mardi 11 mars 2008

Les victoires Universal de la musique


Rendez-vous incontournable depuis maintenant 23 ans, les Victoires de la musique ont récompensé les meilleurs artistes de l’hexagone pendant une émission marathon orchestré par Nagui, le monsieur « musiques actuelles » du service public.


Et le vainqueur est …

Sur les 15 trophées décernés cette année, 9 ont été raflés par Universal dont les deux doubles vainqueurs, Renan Luce et Vanessa Paradis et un doublé pour Atmosphériques.
Second, le groupe Warner, avec le label Because et le label indépendant Tôt ou Tard prend 4 victoires. Enfin, Sony et EMI sauve l’honneur avec une victoire.

Groupe ou artiste interprète masculin de l'année :
Abd al Malik, Atmosphériques / Universal
Groupe ou artiste interprète féminine de l'année : Vanessa Paradis, Barclay / Universal
Artiste/groupe révélation du public de l'année : Christophe Maé, Warner Music France
Groupe/artiste révélation scène de l'année : Renan Luce, Barclay / Universal
Album révélation de l'année : "Repenti" (Renan Luce), Barclay / Universal
Album de chansons/variétés de l'année : "Divinidylle" (Vanessa Paradis), Barclay / Universal
Album pop/rock de l'année : "L'invitation" (Etienne Daho), Capitol / EMI
Album de musiques urbaines de l'année : "Chapitre 7" (MC Solaar), Warner Music
Album musiques du monde de l'année :
"Yael Naim" (Yael Naim), Tôt ou Tard / Warner Music
Artiste de musiques électroniques ou dance de l'année : Justice, Because Music / Warner
Musique originale de cinéma de l'année : "Arthur et les Minimoys" (Eric Serra), ULM/ Universal
Chanson originale de l'année :
"Double je" (Christophe Willem), Colmobia / Sony BMG
Spectacle musical/tournée/concert : Michel Polnareff, artiste produit Polydor Universal
Vidéoclip : "1234" (Feist), produite par Polydor / Universal
DVD musical :
"Le Soldat Rose", Spectacle disponible en CD et DVD chez Atmosphériques / Universal


C’est quoi populaire ?

Toucher le tout public. Récompenser les artistes les plus sollicités et les plus appréciés du public. Evidement, à ce jeu là, ce sont les majors, champions en la matière, spécialiste de la promotion et du marketing qui raflent tout. D’ailleurs, elles occupent déjà plus de 90% des sélectionnés. Mais à ce jeu-là, pas de surprise à qui lit le Top IFOP chaque semaine. On peut regretter aussi de voir des artistes récompensés tardivement dans leurs carrières…

Le problème des Victoires est peut-être là, vouloir faire populaire. Toucher la plus grande majorité du public avec les artistes les plus en vogue. Un système qui a ses limites comme le disait le regretté Pierre Desproges à propos de la démocratie :

C’est la victoire de Belmondo sur Fellini. (…) La démocratie, c’est quand Lubitsch, Mozart, René Char, Reiser ou les batailleurs de chez Polac, ou n’importe quoi d’autre qu’on puisse soupçonner d’intelligence, sont reportés à la minuit pour que la majorité puisse s’émerveiller dès 20 heures 30, en rotant son fromage du soir, sur le spectacle irréel d’un béat trentenaire figé dans un sourire définitif de figue éclatée, et offrant des automobiles clés en main à des pauvresses arthritiques sans défense et dépourvues de permis de conduire. Equation délicate. Toucher un maximum de personne avec des styles et des artistes totalement différents et ne touchant pas le même public. Titiller la curiosité des spectateurs ? Miser sur la qualité plutôt que la notoriété ? Plus de glamour et de stars ou plus de bonne musique ?

Et l’avenir ?


« (R)évolutions nécessaires pour les Victoires ? » questionne Musique Info Hebdo. Une chose est sûr, quelque chose ne fonctionne pas, ou plus dans cette formule.
Alors, quel avenir pour cet événement, la disparition pure et dure ? Un gâchis. Surtout que le problème se cristallise sur les victoires de la musique alors que celle du Jazz ou du classique se portent plutôt bien.
Basculer vers une offre plus ciblée comme les NRJ Music Awards ? Sans intérêt. La place est déjà prise et l’événement s’enfoncerait dans une congratulation de top 50 sans peu d’intérêt.
Modifier les catégories ? Oui avec pourquoi pas une catégorie révélation Internet .
Intégrer Internet et la téléphonie. Bonne idée. Ça donnerait un peu de nouveauté et de fraîcheur à la bande traditionnelle d’éditeurs et producteurs qui, par excès d’anxiété, n’arrive plus à profiter de l’ivresse du champagne qui coule à flot en Backstage.
Plus d’imprévu ? Of course. Un peu de rebelle façon Dionysos et les Wampas qui, il y a 3 ans avaient enflammé le Zénith. Un peu de fraîcheur et d’inattendu dans cette cérémonie officielle, c’est un minimum. C’est de la télé quand même.
Plus d’indé ? Il le faut. Un prix tremplin « scène » décerné à des indés ou des premiers albums apporterait son flot d’album pop, électro ou rap si loin de la variété récompensée mais tout aussi populaire dans les oreilles des français.

Conclusion

Les Victoires de la musique
tentent de faire briller les étoiles dans le ciel couvert du dépressif marché du disque. Par contre, la création, l’innovation reste le parent pauvre. On s’accroche au trophée pour arracher une tête de gondole, confirmer et prouver le talent, le succès ou la réussite de son artiste.
Oser s’éloigner des Charts alors que le palmarès des victoires est déjà une prise de risque énorme pour la TV ? Cruel dilemme.

Enfin, les étoiles ont brillé cette nuit-là. sourires, larmes, discours, remerciements, le minimum syndical. Mais l’étoile la plus brillante avait une forme de pomme. Les deux musiques utilisées en publicité par la firme Apple ( 1234 de Feist pour l’iPod Nano et Yaël Naim pour l’Apple air) ont fait carton plein. 100 % de réussite.

Décidemment, y a toujours du Apple quand on parle de succès en musique.

2 commentaires:

Ath a dit…

"Sur les 15 trophées décernés cette année, 9 ont été raflés par Universal"

Si on colle ça à leurs parts de marchés dans le physique comme dans le digital, c'est normal.
C'est même pas mal de la part des autres.

Frédéric Neff a dit…

Universal représnete que 46% de part de marché et les indépendant 20%. Ce palmarès n'est pas une photograohie du marché de la musique, physique et numérique.