mardi 17 juillet 2007

Et maintenant, un peu de promo

La promo, c’était ce que je détestais le plus à Abeille.
La promo, c'est indispensable pour la réussite d'une sortie d'album.
Elle se fait à plusieurs vitesses

1) Le minimum syndical, l’envois de CD promos aux journalistes spécialisés, avec si possible, un dossier de presse.
Là, on touche au mythe du sujet

Le journaliste : je n’ai pas le Cd intel
La promo : je vous ai envoyé une copie de son nouvel album
Le journaliste : oui, mais je n’ai pas eu le définitif
La promo : a biensûr, vous l’aurez au pus vite
Le journaliste : j’ai besoin du def pour chroniqué

Dans la tête de la promo, on se dit que journaliste c’est un beau métier, qu’il suffit d’aller à Gibert revendre tous ses promos, et on se fait tous les mois un treizième mois.

Dans la tête du journaliste, je reçoit une demi palette de CD par jour, si j’ai pas un visuel, le tracklisting et les noms du livret à porté de main, je suis paumé. Les gravés, j’en peu plus, je les utilise dans le jardin pour faire peur aux pies, cette année, au moins, j’aurais des cerises.

Ce qui très vite peu nous faire dévier sur des considérations sociales très caricaturales (même si pour Gibert, y a pas mal de vrai)
La promo : les journalistes, ils n'ont que ça à foutre, récupérer les disques et les vendre chez Gibert

Le journaliste : ils ont la belle vie ici, il écoute de la musique, pas de bouclage et tous les CD qu’ils veulent

Autant vous dire que lorsqu’on reste dans cette logique, on ne fait pas long feu (soit on en tue un pour l’exemple, soit on fuit)


2 A cela, s’ajoute l’option relance téléphonique et tout ce qui va avec. Le coer du métier de promo, connaitre ses journalistes, les séuire, leurs vendre notre nouveauté, entretenir une relation unique avec chacun d'eux, un vrai boulot de titan l'air de rien.

3 Puis on passe à la taille supérieure avec un attaché de presse attitré. Un travail sur la longueur, entrer en contact avec les journalistes, création d’une relation privilégiée, être aux services du journaliste, organisation d’interview, de conférence de presse…

4 et plus, campagne de pub, voyages promo avec les journalistes, cadeaux, concerts privées tous ce qui existe dans le haut du panier.

Quelques soit le modèle choisi, la promo, ça coûte.

Au minimum, une promo c’est un
le nombre de contact x (CD+un doc de presse+un envoi+relance) + temps d’envoi et de rédaction du doc de presse

En sous-traitant l’envoi par le stock, on gagne du temps mais il est facturé pas la logistique
En faisant appel à des stagiaires, on obtient un bonne rentabilité sur l’envoi et la réalisation des docs de presse mais on perd en qualité sur les relances. Le temps qu’une relation de confiance s’installe, le stagiaire à fini et part avec le fichier promo.

En faisant appel à un professionnel, on obtient une promo de qualité mais voilà, il y a un coût.

Donc, puisque la moindre promo demande un minimum d’investissement, on se doit de promouvoir les artistes qui peuvent offrir un retour sur investissement, en d’autres termes, faire des choix.

Les victimes de ces choix sont les productions qui n’ont pas de tournées lors de la sortie de l’album (grand atout pour une visibilité de l’artiste dans les médias) et les albums moins accessibles soit parce qu’ils sont totalement pourris (et il y en a) soit parce qu’il s’adresse à un public spécifique (ex : musique médiévale, free jazz…)

Autres problème, la visibilité dans les médias n'est pas extensible, les rédactions doivent elles aussi faire des choix, et dans un monde où les médias sont financé par la publicité, les choix éditoriaux ne répondent pas exclusivement aux critères artistes.


Côté locomotive, un seul mot d’ordre, occuper l’espace. Médiatique mais aussi commercial car dans ce marché du disque, la visibilité appelle la visibilité. entre plan promo totallement loufoque (du genre Schnappi invité au JT de PPDA, c'est costaud pour un personnage de dessins animés), et ribenbelle de logo façon coupe de monde du foot sur la super promo identique à chaque disque, on en perd un peu son latin.
Aucune chance d’avoir une opération commerciale pour votre sortie de disques si vous n’avez pas un plan promo. Aucune chance d’avoir une tête de gondole si vous n’avez pas acheté de la pub dans un média. Ca c'est juste pour la réalité du terrain, pour ne pas oublié qu'un bon disque, ça ne sert à rien sans visibilité.

La loi du plus fort, ce n’est pas une nouveauté, c’est juste un peu en décalage avec un public tiraillé entre une logique traditionnelle dans laquelle il se retrouve (média, promos, magasins, des identités fortes qui ont unsens pour lui, une logique par laquelle il a découvert la musique) et le monde virtuel où tout est accessible en théorie, dans un gros bordel à la sauce hypertext aux antipodes du système commercial traditionnelle.
Mais ça, c’est une autre histoire

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