 titres (dont la musique de la pub) livrés avec DRM Microsoft (pas compatible sur iPod). A la clôture de l'abonnement, les fichiers ne sont plus lisible.
La (seule) différence provient de coût. C'est gratuit pour tout le catalogue (contre 4,99€ par mois pour le même service).

Alors voilà, la musique est le nouveau produit d'appel pour les FAI. Le cadeau Bonux qu'il y a au fond du paquet de lessives ou du carton de sa box.

Un joli coût marketing qui ne sert pas forcement les intérêts de la musique.
Bloquer à un catalogue et ce, sans supplément de prix ne me parait pas une bonne chose.

Espérons qu'Universal (avec Neuf telecom) et EMI avec Alice tireront les conséqences de ses offres illimitées. Une analyse complète des fréquences de téléchargement et des nouvelles pratiques de ces internautes pourra définir des offres d'abonnements qui servent à la fois les intérêts des artistes, des auditeurs et des ayants droits.

Des pistes d’offres ?
  • Une offres multi-majors incluant les indépendants.
  • Téléchargement gratuit illimité sans DRM valable pendant l’abonnement.
  • Possibilité de conserver les titres téléchargés à la fin de l‘abonnement pour quels centimes par titres ( par exemple 8 centime pour le rémunération des artistes)
  • Webradio intégré avec téléchargement sur un clic
  • Options playlist et découverte avec flux de nouveauté à écouter et/ou télécharger

etc, etc...
A suivre donc !

mercredi 5 décembre 2007

Web vitrine en construction


Prenant exemple sur l’excellent blog « ergophile », je me suis mis moi aussi à l’étude d’un site. Pas d’analyse graphique mais un petit scan du leader du marché de la vente en ligne : iTunes Music Store, le fameux iTMS.
Pourquoi le succès de ce site et que propose-t-il comme vitrine à ses internautes ?
Direction donc iTMS !


La homepage

Très dense la homepage d'iTMS !
Il faut mettre beaucoup d’infos dans peu de place. Prenant le cadre du logiciel iTunes, iTMS a moins d’espace que virginmega ou fnacmusic.com.
Toutefois, cette sensation de surabondance et multitude de cadre prédominent à chaque fois.
Chaque nom, chaque image est cliquable. Le premier bandeau, soigneusement négocié par les agrégateurs, donne la plus grande et la plus efficace visibilité pour un artiste/album/projet.
A gauche et à droite, deux colonnes présentent lors de la navigation du site. Ces colonnes reprennent les champs iTMS principaux.
Propre au site (raccourcis, iTunes Store) ou propre à la musique (meilleur classement album / titres / Vidéos clips) ou encore plus de musique et genres.

Au centre, 5 cadres proposent une sélection des nouveautés (avec 5 onglets) / Exclusivité / singles EP / Recommandé et « rien que pour vous ».
Deux zones proposent un choix de 6 vignettes pour casser la monotonie et l’effet Tétris.
A noter la présent en bas (bien invisible d’un classement du jour (Podcast), d’un classement livre audio. Deux cadres proposent un choix « un peu plus éditorial » à savoir les indispensables d’iTunes et « leur playlist ».

En résumé, 19 zones avec :
4 zones de navigations et de services iTMS (tous les trois dans la partie supérieure de la page)

5 classements
proposant une sélection de nouveautés / exclusivités (album ou EP) dont 3 composées de photos.
4 champs « éditoriaux » proposant une sélection thématique (rien que pour vous), des playlists, des albums recommandés (comment ? Par qui ?) et les indispensables de iTMS.

Au total : en homepage complète, il y a 51 visuels d’albums seulement dont 3 en double.
Les images en haut sont une sélection aléatoire du champ nouveauté.
Dans la configuration « normale », sans utiliser l’ascenseur, on obtient seulement 22 visuels d’albums !


Recherche de morceaux

L’outil recherche d’iTunes s’applique aussi pour iTMS. Pratique quand on le sais. La recherche se fait par noms/Titres/albums seulement. Le choix « recherche avancées permet d’entré à la fois le nom de l’artiste et le titre. Exemple avec also sprach Zarathustra de Brahms.
Nouvelle configuration de page qui repend la configuration du player iTunes. Une zone supérieure propose un résumé des morceau trouvé avec visuel, nom, prix… Une zone inférieure organise les réponses classées par « popularité » dans une playlist. Il suffit de cliquer pour acheter.

Le choix de ce morceau n’est pas un hasard.

Le titre à prix unique pose quelques problèmes. Dans ce cas, l’opus 30 also sprach Zarathustra rendu immortel par Kubrick dure 34 minutes 31. Vous avez donc le choix de l’acheter à 0,99€, à 9,99€ avec « l’album », à savoir la version de David Zinman & Tonhalle-Orchester Zürich sortie en janvier 2000. Ni le label ni la date d’enregistrement ne figure.
Soit, vous pouvez l’acheter mouvement par mouvement à 0,99€ pièce.










Popularité


Le classement ne fait pas par pertinence mais …par popularité. Dans notre exemple, l’opus 30 complet à 0,99€ n’est pas populaire. L’extrait tiré d’une compilation de musique de films l’ai bien plus. Un paradoxe. En rentrant le titre exact du morceau, on m’oriente vers une version très courte et non vers l’intégrale qui est, en plus, meilleur marché.


