mercredi 19 mars 2008

La Tecno Brega invente un nouveau modèle économique

Le documentaire de Renaldo Lemmos, Good copy bad copy, nous présente un nouveau modèle économique.
C’est au Brésil, au Nord du pays à Belem mais aussi à Sao Paulo que ce nouveau modèle est apparu. Il concerne un genre musical, la Tecno Brega (mélange de musique des années 80 avec du « Chessy beats »). Pour vous familiariser avec la Tecno Brega, je vous conseille la star dans son domaine, Banda Calypso.

Le principe est simple. Des producteurs et des artistes remixent des titres produits pour la plupart aux USA ou en Europe. Des samples de musique sont ajoutés pour créer un nouveau morceau.

Après le mixage du titre final, le morceau est distribué aux vendeurs de CD. Ces vendeurs ambulants font eux-mêmes les copies. En contrepartie, ils gardent l’intégralité des bénéfices. Les titres sont vendus sur CD ou sur CD MP3. La vente se fait dans la rue.L’artiste comme le producteur ne touchent pas un centime sur ces ventes.
La semaine suivante, comme chaque week-end, le sound system arrive en ville. 5000 entrées payantes sont là pour danser sur les titres mixés ou regarder le remix joué en live. L’argent se fait avec ces « aparelhagem ».
Au Brésil, dans les rues de Sao Paulo et Belem, le CD n’est qu’un outil de promotion pour les concerts de Tecno Brega.Dans ce modèle, les remix sont faits sans que les ayants droits ne touchent un centime et soient sollicités. 100% illégal donc. Toutes les stars sont prises, de U2 à A-HA en passant par Queen.
« Les artistes ici ne veulent pas faire de l’argent avec le copyright mais faire de la scène et en vivre » résume DJ Dinho dans le reportage.

Ce modèle, né dans un pays en pleine mutation économique, est fort intéressant. Ce même Brésil avait subi à la fin des années 80 un ralentissement des ventes avec l’apparition du CD. Trop cher pour le panier moyen du brésilien, le CD n’avait pas connu un taux de pénétration satisfaisant.
Ce modèle économique ne demande pas de gros investissements et surtout, ce modèle fait preuve d’une très grande réactivité face au marché et au public : une à deux semaines pour enregistrer un mix et rentabiliser le titre avec un « aparelhagem »Ce modèle répond aux attentes du public. Le cœur de la Tecno Braga est la danse, les soirées sound System avec DJ et artistes en live. Le CD est donc à juste titre l’outil de promotion idéal pour connaître ce qui va nous faire danser le week-end end suivant.

Enfin, malgré l’absence de respect du copyright et des ayants droits, ce système a l’avantage de maintenir une création régionale, dans un style de musique répondant à une attente locale en créant un dynamisme avec les multiples concerts.

Un même modèle en Europe ?

Il est difficile à imaginer ce système en Europe. Tout d’abord, ce modèle est difficilement adaptable à un autre genre musical que le très dance floor Tecno Brega.

Pour la promotion de musique dédiée à la danse comme le Tecno Brega, le CD, comme outil de promotion serait trop cher, pas adapté et dépassé. Par contre le MP3 répondrait mieux aux attentes des consommateurs. Ensuite, la tradition de droits d’Auteurs et l’ensemble de structure de gestion des ayants droits ne permettraient pas l’essor de genre de modèle, du moins, pas sans respect des ayants droits.

Par contre, une formule légale pourrait voir le jour. MP3 à télécharger sur le site d’une salle de concert ou en complément de l’achat d’une place. Pour la musique dancefloor, un téléchargement en bluetooth sur le dance floor même financé par le club…

Autant de solutions à inventer permettant une rémunération des ayants droits par un tiers, utilisant le cadeau « musique » pour la promotion d’un événement en live.

2 commentaires:

jacinthe a dit…

Un collègue vient de me transmettre cette vidéo qui est similaire à la TecnoBrega ;)

http://www.youtube.com/watch?v=ozVTFZmgnkE

Frédéric Neff a dit…

Il est gros , Brésilien, DJ...En effet, ça ressemble. Par contrje ne suis pas spécialiste pour affirmer cette théorie. je pense que ses mix son un peu plus légal qu'au Brésil puisqu'il oeuvre en Europe.
Merci Jacinthe pour l'info, toujours aussi forte à ce que je vois !