jeudi 23 août 2007

Offre illimitée et téléchargement : ce que ça veut dire PART1


L'offre illimitée de Neuf Telecom va-t-elle révolutionner la vente en ligne
Début de réponse en 2 actes



La bonne nouvelle, c’est que l’année 2007 va se finir avec la réouverture du fameux dossier de la licence globale sous un œil plus économique qui s’appelle l’abonnement. L’effet domino a commencé avec l’annonce d’Orange d’une formule simulaire et celle plus oportuniste de Free, en partenariat avec un site de musique en ligne, Deezer.


Toutefois, cette offre sent un peu l’effet d’annonce. D’abord, derrière le terme « téléchargement illimité » se cache un abonnement à un accès à la musique. La fin de l’abonnement rend inutilisable les fichiers téléchargés.
L’offre est limitée : 150 000 titres répartit sur 9 genres musicaux, ça donne une moyenne de 16 667 titres soit, à la louche entre 1 100 et 2000 albums (en comptant entre 8 à 15 pistes par albums).
C’est beaucoup à l’échelle du petit mélomane, mais c’est une paille face au catalogue complet d’Universal, sans parler d’une comparaison avec toutes la production musicale, concurrents majors et indépendants inclus.

Derrièer le joli terme "illimité se trouve une forme complexe d'accès à la musique.

  • Fichiers protégés (et donc absence d’interopérabilité entre les differents supports d’écoute de l’utilisateur)
  • Offre réduite. 150 000 morceaux représentent beaucoup d’album, mais ça ne reste QUE de l’Universal
  • Acquisition limitée. Derrière ce sentiment de liberté de télécharger librement se cache une grosse réduction de l’offre pour le consommateur.
Dans les années 2002, les majors avaient créé ses plates-formes de téléchargement payant dédié exclusivement à leurs catalogues. Le manque de visibilité pour le consommateur associé aux prix et à la qualité de l’offre avaient tué dans l’œuf ce fiasco tandis qu’Apple décollait avec une offre TRANSVERSALE sur les différents catalogues des distributeurs (Indé et majors compris).


Bienvenue dans une nouvelle ère

Avec l’apparition de l’offre Neuf Music, le groupe Vivendi frappe un grand coup et propose ce mode d'accès à la musique via un FAI via un abonnement.
La formule économique la plus cohérente pour la vente de la musique en ligne est adopté. Toutefois le succès de cette formule n’est pas garanti, en effet, le public est-il prêt à l’abonnement ?
Petite analyse à chaud de ce nouveau mode d’accès à la musique

1 les craintes
La dure loi des monopôle va sûrement frapper le petit monde de la musique avec cette offre coup de poing du leader du marché.

Logiquement, la SACEM et quelques organismes vont se dresser pour savoir comment les aillant droits sont rénumérés avant d’être invité à se rassoire calmement car tout se passe en interne, dans la même entité.
Universal met à disposition une partie de son catalogue à une partie de ses internautes, la rémunération des artistes, c’est son problème économique .

2 les ripostes
Ses trois concurrents vont s’empresser d’emboîter le pas à Universal, pensant que la marché est « assez mûr » pour passer à l’abonnement.

Les concurrents de Neuf Telecom vont faire de même ainsi que les filiaile du groupe Vivendi (Aol, Club Internet...) Orange annonce déjà une offre pour 2008 !
Plusieurs questions en suspens : Universal mettra-t il à disposition son catalogue aux concurrent de Neuf Telecom ? Orange arrivera-t-il à signer un accord avec l’ensemble des majors ?

3 Révolution des Moeurs
Avec cette offre ciblée sur un distributeur, la notion de catalogue prend une tournure inédite. On achète l’accès à un catalogue et non plus un ensemble de phonogramme. On consomme la musique comme un flux ou comme un service, donc le FAI ou la plateforme offrant le plus grand nombre de catalogues qui sera valorisé. Toutefois, ce téléchargement de musique est un produit d’appel aux services Internet d’un FAI. Malgré l’importance du contenu, l’offre risque de se limiter aux plus populaires comme le fait actuellement Universal en proposant (MAJ 27 août) 600 gigas, deux fois plus que le catalogue du label de musique classique Naxos !


4 La réponse des plateformes
De toute logique, pour survivre, Apple se doit d’avoir une offre d’abonnement elle aussi proposant tous les catalogues, iTunes Music Store aura-t-il les licences ? Les autres plateformes de téléchargement comme Virgin Mega et Fnac music auront-elles aussi les licences ? Ces structure ne doivent pas voir d'un bon oeil la situation privilégiée que risque de prendre les FAI.

Si cette formule réussit, les FAI auront un pouvoir accru dans la vente de musique. De toute évidence, FNAC, SACEM and co vont se précipiter pour associer une taxe « à la copie privé » pour les droits d’auteurs à ses formules.

Ah ! j’allais oublier !
5 Les indé, comment font-ils ?
La création d’une plateformes est impensable pour eux, ils sont peu connus et n’ont pas une offre suffisante pour suffire à elle-même.
S’associer à une plateforme (mais avec quelles rémunérations) ou s’associer à une FAI sans que les phonogrammes apportent une vraie valeur ajouter au fournisseur paraît difficile.
Et oui, entre le tube de Mika Relax (take easy) et les frères Capuçon, sans hésiter, en tant que FAI, je choisis Mika, et je suis même prêt à payer une exclu plutôt que les Capuçon et tout ces trucs de niches comme le Jazz, le classique, la world, les jeunes artistes, bref, toutes ces merdes qui se vendent pas comme on dit.
Dans quelle(s) mesure(s) une formule d'abonnement peut il favoriser la possession d'un catalogue de la part du FAI ou de la plateforme concernée ?

Avec ces formules illimitées, à renouveler chaque mois, on offre un sentiment d’infini à l’internaute. Ce leurre donne un sentiment de posséder sans réellement avoir.
Pour séduire, ces offres proposent plus une vitrine de la musique qu’un vrai catalogue.

Avec un catalogue qui peut, à lui tout seul, faire une bonne discothèque, Universal a sa vengeance face à l’hégémonie d’Apple. D’une part, elle propose une exploitation originale de son catalogue et d’autre part s’attaque en frontal au modèle même de l’achat au morceau. Soucieux de reprendre le pouvoir dans le monde du disque, en pleine translation vers les FAI et autres acteurs du web, Universal semble remettre « l’église au centre du village » en donnant les clefs du pouvoir à une filiale du groupe, Neuf Telecom.

Une stratégie gagnante ?

à suivre…

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