Où est la vitrine ?

Prenons donc l’onglet « classique » d’iTMS. 26 vignettes sur la page.
4 zones de navigations et de services iTMS (tous les trois dans la partie supérieure de la page)
1 classement seulement (contre 5 en home page)
3 encarts proposant une sélection de nouveautés / exclusivités dont 2 composées de photos.

4 champs « éditoriaux » proposant une sélection thématique dont l’onglet « grand compositeur ».















Cela laisse peu de place à la découverte. Les zones les plus visibles sont logiquement utilisées par les nouveautés. Le reste de la sélection reste flou : un choix de compositeur, une mise en avant sur un artiste mort, des chants de Noël


Et la Long Tail dans tout ça ?


En allant sur un magasin virtuel, on pouvait s’attendre logiquement à un fort espace dédié ou chose « peu connu », au fond de catalogue ou alors à une homepage plus proche d’Amazon : un focus sur les nouveautés et un outils de recherche performant.
Il n’en est rien.

En tant qu’utilisateur de Macintosh depuis 6 ans, je me suis complètement adapté à l’ergonomie du site. Je doute qu’un utilisateur de PC puisse, aussi vite, comprendre la logique du système. Quoi qu’il en soit, ce site peut rendre dépendant au logiciel iTunes, seule plate-forme pouvant recevoir l’iPod.
L’objectif d’iTunes est bien là. Offrir un service informatique (logiciel, baladeur et ordinateur) très fluide et compatible, facile d’utilisation. La musique ici, ne représente qu’un produit d’appel. Alors, la théorie de la Long Tail résistera-t-elle à ce genre de site de vente ?
L’effet boule de neige à déjà pris. Les principaux sites de vente en ligne (fnacmusic, virginmega et OD2) sont basés sur ce système très restrictif.
De plus, chacun de ces sites propose des choix limités.
On note le manque de vitrine numérique par genre allant au delà d’une sélection des nouveautés. De plus, malgré la vente au morceau, les systèmes restent très fidèle à la vente d’album et au schéma album, peut être pas si compatible que ça avec les utilisateurs de l’achat au morceau. A part les très rares (mais souvent pertinente) playlists thématiques (les reprises, la playlist choisie par tel artiste…) ou la vente du tube ou du morceau phare, ces modèles de vente n’inventent rien en terme d’offre musicale.
Avec ces énormes catalogues et cette facilité technique à composer des sélections et à les acquérir, de très belle chose reste à faire.


Conclusion

En tant que leader, Apple a imposé, au delà du prix unique à 0,99 € toute une façon de pensée la musique en ligne.
On note de nombreuses restrictions qui vont à l’encontre des artistes, des labels et des auditeurs. Peu visible certes sur le mainstream, ce formatage du modèle de vente est fort dommageable pour les autres genres musicaux et autres secteurs de niches.
Avec les premières offres d’abonnements, d’autres formules plus adaptées à l’auditeur vont apparaître. Face à cette nouvelle concurrence, ces sites seront obligés d’accroître la qualité de l’offre pour ne pas disparaître.

En dehors de ces locomotives du marché, d’autres sites proposent des offres de téléchargement plus pertinent…Mais ça, c’est une autre histoire !

lundi 3 décembre 2007

Vous regardez trop la Tété vision bonsoir !





Hier, aux bouffes du Nord, j’ai été invité au concert de Tété.


Le hasard a voulu que nos routes se croisent pour la 4ème fois, deux fois sur Lyon lors de mon stage à Médiatone et une fois sur Avignon pour un article dans la presse locale
.

Avant le concert, des petits trépieds ont retenu mon attention. Placé à des endroits stratégiques, (une derrière, trois sur scène et une cinquième sur le premier balcon) étaient simplement des caméras. Alors, reprenons. 5 caméras fixe, une mobile prisonnière dans le public ne faisant que des plans fixes et voilà Tété qui nous fait un live filmé comme un solo piano en classique.
Un peu étrange pour un Tété qui balade partout en devant de scène…

Au début, j’ai pensé à l’enregistrement d’un DVD, les Bouffes du Nord se prêtent bien à ce genre de chose. Mais durant tout le concert, une vaste fumée ajoutait à la pénombre de cette scène de théâtre ont dû rendre difficile la tâche des petites cellules vidéos n’ont pas dû toujours apprécier cette quasi-obscurité. Peut être qu’un DVD sortira mais pas que sur les Bouffes du Nord à cause ce cette fumée trop présente.

Et puis, à la fin du dernier morceau, la réponse à ma question,
"on se retrouve bientôt sur scène et sur Internet sur tete.tv"


J’accours donc sur le site de Tété, le blog tv de l’artiste. Assez archaïque graphiquement, ce site est très riches en vidéos (live, société, masterclass…). Et voilà une initiative originale, un vaste choix de vidéos filmées lors de ses concerts (France, Japon…) classées par titres proposant plusieurs vitesses de lecture suivant les connexions et formats. Le choix de la vidéo, une idée venu avec sa tournée au Japon ?

