lundi 18 juin 2007

Le logo de trop


A quelques jours de la fête de la musique, une initiative de quelques artistes, Christian des Têtes Raides en tête ouvre un débat forum :
Comment rémunérer justement les artistes ?
Quel avenir pour le disque ?
Quelle place pour la musique aujourd’hui ?

Un blog très enrichissant est d’ailleurs en ligne pour toutes âmes mélomanes qui souhaitent intervenir.
On y retrouve de nombreux artistes issus de ce que la presse bien pensante appelle la « nouvelle scène Française » (distribués par Warner Music et Universal Music, à l’exception de Lola Lafon, produite par Label Bleu, distribution Harmonia Mundi).
Des vidéos illustrent le propos avec, en clou du spectacle, un « chut » d’une minute de chaque artiste lors de leurs concerts de la fête de la musique.
J’applaudis des deux mains cette initiative mais mon enthousiasme pour ces artistes émérites s’est arrêté net à la vue de l’immense logo qui traîne en haut à gauche : Fnac.com, partenaire de l’événement.

Super.

Monsieur Denis Oliviennes, directeur de la Fnac, derrière la bannière « agitateur culturel », lâche les chiens.
Pour information, les magasins Fnac sont classés en 4 catégories. Les plus petites catégories ne sont plus libres d’acheter leurs CD. Seuls les disques centralisés (décisions d’achats prises par le siège) sont disponibles, un freins à l’offre et à la diversité. De plus, une partie du catalogue, pourtant disponible sur fnac.com n’est pas disponible en magasin, même sur commande. Pour lutter contre la baisse des ventes de disque, les magasins Fnac accumulent les stars du showbiz (tous en tête de gondole) fortement téléchargées et ce, au détriment de groupes moins connus, moins populaires, plus en marge mais aussi moins victimes du piratage. En d’autres termes, la Fnac ne remplit pas son rôle de disquaire, mais fait dans le volume…le gros volume.

Réductions des espaces de vente, suppressions des postes de vendeurs et faible nombre des bornes d’écoute, une visite à la Fnac « nouvelle génération » de Cergy vous montre comment la Fnac tente de vendre des albums avec des visuels (plus de bac à farfouiller, que du facing), ce qui réduit le nombre de références. Et la présence de l’espace cafétéria n’arrange rien à la chose. Plus de baladeurs MP3 et d’écrans plats, moins de disques, voici donc à quoi ressemble l’enseigne Fnac qui pourtant tient tellement à la diversité culturelle.
La Fnac, leader des Grandes surfaces spécialisées, a une offre de plus en plus proche des grandes surfaces alimentaires, certes sans les vulgaires compil’ 4 CD mega mix à 5€ mais avec une offre et une qualité de service de plus en plus proche de nos Auchan et autres Carrefour, temples de la consommation.

Alors oui, Monsieur Olivennes, c’est pas joli-joli de faire les bons samaritains en aidant cette belle initiative pour dorer le blason de la Fnac qui devient de plus en plus .com. La Fnac est le principal point de vente des labels et producteurs indépendants (au minimum 50% de leur chiffre d’affaires) puisqu’il n’y a plus de disquaires en France, ou si peu….
Ce choix arbitraire totalement opposé à l’image « d’agitateur culturel » continue d’avoir des conséquences dramatiques sur la diversité de l’offre musicale en chanson, en variété mais aussi en jazz et classique…dont bon nombre d’artistes et de disques sont réduits à bien plus qu’une minute de silence.

1 commentaires:

Benoît Curinier a dit…

Bon Courage pour ce blog, un travail qui s'annonce trés intéressant pour connaître le monde de la musique à l'heure de la dématérialisation des supports.