vendredi 5 octobre 2007

Cécilia Bartoli, fière comme un camion


Les routiers sont sympa et aiment la musique. Voilà ce que l’ont peut trouver sur le parvis de La Sorbonne à Paris en ce moment (jusqu'au 7 octobre et du 1er au 3 décembre). Un gros camion Man, tout de noir vétu qui fait….musée !!!!

Voilà l’initiative originale de la fondation Cécilia Bartoli. Un camion expo en hommage à Maria Malibran, jeune chanteuse lyrique du XIX siècle.

Objets rares et manuscrits sont présentés dans une grande classe à l’intérieur du camion. Mais attentio, on est loin du car podium Ici Paris des tournées estivales de Zouk Machine.

7 personnes sont mobilisés pour ce projet qui traverse l’Europe, du vigile à l’entrée qui limite le nombre de visiteurs aux personnels « guide » trilingue à l’intérieur.

16 villes, 8 pays, 20 000 kilomètres au programme pour ce Maria Malibran Tour.

Le site Internet explique l’origine de cette manifestation, première du nom pour la Cécilia Bartoli Music Foundation :

Il s’agit toujours d’amener à la musique classique un public extrêmement large et de donner de nouvelles impulsions à un pilier fondamental de notre culture – la musique classique.

Côté monnaie, le fabriquant Man valorise son image de marque en fournissant un camion, le top du top, (un TGX pour les amateurs). C’est nettement plus classe d’avoir Cécila Bartoli qu’un indien peint sur son camion.

Decca, label de Cécilia Bartoli l’accompagne dans cette aventure en proposant un pub (très discrète dans le dépliant pour son disque Maria, en hommage à Maria Malibran. Peu nécessaire car le nom de Cécilia Bartoli est associé au label Decca.

Fabric frontline, couturier suisse de réputation mondiale fourni les 500m² de soie noire et s’offre une communication sur sa cible tout en valorisant l’image son marque.

C’est le ministère de la culture espagnol, pays d’origine de Maria Malibran qui joue le mécène public.

Original et public varié à l’entrée du camion. C’est surtout le mystère de ce gros camion noir et le visage de Cécilia Bartoli qui incitent le passant à s’offrir 20 minutes au XIXeme siècle.

L’exposition est une accumulation d’objet en tout genre (du masque mortuaire aux partition écrite à la main en passant par une tables, des affiches et des bijoux) retrace la vie de la diva. Dans un écrin noir, les vitrines lumineuses indiquent le parcours aux visiteurs. En fond sonore, Maria de Cécila Bartoli bien sûr. 3 écrans montrent les coulisses de l’enregistrement de l’album, qui, sans son, perdent tous leurs intérêts (un peu comme LCI sans son dans les bars).

En tout cas, le résultat est à la hauteur. Classe, complet (vous découvrez Maria Malibran de A à Z), accessible et original (c’est dans un camion). Mission réussie d’autant que le site internet de l’événement est de très bonne facture.

Cécilia Bartoli a réussit pour la première manifestation de sa fondation son pari : proposer une exposition de qualité s’adressant à un maximum de personne.

Toutefois, cette opération à un coût. Bien financé et sponsorisé, les retombées en termes de ventes et d'images sont quasiment garantit. Une telle initiative sur internet (site événementiel, promo sur les sites grand public) aurait certes coûté moins cher mais n'aurait pas eu cette image de luxe et de qualité. enfin, proposer des objets de collection plutôt que de la musique (pour une fondation musicale) et là aussi un moyen pour étendre son champs d'action.

Le seul hic est le taux d'émission de gaz à effet de serre des 20 000 kilomètres du MAN...C'est pour l'amour de l'art comme on dit....

1 commentaires:

philippe de rodat a dit…

La promotion de chaque nouvel album de cecilia Bartoli a toujours, depuis son album Vivaldi, été innovante et imaginative: le Vivaldi a vendu plus d'un million d'exemplaires, plus fort encore, pres de 500 000 pour ses albums Gluck et Salieri.
Tout est maitrisé:
-cd cartonné, livret exhaustif en quadri, qualité de la voix et de l'enregistrement.
-l'anti diva par excellence: cecilia Bartoli mange des spaguettis bolognaise avant ou après ses récitals, sait s'amuser et est une bonne "cliente" pour les médias; anecdotes et rires sont au rendez vous.
-Sur scène, elle s'amuse et émeut, est simple et dialogue avec le public.
-Vocalement et artistiquement, il n'y a rien à redire.
Bartoli touche à la fois le grand public et les spécialistes: il faut remonter à Karajan pour trouver de tels résultats.
Elle vient de réussir, en 3 jours de promo, et son joli camion, à faire entrer la Malibran 17) au top album du snep.... Chapeau bas!
Philippe de rodat