Autre bonne idée, la suivie sur le site et via un podcast vidéo de la création de son clip (en anim 3D)


Donc vous l’aurez compris, la partie web de Tété est en pleine mouvante, débordante d’initiative et u peu bordélique comme ses présentation de chanson en concert. Un site à l’image de l’artiste, l’idéal.

Du coup, je me suis condamné moi-même à retourner régulièrement sur le site pour voir le rendu vidéo du concert aux Bouffes du Nord. Damned !

vendredi 30 novembre 2007

Faisons le marché


France culture toujours, avec lundi dernier l’économie en question. Portrait et rencontre avec Michel Pébereau, président du conseil d’administration de BNP Paribas, homme à tout faire dans l’économie, de l’enseignement à sciences po à la politique en passant par ses rôles dans différents groupes.
Homme d’économie « de gauche » comme il aime le dire. Il a écrit un guide pour lutter contre la dette publique « c’est possible ! Voici comment… »

Un portrait d’une heure très intéressante de cet homme qui aime Bach, Mozart et la sciences fiction.


Et puis il y a cette citation qui m’a trotté dans la tête toute la semaine :

« L’économie de marché, c’est la façon la plus efficace de gérer l’économie.
Le président Lula, le président du Brésil a coutume de dire que les gens qui nient que l’économie de marché est la façon la plus efficace et la seule façon en réalité de gérer l’économie, on la même attitude que l’Eglise Catholique lorsqu’elle réfutait les thèses de Galilée selon lesquelles la terre tourne autour du soleil.
Donc l ‘économie de marché à mes yeux comme aux yeux du président Lula, c’est la seule façon de gérer l’économie. Donc, y a pas de question à se poser autour de cela.
Ensuite, il s’agit de savoir quelle forme doit avoir la société. Nous vivons dans un beau pays, la France, et nous avons des traditions, une culture, une histoire. Il faut faire en sorte que notre collectivité française gère son économie de marché selon des modalités qui soient cohérentes avec cette culture et cette histoire.
Cela implique une économie de marché qui s’accompagne d’un grand esprit de solidarité et beaucoup d’humanisme et donc il est nécessaire de faire fonctionner au mieux l’économie de marché mis en sachant que le produit de cette économie de marché, l’efficacité de cette économie de marché doit être mis aux services de ces différentes valeurs. J’ajouterais que l’économie de marché implique des régulations car il va de soi que le marché livré à lui-même peut tout à fait dérailler. Et donc il faut des régulations, par exemple, il faut des régulations qui assurent des conditions de concurrence loyale car s’il n’y a pas de régulation pour assurer les conditions de concurrence loyale, les acteurs de l’économie peuvent avoir tendance à se placer dans des positions dans lesquelles il n’y a plus de concurrence. Or, l’économie de marché est efficace que si la concurrence est bien effective. »

Cette citation m’est revenue de plein fouet quand je me suis retrouvé dans un Monsieur Bricolage du 12ème arrondissement parisien.
Le magasin mettait en avant un vaste choix de radiateurs d’appoint (il fait très froid à Paris) et….un superbe choix de tronçonneuses !
Aucun déshumidificateur électrique mais de belle bête pour couper les platanes devant son immeuble. C’est quoi le marché de la tronçonneuse sur Paris ?
Pourtant, il me semble, à Paris on trouve plus facilement des appartements humides que grands jardins privés à fort besoin de tronçonneuse. A moins que ce soit le cadeau idéal pour Noël
Bref, la centralisation de Monsieur Bricolage nous a fait preuve une fois de plus que centraliser à tour de bras peut aboutir à quelques incohérences. Mais qui sait, ils vont peut être les vendre ?

Un magasin qui vend des tronçonneuses, un ponte de l’éco qui vante les mérites de l’économie de marché et sa régulation…
Mais quel est le lien avec la musique ?


Voilà presque une semaine que je me pose ces questions :
Pour la musique, doit-on parler d’économie de marché ?
Si oui, qui régule ce marché ?
Qui le régule sur Internet ?
Si non, est-ce une mission de service publique ?


De la stratégie à la « Monsieur Bricolage », on en trouve de partout, dans tous les grands magasins aux rayons disques. Si le dernier album de Massilia Sound System est en bonne place dans les magasins de la cité phocéenne, il n’en est pas de même dans ceux d’Avignon. Trop centralisé, pas assez en lien avec le marché.


Donc économie de marché pour la musique ?
Oui, plutôt.
D’abord à cause de sa TVA à 19,6% mais aussi avec ses acteurs. Ces grands groupes du privé, ces majors ou ces indépendants, ces tourneurs ces producteurs, plein d’acteurs économiques qui fabriquent de la richesse avec de la musique.

Bon, mais pourtant, quelque chose ne tourne pas rond. Où est le régulateur ?
Dans les lois d’économie de marché et à Bercy alors. Le marché du disque est géré par les mêmes lois que les autres activités commerciales.


Et pourtant, quelque chose me tracasse encore et encore.
« Or, l’économie de marché est efficace que si la concurrence est bien effective. »
Nous y voilà. But, Goal, essai, panier, à vous de choisir.
Sur le papier, oui, il y a concurrence entre les différents acteurs du marché de la musique, sinon, on ne passerait pas son temps à se voler ses meilleurs artistes.
Mais le public, la base du marché, l’acheteur, il y a-t-il concurrence pour lui ? Choisissons-nous une musique en comparant avec la concurrence selon des critères physiques ou « scientifiques » (nombres d’instruments, durée, prix…) ?
Non bien sûr que non.

