mercredi 5 septembre 2007

Viva Musica au Bureau de l’export – Face A


Le bureau de l’export de la musique française organisait mardi 4 septembre une série de table ronde sur la place de la diversité culturelle, le rôle des nouvelles technologies et les missions du Bureau de l’export. Une journée en deux face comme un bon vinyle.
Face A, une approche plus globale de la notion de diversité avec des acteurs du physique et des acteurs du numérique.

Face B les missions du Bureau de l’export s’appuyant sur ses actions, l’importance de l’export pour un artiste et les problématiques liés.

TABLE RONDE 1 : LA FRANCE ET LA DIVERSITE MUSICALE : UNE SPECIFICITE A DEFENDRE Animateur : Philippe BAILLY, P-DG de NPA Conseil Intervenants :
* Stéphan Bourdoiseau, P.-DG de Wagram
* Jean-Michel Grapin, Directeur général de Yacast

* Hervé Rony, directeur général du Snep

* Yves Riesel, P.-DG de Abeille Musique

* Marc Thonon, Directeur général d’Atmosphériques


Thèmes :

Etat des lieux de la diversité en France : production, publics, médias.

Le producteur, un acteur de la diversité musicale : la mutation des métiers.
Cri du cœur unanime envers le ministère de la culture (et peut être aussi de l’économie) pour une régulation des marchés, la création d’un régulateur français et/ou européen pour le maintien de la diversité culturelle le tout en renforçant la lutte contre le P2P.

Voici un petit bilan réalisé par les invités :

  • Le nombre de CD produit est en augmentation, toutefois, il n’a jamais été aussi difficile de produire un disque. En opposition totale, chaque année, 70 000 titres différents sont diffusés à la radio et la télévision. 3% des titres représentent 70% du nombre de diffusion.
  • La production musicale ne modernise pas sa mentalité de production. « On continue à penser comme dans les années 50 » Yves Reisel.
  • Selon Marc Thonon, le numérique ne baisse pas le coût de production d’un album mais a des effets positifs sur la promotion.
  • Les GSA (grandes surfaces alimentaires) sont en recul et se désintéressent de plus en plus aux disques. Fnac et Virgin, les deux plus gros réseaux de GSS sont à vendre, appelant les plus grandes inquiétudes.
L’industrie du disque était dans les années 80 en négociation face à des grands groupe comme Fnac, TF1 et NRJ. Le nouveau rapport de force ce fait aujourd’hui face à Apple, Google et Microsoft. Les grands sont devenu des géants.
Face à eux, la production musicale attend le soutien d’opérateurs locaux français et européens. L'idée est d'équilibrer le rapport de force entre les géants de l'informatique et cette "minuscule industrie". Sans parler de protectionnisme, l’idée d’une régulation des marchés de la musique par des institutions (publiques ou sociétés civiles) fait l’unanimité autour de la table.

Le cri d’alarme de Stéphan Bourdoiseau résume bien la situation. La diversité musicale est là par la production mais les médias (baisse de la diversité sur les ondes) et les points de ventes sont de moins en moins accessibles aux disques.
Au delà de la musique, c’est l’ensemble du modèle de production et développement de contenu (artistique, culturel, mais aussi d’information ou d’éducation) qui est remis en question. Avec le numérique, un outil universel d’accès est possible mais les monopôles de grands groupes anglo-saxons sont une vraie menace à cette diversité culturelle et informationnelle de l’offre. Il faut absolument que la régulation comprenne les mécanismes de développement de réseau et du numérique pour permettre plus de diversité dans les contenus.


Evidemment, l’offre Neuf Music (dont les invités regrettent l’exclusivité Universal pour les 6 premiers mois) a été au centre des débat tout comme les nouveaux contrat 360 ou intégration verticale.
Pour Hervé Rony, le problème de fond c’est la valeur de la musique, le prix nécessaire pour faire vivre la musique. Selon lui, la solution ne provient pas d’un buisness model mais d’un panels d’offres mais tant que le P2P existera, il sera impossible de faire face à la gratuité.

A propos de nouveaux contrats 360, Jean-Michel Grapin met en garde. Avec ce genre de contrat (incluant production album, concert et merchandising) l’artiste devient une marque que l’on vend comme un produit.

TABLE RONDE 2 : QUELS ENJEUX ET QUELLES OPPORTUNITES POUR DEVELOPPER LA DIVERSITE MUSICALE?
Animateur : Philippe Bailly, P-DG de NPA Conseil Intervenants :
* Borey Sok, membre du bureau des Catalyseurs Numériques et blogueur
* Vincent Frèrebeau, Directeur du label Tôt ou Tard
* Gilles Babinet, Directeur de MXP4
* Jean-Marc Tassetto, Directeur général SFR

Thèmes :
L’importance des nouvelles technologies dans le processus de production, du studio à la diffusion, pour le développement des carrières d’artistes et la relation au consommateur.
Diversité culturelle et révolution numérique: une opportunité majeure sous conditions.
Changement de décors pour une table ronde très orientée téléphonie mobile.

L’initiative de SFR date des années 2000 et le marché est mûr avec 10 millions de téléphones équipés de lecteurs MP3 et d'accès au téléchargement. Cette année, il se vendra plus de téléphone faisant baladeur MP3 que de baladeur MP3 simple.
Avec l’arrivée de iPhone, la musique sur portable va décoller. « quand c’est SFR qui le dit, personne écoute, mais quand c’est Steve Jobs, tout le monde le croit »s’en amusent Jean-Marc Tassetto.
SFR est dans une phase de test pendant 12 à 24 mois à choisir et trouver la solution la plus adaptée selon le principe « d'évolution Darwinienne ».
Enfin la politique musicale de SFR est simple : l’opérateur est un technicien qui ne s’intéresse pas aux contenus « La technologie ne sert à rien s’il n ‘y a pas d’expert de la musique pour fructifier et valoriser la programmation. »


Le point de départ pour aborder la musique, c’est le consommateur, explique Gilles Babinet et il faut imaginer ses envies et ses besoins sans se soucier des barrières et de la rigidité de l’industrie du disque.

Borey Sok
a insisté sur les ouvertures qu’offrait le Web 2.0 aux artistes pour communiquer et entretenir des contacts forts et inédits avec son public.


Le seul représentant de la production musicale autour de cette table, Vincent Frèrebeau, se dit perdu dans tous ces termes et ces problèmes d’interopérabilité. Il faut clarifier et uniformiser la musique vendue en abandonnant les DRM peu efficace car supprimé par une gravure sur CD :
« N’importe quelle grand-mère peut graver un CD sauf la mienne, elle est morte. »
L’ouverture vers de nouveau marché (principe du contrat 360) implique d’autres financements, qui allongent la liste des coûts sans pour autant assurer des retombées immédiates.

Illustré par de nombreux exemples autour de la téléphonie en majorité, le débat a mis en avant l’importance de tenir compte en priorité des besoins du consommateur et l’urgence de trouver un modèle économique fiable en phase avec ces nouveautés.

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