mercredi 11 juin 2008

A la radio ce matin....


Sur les matins de France Culture, grande sortie du nouveau monsieur Nouvel Obs face à Versac le bloggeur. D’un côté monsieur Olivennes, parlant en son nom et non sous l’étiquette du Nouvel Obs, a défendu le projet de loi HADOPI. En face, Versac, alias Nicolas Vanbremeersch, a joué le renvoi au centre du débat à savoir : cette loi ne fera pas augmenter les ventes de musique et Internet nous oblige à réinventer de nouveaux modèles économiques.
Ces dialogues de sourd ont fait naître des moment incongru quand monsieur Olivennes demandait à Versac : « Trouvez-moi les 200 millions qui manquent pour financer la production musicale » un peu sur le ton pas si t’es plus fort que moi, fait mieux..
Une question à laquelle j’aurais répondu par un « trouvez moi une mesure favorisant les labels indépendants dans les modifications de condition de ventes de la FNAC ces 3 dernières années ».

Évidemment, entre une solution globale et une optique visant à adapter la chaîne de valeur suivant la musique, c’est en queue de boudin que cela c’est terminé. Toutefois, dans ce marathon matinal, 2 heures d’émission pour une bonne heure de débat, monsieur Olivennes a laisser apparaître quelques brèches.
J’ai fortement apprécié cet argumentaire sur la bonne copie et la mauvaise copie, très proche "du bon et du mauvais chasseur" des Inconnus. Alors, selon monsieur Olivennes, cette loi vise particulièrement les gros « téléchargeurs », (plusieurs milliers de fichiers) plutôt que les bons téléchargeurs (quelques titres) qu’ils s’échangent entre amis, par messagerie, mail ou P2P : « c’est la copie privée ».
De mémoire, la copie privé se fait dans un cadre familial et par principe technique, lorsqu’on télécharge sur P2P, on télécharge un fichier provenant de plusieurs sources pas identifiables et pas forcement familial.
Les méchants P2Pistes (qui téléchargent des milliers de titres mais qui en écoutent pas un dixième - c'est mathématique) feront plus de mal que l’internaute lambda qui s’échange sa discothèque sur Internet avec ses amis, augmentant sa connaissance musicale et réduisant plus ou moins son investissement dans l'achat de musique. Impressionnant de démagogie.

Par contre, j’ai pu regretter certaines réplique du bloggeur Versac. Si j’ai bien apprécié l’ouverture du débat sur « la recherche de nouveaux modèles économiques plutôt que la transcription du modèle existant », les exemples qu’il a donnés étaient pourris. Encore une couche de Radiohead, un vrai exemple pour les artistes en développement et le désormais mythique « Artic Monkey » qui doit son succès autant au buzz web qui l’a fait connaître qu’a la force commerciale de son label et de ses distributeurs physiques et numériques.
La prochaine fois, parlez de Soko, c’est un peu plus en lien avec le sujet car elle n’a pas signé chez un label et n’as de CD distribués.

Catherine Clément marque un pas dans le débat : « En tant qu'auteur, j’ai été volé par Internet , j’ai perdu de l’argent ». Ne sachant pas si elle parlait de ses livres ou de ses documentaires, Versac a tenté la démonstration par l’inverse avec « un auteur qui a mis son livre en téléchargement libre et qui en a vendu beaucoup de livres ». A cela, monsieur Olivennes a renvoyer le bloggeur dans ses 22 avec un « c’est son droit, il l’a choisit » contrairement donc à madame Clément. Hors de jeu de Versac et contournement de ce problème avec la somme de questions suivantes.

Cela dit, accuser le bloggeur Versac de voleur à l'étalage est assez violent et injustifié, en effet, Versac est plus un bloggeur apportant de la réflexion et du débat qu’un militantisme extrême pour le tout gratuit. De plus, il ne porte pas tout seul sur ses petites épaules l'ensemble des pratiques P2P du monde.


Conclusion

Il reste du pain sur la planche. Monsieur Olivennes l'avoue à demi mot, la riposte graduée n'est pas la meilleure solution. Les grands gagnants de l'explosion du P2P restent les fournisseurs d'accès qui eux, profitant de l'attrait du bien culturel n'entre toujours pas dans le cercle de production. Quelques initiatives apparaissent avec des offres d'abonnements chez Nokia et bientôt Orange mais la part consacrée à la production est minime.
Toutefois, faire "peur" à l'internaute par cette forme de répression pédagogique n'est totalement mauvaise. Pour légitimer cette action, il est nécessaire d'apporter des amélioration significative du marché en ligne. Hélas, ce dernier progresse pas bien vite malgré la grandes offres de sites différents. L'arrivée du géant Amazon face au leader iTunes Store en fera plus pour le développement de services web facilitant et favorisant l'achat en ligne que les propositions de la mission Olivennes.
Enfin, s'attaquer à l'accès à Internet est lui aussi difficile à argumenter. Ce dernier n'est pas privatif mais commun aux occupants d'un même foyer. Sachant que je poste ce mail avec la connection wifi de mon voisin, on peut aussi se poser la question de l'efficacité de ce mode de répression.




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