C’est l’émotionnel, l’affect qui guide notre choix. En fait, il n’y a pas vraiment de concurrence mais du choix. Plus l’offre d’un point de vente est grande, plus il est de qualité. Quelque soit le marché (physique ou numérique), la musique est gérée par les lois du marché. Pourtant, sa principale caractéristique est qu’elle n’obéit pas aux lois du marché. D’où l’importance de la régulation. Si le marché suit les règles du marché, on tend vers une globalisation et aucun organe de régulation peut intervenir pour limiter ou garantir cette diversité…culturelle.
Pourtant, c’était le rôle de la mission de la commission Olivennes, garantir la diversité culturelle.
Notre régulateur serait notre petit régulateur de ministère de la culture, et autres institutions SACEM /
ADAMI / CNV… ?
Motus et bouche cousue sur ces aides à la création à la diffusion : de l’argent public dans une entreprise privé c’est pourtant contraire aux lois qui régule l’économie de marché.

Il faudra pourtant un jour offrir la boîte de Pandore !
Combien coûte ce saupoudrage de subvention d’aide à la création ou à la diffusion ?
Comment adapter ces aides publiques, ces formes de régulations (publiques ou pas) au marché mondial de la musique en ligne ?

Quel régulateur pour garantir nos « traditions, (notre) culture, (notre) histoire » ?

La suite des débats s’annonce passionnante !

jeudi 29 novembre 2007

Monsieur Olivennes est très fort


Ce matin, je me suis réveillé avec monsieur Olivennes, invité de l'émission « les matins » de France Culture à écouter ici (Les Matins en version intégrale).
Au menu, biensûr, son accord…

« C’est pas un rapport mais c’est un accord c’est ça que je souhaitais faire dans un délais limité et sur un nombre d’objet restreint pour qu’on soit sûr d’être efficace. Ça ne vise pas à éradiquer le piratage, ça vise à trouver des mesures consensuelles d’application immédiate. Donc en fait il y a trois mesure principales.Une mesure de dissuasion du piratage d’un côté et deux mesures en faveur des consommateurs. »

Les mesures sont connues par tous :
4 mois pour avoir la VOD et la suppression des DRM sur les catalogues français, une première mondiale.
La mesure pour dissuader le piratage, c’est le « permis à point » comme le dit très bien Homo-numericus.
Je ne vais pas revenir sur ces points largement traité sur la toile mais simplement sur les meilleurs moments que ce cher monsieur Olivennes m’a offert.


L’enfer, c’est les autres


A la question :
« Est-ce qu’il n’y a pas une partie qui manquait cruellement à la table où vous avez signé l’accord, à savoir les associations de consommateurs ? On a pu entendre récemment l’émotion de l’UFC Que Choisir, la plus grande d’entre elles décréter, ou analyser enfin dire que cet accord était liberticide et(…) qu’il allait à rebours du sens de l’histoire numérique ».
Monsieur Olivennes répond d’abord :
« Heureusement qu’il n’avait pas dit qu’on avait assassiné Henri IV »
histoire de détendre l’atmosphère puis contourne la réponse en ne voyant rien de liberticide à supprimer de façon temporaire une personne faisant un acte de contrefaçon. Une argumentation qui passe avant de placer un coup bas :
«( …) Donc les consommateurs ont les a entendus. Mais d’abord, c’est une nébuleuse qui n’est pas très organisée. Quand vous dites la plus grande association des consommateurs UFC Que Choisir qui représente-t-elle exactement ? Et d’autre part, elles sont sur une telle position radicale que, je veux dire, pour faire un accord, il faut qu’on trouve une position commune, or, la position de UFC Que Choisir je dois dire un peu hypocrite, je le dit aimablement. C’est, "ah évidement, on est tout à fait contre le piratage et on est pour la rémunération des artistes mais on est contre mesures qui puissent, si peu que ce soit, faire obstacle au piratage. Le filtrage ? On est contre. Les radars ? On est contre. Les mesures d’avertissement ? On est contre". Ils sont contre tout mais en faite, ils disent qu’ils sont pour le financement de la création mais dans les faits, comme ils font obstacle à toute mesure qui permettrait d’y parvenir, ils sont hostiles, ils sont pour le piratage. »

C’est pas bien beau de se moquer de ses principaux ennemis, ces rampants qui s’organisent en lobby, qui vont chercher des poux à tous ces braves marchands, qui farfouillent, avocats en mains, les lignes minuscules des contrats remplis de closes abusives.
C’est par solidarité avec le milieu marchand que Monsieur Olivennes se sent obligé de discréditer une association qui fait son travail de lobby ? Ca permet d’oublier les autres, comme Odebi qui, miracle, est une "organisation indépendante destinée à défendre les droits et libertés fondamentaux dans la société de l'information".

On ne pouvait pas rêver mieux pour cet accord. Au Grenelle de l’environnement, les marchands d’insecticides et les pétroliers étaient à la même table que les associations écologiques. Pas concevable pour lutter contre le piratage ?

