mercredi 5 décembre 2007

Web vitrine en construction


Prenant exemple sur l’excellent blog « ergophile », je me suis mis moi aussi à l’étude d’un site. Pas d’analyse graphique mais un petit scan du leader du marché de la vente en ligne : iTunes Music Store, le fameux iTMS.
Pourquoi le succès de ce site et que propose-t-il comme vitrine à ses internautes ?
Direction donc iTMS !


La homepage

Très dense la homepage d'iTMS !
Il faut mettre beaucoup d’infos dans peu de place. Prenant le cadre du logiciel iTunes, iTMS a moins d’espace que virginmega ou fnacmusic.com.
Toutefois, cette sensation de surabondance et multitude de cadre prédominent à chaque fois.
Chaque nom, chaque image est cliquable. Le premier bandeau, soigneusement négocié par les agrégateurs, donne la plus grande et la plus efficace visibilité pour un artiste/album/projet.
A gauche et à droite, deux colonnes présentent lors de la navigation du site. Ces colonnes reprennent les champs iTMS principaux.
Propre au site (raccourcis, iTunes Store) ou propre à la musique (meilleur classement album / titres / Vidéos clips) ou encore plus de musique et genres.

Au centre, 5 cadres proposent une sélection des nouveautés (avec 5 onglets) / Exclusivité / singles EP / Recommandé et « rien que pour vous ».
Deux zones proposent un choix de 6 vignettes pour casser la monotonie et l’effet Tétris.
A noter la présent en bas (bien invisible d’un classement du jour (Podcast), d’un classement livre audio. Deux cadres proposent un choix « un peu plus éditorial » à savoir les indispensables d’iTunes et « leur playlist ».

En résumé, 19 zones avec :
4 zones de navigations et de services iTMS (tous les trois dans la partie supérieure de la page)

5 classements
proposant une sélection de nouveautés / exclusivités (album ou EP) dont 3 composées de photos.
4 champs « éditoriaux » proposant une sélection thématique (rien que pour vous), des playlists, des albums recommandés (comment ? Par qui ?) et les indispensables de iTMS.

Au total : en homepage complète, il y a 51 visuels d’albums seulement dont 3 en double.
Les images en haut sont une sélection aléatoire du champ nouveauté.
Dans la configuration « normale », sans utiliser l’ascenseur, on obtient seulement 22 visuels d’albums !


Recherche de morceaux

L’outil recherche d’iTunes s’applique aussi pour iTMS. Pratique quand on le sais. La recherche se fait par noms/Titres/albums seulement. Le choix « recherche avancées permet d’entré à la fois le nom de l’artiste et le titre. Exemple avec also sprach Zarathustra de Brahms.
Nouvelle configuration de page qui repend la configuration du player iTunes. Une zone supérieure propose un résumé des morceau trouvé avec visuel, nom, prix… Une zone inférieure organise les réponses classées par « popularité » dans une playlist. Il suffit de cliquer pour acheter.

Le choix de ce morceau n’est pas un hasard.

Le titre à prix unique pose quelques problèmes. Dans ce cas, l’opus 30 also sprach Zarathustra rendu immortel par Kubrick dure 34 minutes 31. Vous avez donc le choix de l’acheter à 0,99€, à 9,99€ avec « l’album », à savoir la version de David Zinman & Tonhalle-Orchester Zürich sortie en janvier 2000. Ni le label ni la date d’enregistrement ne figure.
Soit, vous pouvez l’acheter mouvement par mouvement à 0,99€ pièce.










Popularité


Le classement ne fait pas par pertinence mais …par popularité. Dans notre exemple, l’opus 30 complet à 0,99€ n’est pas populaire. L’extrait tiré d’une compilation de musique de films l’ai bien plus. Un paradoxe. En rentrant le titre exact du morceau, on m’oriente vers une version très courte et non vers l’intégrale qui est, en plus, meilleur marché.


Où est la vitrine ?

Prenons donc l’onglet « classique » d’iTMS. 26 vignettes sur la page.
4 zones de navigations et de services iTMS (tous les trois dans la partie supérieure de la page)
1 classement seulement (contre 5 en home page)
3 encarts proposant une sélection de nouveautés / exclusivités dont 2 composées de photos.

4 champs « éditoriaux » proposant une sélection thématique dont l’onglet « grand compositeur ».















Cela laisse peu de place à la découverte. Les zones les plus visibles sont logiquement utilisées par les nouveautés. Le reste de la sélection reste flou : un choix de compositeur, une mise en avant sur un artiste mort, des chants de Noël


Et la Long Tail dans tout ça ?


En allant sur un magasin virtuel, on pouvait s’attendre logiquement à un fort espace dédié ou chose « peu connu », au fond de catalogue ou alors à une homepage plus proche d’Amazon : un focus sur les nouveautés et un outils de recherche performant.
Il n’en est rien.

En tant qu’utilisateur de Macintosh depuis 6 ans, je me suis complètement adapté à l’ergonomie du site. Je doute qu’un utilisateur de PC puisse, aussi vite, comprendre la logique du système. Quoi qu’il en soit, ce site peut rendre dépendant au logiciel iTunes, seule plate-forme pouvant recevoir l’iPod.
L’objectif d’iTunes est bien là. Offrir un service informatique (logiciel, baladeur et ordinateur) très fluide et compatible, facile d’utilisation. La musique ici, ne représente qu’un produit d’appel. Alors, la théorie de la Long Tail résistera-t-elle à ce genre de site de vente ?
L’effet boule de neige à déjà pris. Les principaux sites de vente en ligne (fnacmusic, virginmega et OD2) sont basés sur ce système très restrictif.
De plus, chacun de ces sites propose des choix limités.
On note le manque de vitrine numérique par genre allant au delà d’une sélection des nouveautés. De plus, malgré la vente au morceau, les systèmes restent très fidèle à la vente d’album et au schéma album, peut être pas si compatible que ça avec les utilisateurs de l’achat au morceau. A part les très rares (mais souvent pertinente) playlists thématiques (les reprises, la playlist choisie par tel artiste…) ou la vente du tube ou du morceau phare, ces modèles de vente n’inventent rien en terme d’offre musicale.
Avec ces énormes catalogues et cette facilité technique à composer des sélections et à les acquérir, de très belle chose reste à faire.


Conclusion

En tant que leader, Apple a imposé, au delà du prix unique à 0,99 € toute une façon de pensée la musique en ligne.
On note de nombreuses restrictions qui vont à l’encontre des artistes, des labels et des auditeurs. Peu visible certes sur le mainstream, ce formatage du modèle de vente est fort dommageable pour les autres genres musicaux et autres secteurs de niches.
Avec les premières offres d’abonnements, d’autres formules plus adaptées à l’auditeur vont apparaître. Face à cette nouvelle concurrence, ces sites seront obligés d’accroître la qualité de l’offre pour ne pas disparaître.

En dehors de ces locomotives du marché, d’autres sites proposent des offres de téléchargement plus pertinent…Mais ça, c’est une autre histoire !

2 commentaires:

KKK a dit…

C'est bien tout ça....mais... et Jamendo dans tout ça ???

Frédéric Neff a dit…

A suivre.... Promis, on fera la même avec Jamendo !