lundi 27 août 2007

Les (vrais) chiffres autour du Neuf


Errarum humanum est

Dans mon bulletin précédent, j'avais converti les 150 000 titres de l'offre Neuf Music en 6 gigas ! C’est possible si c’est du Midi mais pas du MP3, même compressé à la hache. En partant des chiffres références d’un fabricant de baladeur MP3 (Apple)

80 Go jusqu'à 20 000 chansons encodées au format AAC à 128 kb/s La capacité musicale est calculée sur la base de 4 minutes par chanson encodée au format AAC à 128 kb/s. La capacité réelle varie en fonction du contenu.
Je refais mes petits calculs La capacité en giga de l’offre Universal est donc de (80x150000)/20 000 Selon la règle du produit en croix. Si ma calculette dit juste l’offre d’Universal est de 600 Gigas ! (Bravo pour l’erreur de calcul Fred, ce n’est que 100 fois plus !) Le label Naxos, c'est plus de 5000 références (avec coffret et double CD) qui avoisine tous les 60 / 70 minutes. Hors coffret et double, le catalogue Naxos représente :
(nombre de CD x nombre de minutes par CD) / durée moyenne d'une piste pris en standard soit 4 minutes
l'équivalent de 87500 pistes de 4 minutes soit moins de la moitié de l'offre Neuf Music.

600 Gigas de musique ça représente aussi, en comptant toujours 4 minutes la durée moyenne d’un morceaux, 416 jours de musique non stop ! l’offre d’abonnement Neuf Music vous offre donc plus d’une année de musique en location soit 9 années de musique à 8 heures par jour d’écoute pour un cout de 540 € sur les neuf ans !

enfn, la formule à 5€, c'est 60€ de musique par an, largement supérieur à la moyenne nationale. En 2001, les français dépensaient en moyenne 60 € en musique (concert et CD compris) selon le ministère de la Culture.
Donc avec Neuf Music, le consommateur lambda (environ 1, 5 CD / an mais je n'ai pas les chiffres exacts) dépensera plus que son habitude en musique.

Regardons maintenant nos réactions face au téléchargement. Parmi toutes les personnes auditrices de musique de mon entourage (pas les geek qui vont tout télécharger, faire sauter les DRM et redistribuer façon rebel des TIC), les réactions après l’acquisition d’un logiciel de P2P sont plus ou moins les mêmes

Pour le son :
Phase 1, la découverte Explosion de gigas avec l’arrivée d’un P2P dans son ordinateur. C’est magique, on clique et on a. Les premiers jours, on télécharge sans compter, à outrance, des artistes inconnus, des inédits de ses artistes préférés, des conneries (génériques TV, titres ringards, top 50) juste pour le fun.
Phase 2 l’épuisement
Après cette explosion, on manque cruellement de nom à entré dans le champs recherche. De plus, notre disque dur s’est considérablement rempli. Le P2P tournant jour et nuit réduit la bande passante, bref, la phase de jeu est terminé. On rentre dans un téléchargement raisonné. Les fichiers ne sont pas forcément gardé après téléchargement. On télécharge à la demande (pour untel qui veut cet artiste ou pour avoir quelques titres dancefloor pour tel fête)
Phase 3 vitesse de croisière
Le P2P n’ai utilisé que pour un réel besoin. On télécharge à la piste avant de tenter l'album.

Pour la vidéo
La phase d’explosion est un peu la même, mais parmi toutes mes connaissances, l’utilisation du P2P se fait avec une conscience professionnelle très particulière pour la vidéo. On raisonne en intégrale. Les séries participent beaucoup à cette consommation « d’intégrale ». Le téléchargement est plus continu dans le temps, au rythme des séries, des grosses sorties et de besoins ou d’envie de films spécifique.

En règle général, après la phase euphorique, on ne télécharge que ce qu’on consomme. Les anciens consommateurs de musique continuent à acheter des disques, ceux qui n'en achetait pas (ou peu) baisse leur consommation.
Voilà donc pour mon hypothèse personnelle, il ne me reste plus qu'à la démontrer scientifiquement, mais c'est une autre histoire...


Les utilisateurs de Neuf Music réagiront selon toute évidence de la même façon. Le fait de savoir qu’un large flot de musique est disponible légalement n’incite pas au téléchargement pour accumulation (comme sur le P2P, avoir tout et vite) mais un téléchargement à la demande. Ces utilisateurs écouteront-ils moins de musique ? peut être pas mais en tout cas, le pari fait par Universal est clair. Donner un sentiment d’abondance à un prix symbolique (8 centimes les 100 gigas ) pour récupérer les utilisateurs des P2P. Leur consommation sur ces sites est plus ou moins raisonnée mais elle ne rapporte strictement rien aux producteurs.
Universal était le seul à avoir le catalogue suffisamment grand pour se permettre d’offrir un extrait du catalogue mondial satisfaisant.

Cette offre sera une vraie alternative au P2P quand l’ensemble des catalogues seront disponibles. Aucun risque de virus ou de Fake, facilité de payement (inclus dans l’abonnement). Une seule question, la rémunération. Les sites d’abonnement (streaming ou téléchargement) qui existent aux USA, la rénumération fonctionne selon ce schéma :
Le site reverse un pourcentage par titre téléchargé. Le pourcentage est défini selon le prix de la formule et le nombre de titre qu'il donne droit (donc un taux bas). Les consommateurs téléchargeant moins qu’ils ne payent, la différence est du pur bénéfice pour le site.

Sur les 60 € annuel de l'abonnement Neuf Music, Neuf Telecom va récupérer une bonne partie. Le consommateur, lui, payera sa musique de plus en plus cher car il téléchargera de façon raisonnée.

Si l'abonnement s’avère être un très bon animateur de fond de catalogue sur le numérique, au même titre que la long tail annonce en théorie de bonne retombée financière de l’exploitation de ce même fond de catalogue, le nouveau métier de producteur de musique est confronté une nouvelle problématique :
Où trouver l’argent pour produire, diffuser, promouvoir la musique de demain ? La réponse passe par une réorganisation totale de la profession, mais ceci, c’est une autre histoire.

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