De plus, ces associations « contre le piratage et on est pour la rémunération des artistes » on des propositions comme la licence globale ou plein d‘autres choses comme la suppression de DRM qu’une major ne voulait pas entendre parler il y a encore quelques mois…
Enfin, et ce crime mérite la cour pénale, le recyclage du « soit ils sont avec nous, soit ils sont contre nous » est lamentable (et je pèse mes mots).
Les métaphores de vendredi venant de Nicolas Sarkozy en plein fantasme de Far West, étaient déplacées, mais venant de vous, Monsieur Olivennes, mais c’est à vomir !

Quelle valeur peut-on donner à cet accord si son dirigeant est aussi manichéen et formaté par une vision du marché numérique à milles lieues des réalités ?



Monsieur Olivennes le boutiquier


A la question :
« il y a de moins en moins de Cd dans vos rayons comme dans tous les grands supermarchés de la culture »
Monsieur Olivennes brille :
« D’abord il n’y a pas de moins en moins de références dans les rayons, le nombre de références augmente de 3 à 4%…
- Pourtant le sentiment du promeneur…
- Sentiment infondé ! Ce sont les mètres qui se réduisent, pas les références »

Théorie Shadock ou ruse de Sioux ?
En effet, le nombre de référence augmente car il y a des nouveautés toutes les semaines. Par contre, pour les acheter, il faut aller sur fnac.com qui est le seul à rendre accessible ces fameuses références, vous savez, celles qui sont vieilles de plus de 3 semaines.


Vers un prix Nobel de l’économie ?


« C’est un principe économique de base que tout le monde comprendra, quand vous pouvez avoir à peu près le même objet pour 0 Francs ou 0 € plutôt, pourquoi iriez-vous le payer ? »
Répondons par une question. Alors pourquoi Gallimard a inventé la collection La Pléiade, avec pleins d’auteurs dans le domaine public, (donc gratuit) et pourquoi ce même Gallimard vend-il très cher La Pléiade alors qu’il vend aussi ces œuvres à prix discount en poche ? Pourquoi vendre des eaux minérales de marques alors que les marques de supermarchés sont moins chères ? Est-ce que la notion de « valeur ajoutée » a-t-elle un sens dans vos notions économiques ?
Retour sur le « vous pouvez avoir à peu près le même objet ». Alors un phonogramme numérique et un CD (physique) sont la même chose ? Alors pourquoi Radiohead sort un coffret collecteur de leur dernier album et une version CD, alors qu’il est disponible, au prix que l’on souhaite, sur Internet ?



L’ouverture, un concept à la mode…

« il ne faut pas que quelques centaines d’internautes voir quelques milliers d’internautes peut être déterminent le sort du pays »
. Les concernées seront ravis. J’adore le concept du lobbing à sens unique : négocier avec les syndicats des producteurs sans négocier avec "la partie adverse". Et pourtant, ils ne sont pas nombreux mais ils sont fichtrement efficaces, « cette tyrannie de minorité », et surtout très informés et riches en idées sur le sort des produits culturels en ligne. De Ratatium au blog de Philippe Axel en passant par les catalyseurs numériques ou le FING, un panel d’idéos, de concepts, de point de vue qui ne demande qu’à débattre sont là. Au delà des geeks qui s’énervent sur les forums, on trouve énormément d’analyses et des points de vue en lien avec les problématiques du marché qui sortent du clivage présidentielle :
"pirate = jeune et téléchargement = vol".
Sans partager toutes ces idées provenant de la toile, leurs lectures sont loin d’être inutile.


Monsieur Olivennes, le rebelle de la Fnac

A la question d’Olivier Duhamel du conflit d’intérêt possible quand un vendeur de musique fait ce rapport , monsieur Olivennes répond :
« J’ai un énorme conflit d’intérêt car la Fnac à un intérêt très gros au piratage. La musique c’est moins de 10% du chiffre d’affaire de la Fnac et 0% de son résultat et probablement un résultat négatif. En revanche, tous les outils du piratage et du développement Internet, les PC, les baladeurs, les graveurs les abonnements Internet c’est 50% du revenu de la Fnac et c’est une très large partie de ces résultats…
- mais c’est un peu plus compliqué, vous avez aussi un site de vente en ligne de musique que vous essayez de développer…
- Tout ça est epsilonesque ! (…) Si je m’étais strictement aligné sur les intérêts de la Fnac, je me serais bien gardé de m’occuper de tout ça et j’aurais laissé faire le développement d’Internet qui m'est très favorable (…) Mon rapport est contraire avec les intérêts de la Fnac. »

La belle image. Comme la musique ne me rapporte rien, je n’ai pas de conflit d’intérêt. C’est simple, c’est clair c’est précis comme dirait l’autre. Le culot, c’est dire que la réalisation de ce rapport va à l’encontre des intérêts de la Fnac. Alors, développer la vente en ligne et lutter contre le piratage serait-il mauvais pour les affaires. La Fnac, Apple, Windows, Google, Free et DELL seraient-ils les méchants profiteurs du piratage ?

Tout ça manque une fois de plus de cohérence et c’est bien dommage. Le culte de la bonne formule remplace la discussion argumentée et même France Culture se trouve touché. En effet,
Le « on est pas dupe » et de l’importance d l’image de l’agitateur culturel d’Alain Gérard Slama n’a pas eu droit à une réponse. Voilà pour mon best of de monsieur Olivennes.


Conclusion


Pour un accord qui va aboutir à une loi, il y a de quoi s’inquiéter. Cet accord pour « u-na-ni-me » laisse place à de nombreuses questions et cette frustration d’être passé très près d’un débat constructif.

Non, je n’en veux pas à monsieur Olivennes qui n’a fait que son travail, dans la logique de son groupe (voir la stratégie utilisé à la Fnac pour réduire la place des indépendants en rayons et pousser ses chers adhérents, chers clients sur fnac.com et fnacmusic.com) et a répondu présent à une commission qui se devait de résoudre vite le problème du téléchargement (des résultats, encore des résultats).
Je n’en veux pas non plus au SNEP, à la SACEM et tous ces faiseurs de discours sur la mort de la production à cause du piratage.
Je n’en veux pas non plus aux « P2P addict » de télécharger gratuitement et, du coup, de sortir un peu du formatage des médias en ayant une abondance de chose (même si peut-être un quart seulement sera écouté).
Je n’en veux pas non plus à ceux qui souhaitent voir disparaître les éditeurs et les producteurs, ces « voleurs » qui font de l’argent sur le dos des artistes, qui « profite du système » et qui nuit à la création.


A chaque niveau, chaque profession, chaque acteur de cette fabuleuse chaîne qu’est le marché de la musique, chacun à sa vision de la crise. Plus l’on prend de hauteur, plus sa vision s’enrichie de celle des autres, plus le problème du piratage devient complexe et impliqué dans une fourmilière de problèmes, plus complexe les uns que les autres.
Un vrai melting pot d’emmerdes. Ca peut faire peur mais pour ma part, ça m’existe. Tout est à inventer et chaque genre musical, chaque secteur d’activité doit faire peau neuve et inventer sa nouvelle économie, son marché, sa communication.

vendredi 23 novembre 2007

C'est comme au PMU !



Il est 19h, je viens de regarder la vidéo de grande annonce du président, les fameuses conclusions de la non moins fameuse commission Olivennes.
Je m’étais spontanément censuré à la création de cette commission dont les conclusions devaient « tenir sur une feuille A4 » (parce qu’il est trop dur d’écrire sur du papier hygénique ?).

Après l’écoute du discours ô combien amusant de notre président, ce ne sont plus les conclusions de cette commission, connues depuis ce matin qui m’attriste le plus, mais la façon dont cela à été fait. Un problème majeur traité par-dessus la jambe. Sans revenir sur le CV de monsieur Olivennes, qui, en tant que patron de la Fnac en connaît un rayon sur la disparition de la diversité en magasin, c’est ce retour idéologique en arrière qui appelle au vomi.

Télécharger = mal.
C’est fait par des pirates = jeunes qui faut sauver
Les droits d’auteurs = patrimoine de la France = Génial (donc sans problèmes) = 100% adaptable à Internet = moi je suis le pape ?

« ces jeunes » car tout le monde sait que passé 30 ans on ne télécharge plus, sont tantôt « de bonne fois » quand il recevront le mail de menace de leurs FAI, tantôt des bandes criminels organisées, qui, comme tout le monde le sait, financent le terrorisme. Courage, madame Dati veille maintenant avec sa nouvelle super commission.

Du Sarkoshow, dans un après midi d’automne où le froid crispe les jambes de la ministre de la culture, où Olivennes, laissant sa classe à l’entrée en sautillant sur place pour ne pas avoir de varices.

Un aller retour au PMU du coin de ma rue m’aurait apporté ces mêmes conclusion, Sarkozy en moins.
« ceux qui téléchargent, ba, ils volent, c’est normal de les punir » et autre « si on ne fait rien, c’est la fin de la diversité culturelle ».

Le téléchargement gratuit fait mal, mais il ne fait pas tout.

Du bout des lèvres, Sarko admet que les DRM sont un frein à la vente légale. Mais tout ça pour ça !
Un renforcement de la répression qui est inefficace.
Organiser un flicage des internautes par les FAI, ça c’est novateur. A la fois anticonstitutionnel, très 1984, pour permettre le développement de P2P crypté. Une fois de plus, « ce projet pédagogique » relève tous les défis.

40 bonnes minutes de discours avec en intro le supplice des grèves, pour arriver à quoi ? A une ribambelle d’idées reçues et de raccourcis fumeux que même les poivrots de mon PMU n’osent plus faire. « Est ce pas qu’il y a des assassinats que l’ont va changer la loi tu ne dois pas tuer ton prochain ? » ou « le problème de la France, c’est qu’on légifère, puis y a l’administratif et tout ça c’est très lourd » ba oui ma bonne dame, et j’en passe, et des meilleurs !

Le pirate est un jeune qui vole et ne sait pas ce qu’il fait. C’est mal, il faut lui dire pour qu’il change. 1+1=2.
La musique a subi le piratage. Gare aux autres secteurs d’activité. « les mêmes causes produisent les mêmes effets » et la « toile d’internet », qui donne accès à la culture ne soit pas « être un OK coral ». et oui, aujourd’hui avec le « haut débit, plus de la moitié des films sont sur ces sites de P2P » la moitié seulement ?


Pour le Cinéma donc, les VOD sortiront en même temps que les DVD (ça c’est de la révolution). « Les salles de cinéma sont le passé, le présent et l’avenir » et « comme je le dit moi, une salle de cinéma c’est un lieu où un public va voir un film ». De la réforme avec un grand R je vous dit ! Les professionnels apprécieront. Les films restent moins longtemps en salle, « ba c’est comme ça, de mon temps, début des années 60 (rires) place Clichy, Ben Hur, 4 ans à l’affiche….Ba on ne le vivait pas si mal »
Bravo le coup de l’exception qui n’a rien à voir. Un problème sympa pourtant, le temps d’exposition d’une œuvre, un sujet qui touche aussi les livres et surtout les disques mais…on s’en fout, car le mal vient des pirates, pas des magasins !

Enfin, la diversité culturelle est entre bonne main. Eviter les sujets qui fâchent (ça fait baisser les sondages ?), caresser dans le sens de l’immobilisme et surtout, surtout, ne pas se poser de questions majeures sur l’avenir des droits d’auteur sur Internet, la rémunération des artistes, l’offre culturelle sur Internet et dans le monde réel, la place de la francophonie sur Internet et tout ce qui se rapproche de près ou de loin à une réflexion sur la culture et le divertissement dans les nouvelles technologies.
On fait de la réforme tout public garantit 6 mois (« si ça ne va pas, on change ») car « je suis jugé sur mes résultats ».


Petit, quand je faisait mal mes devoirs, au temps où moi aussi j’étais jugé sur mes résultats, j’avais toujours un travail bâclé en rouge qui traînait en haut de ma copie.

jeudi 22 novembre 2007

Un aller retour en Palestine

Jeudi 15 novembre, en pleine grève, à pied et en vélib, je me rend au café de la Danse pour un concert du Trio Joubran. 4 jours (presque) complet malgré les grèves.

Ces trois frères palestiniens jouent du Oud. Samir, l’ainé, est le leader incontestable. Ses deux cadets le suivent et forment, après quelques notes qu’une seule entité, le trio Joubran. C’est en anglais que Samir fait la présentation du groupe. les frères Joubran mais aussi toute l’équipe de production forment une grande famille.
Une famille qui s’agrandit avec la présence (ô combien extraordinaire) du percussionniste
Youssef Hbeisch.

Pas besoin de folle hystérique pour demander le silence dans ce concert. Le public est immédiatement saisi par les premières notes de Oud. Le voyage commence. Le son était excellent et la prestation du trio remarquable.
Subtil.
Voilà comment résumé ce concert. Subtil et très intelligent, comme la réflexion de Samir sur la situation en
Palestine. La musique passe d’un Oud à l’autre, Youssef Hbeisch ajoute le zeste rythmique qu’il faut.

3 ans après ma première rencontre avec le groupe à Arles, j’ai pris ma claque jeudi dernier au café de la danse. Plus d’une heure trente de concert face à un public qui ne les lâchait plus. L’album Majâz mais aussi un morceau de Randana ont été joué ce soir là. A la sortie, ce fut la cohue devant les CD en ventes, partis comme des petits pains. Après 10 minutes, le hall d’entrée s’est transformée en salon de dédicace en Français et en arabe.
Malgré le froid et les grèves, tout le monde est reparti avec le sourire. Une très belle soirée.

Pour ce qui ne connaissent pas le Trio Joubran, je vous invite donc à les découvrir. Leur dernier album, Majâz, est un petit chef d’œuvre chez Harmonia Mundi. Pour les voir sur scène, c’est ici.

Le
trio Joubran est aussi disponible aussi sur Internet. Ci joint ce player mis à disposition par Believe, leur agrégateur.


Mais tout ça, on en reparle plus tard…C’est promis.

Retour à la FAC


Bon, les grèves de transport ont aussi des conséquences sur les blogs. Partageant la connexion internet avec ma chère et tendre, entre conf call et skype réunion, j’ai fait le strict minimum sur le web. Mardi 13 novembre, Paris III Sorbonne Nouvelle, j’ai été invité par Laure Dasinieres, allocataire monitrice en info com et animatrice de l'atelier d’analyse du discours médiatique, à parler du discours dans un secteur d’activité particulier, à savoir, la musique. Joli petit exercice en faite. Censier n’étant pas la fac d’Avignon, je suis venu sans powerpoint et sans son, ce qui fut bien dommage. Un disque en main, quand même, All’improvviso, de l’Arpeggiata de Christina Pluhar aux éditions Alpha. Pas un hasard. Entre musique traditionnelle (dont la chanteuse Lucilla Galeazzi est une spécialiste pour l’Italie) et musique baroque (avec le ténor Marco Beasley que j’adore), ce disque me paru intéressant pour l’analyse du discours. Retranscription et réinvention d’une musique avec les traces de partitions trouvées, partir d’un discours écrit pour réinventer la musique. Atteindre un son avec quelques archives, en voilà une belle entrée en matière ! Pour simplifier les choses, je suis parti du schéma de Roman Jakobson (ci-dessous) simplifié à l’extrême :

Destinateur (émetteur) / MESSAGE / Destinataire

L’idée, mettre en avant les acteurs de la production musicale qui apporte du discours entre la musique (universelle, réceptionnée par tous) et l’auditeur. Les discours rapportés ne sont que métadonnées (ou para-texte) qui apporte du sens (livret) de l’accessibilité (CD) ou de la valeur au morceau.
J’ai volontairement choisi cette forme simplifié pour mettre en avant la multitude de différents discours présent dans le processus de « sortie de disque ». Partant de là, chaque étape de la création d’un CD devient une situation de création de discours. Valorisation et information (livret, métadonnées) créé par l’éditeur, facilité accessibilité (création du CD) par le producteur s’adressant bien sûr à l’auditeur. Ces para-texte ne sont pas indispensables à la réception du message « musique » mais ils facilitent son accès, sa compréhension, sa valorisation...

Le tournant, dans la création du discours, est le rôle du distributeur. En tant que vendeur, le distributeur est une situation communication commerciale (qui n’a rien d’honteux soit dit en passant). Le discours créé s’adresse aux magasins et non à l’auditeur. Riche de son album rempli d’info, de musique et qualité…, le distributeur doit créer un discours commercial pour un produit qui ne répond pas aux lois commerciales traditionnelles. Un CD n’est pas le concurrent direct d’un autre CD comme peuvent l’être deux lave vaisselle ou deux téléphones.
Ce qui va départager les clients repose sur l’affectif (connaissance du morceaux) ou l’image qu’il dégage (marque du label, nom d’un artiste, visuel ou publicité ventant tel ou tel artiste). La musique devient un message secondaire, les para-texte prennent plus d’importance que le message lui-même : nom de l’artiste, packaging, prix, promo…


Donc une situation particulière ou chaque album demande la création d’un discours spécifique pour public lui aussi spécifique, les magasins. C’était mon travail à
Abeille Musique. A la fois créer du discours pour les auditeurs sur Internet avec les podcasts mais aussi créer du discours commercial pour les représentants, les accroches commerciales des feuilles de préco.

C’est justement dans ce dialogue entre distributeur et magasins que la crise existe. C’est, selon moi, le cœur de la crise Internet, le téléchargement n’étant qu’une conséquence de cette rupture de dialogue.


Avant de finir sur Internet, petit passage par toute la création de discours autour de la sortie d’un album, qui permet d’enrichir le discours commercial entre le distributeur et le revendeur. Attaché de presse, achat d’espace pub, concerts, bouche à oreille…une multitude de situation de communication accompagne le CD. La plus importante, le bouche à oreille. La plus importante pour le revendeur, la publicité (vous lui communiquez une prise de risque).


Transition avec le net donc. Passage d’un schéma traditonnel à une communication plus directe à une communication de flux.


Le rapport « direct » entre l’internaute et l’artiste du web 2.0 n’est pas une situation de communication directe à part entière mais une somme de communication directe. Comme pour le schéma du P2P, chaque internaute est en lien direct avec une multitude d’internaute.


On s’abonne à des flux RSS de conversation (forum), d’actualité, de sites communautaires (
Facebook, Myspace….)

La communication se fait sur le temps et non sur un rapport direct. Le rapport direct s’organisent en flux, en communautés (mes friends sur
Facebook) qui organisent peu à peu notre identité numérique. Ces flux représentent nos goûts, nos choix, nos centres d’intérêt, bref, notre identité.

Coté musique, même si pour l’instant le modèle de vente à l’unité prédomine le marché, c’est l’abonnement qui semble le plus adapté à la musique en ligne. Payer l’accès à l’unité plutôt qu’un achat au morceau.


Quelque soit le modèle, le principe de la
Long Tail semble s’appliquer. La mise à disposition des morceaux du fond de catalogue sur la toile rapporte plus que les 20% des produits qui représentent actuellement les 80% du CA.

Ca, c’est la théorie. Des études sont en cours sur la viabilité de cette loi sur les sites de téléchargement payant pourtant si pauvre en fond de catalogue.


Le secteur musical se retrouve donc dans un niveau système de valeur, complémentaire avec le système traditionnel mais dans lequel les discours traditionnels ne s’appliquent plus. Les échecs des sites marchands avant
iTunes Music Store le montre. Toutes les applications à l’identique du secteurs physique au secteur traditionnel le prouve.

Dans ce nouveau système, au delà des business model à inventer, il faut avant tout créer des discours. Discours entre les artistes et les auditeurs comme dans
musique 2.0 de Borey Sok, discours entre les sites marchands et les consommateurs (les avis des consommateurs sur Amazon ou iTunes sont les rares exemples), discours entre l’émetteur et les récepteurs (comme sur Last.fm ou les goûts des auditeurs pré-fabriquent les playlists.

Chaque nouvel outil, chaque nouvelle application implique une création de nouveau discours. Création de para-texte numérique pour soutenir, rendre visible et promouvoir chaque artiste.


L'analyse de discours n'est pas superflux. c'est un outilutile pour la compréhension d'un système. Pour ma part, je n'étais pas mécontent de cette heure et demi passée avec ces jeunes M1 info-com (bac +4). Je fut surpris à la fin de mon intervention de l’enrichissement d’une telle initiative. Prendre le temps de réfléchir, selon un axe, ici l’analyse du discours, de la situation du marché, ça clarifie la tête !