vendredi 11 juillet 2008

8 - 11 : opération suicide ?




Vendredi 11 juillet, Madame Bruni-Sarkozy sort son dernier Opus, « comme si de rien était ».
Voilà une date bien surprenante. Sortir un album en juillet…Un suicide commercial ?

Danger, sortie le 11 Juillet ?

Voilà une date peu banale (surtout en France) pour un album. Et pour cause, l’été est connu pour être la période creuse de l’industrie musicale.

Pour un distributeur, il existe que deux périodes de repos dans l’année. Une semaine entre Noël et Jour de l’an, consacrée le plus souvent au stock et le bon repos bien mérité à partir de juin jusqu’à fin juillet début Août (après, on prépare les dernières nouveautés de la rentrée et Noël.)

Côté magasin, l’été c’est aussi la période creuse. Les vendeurs sont en vacances, on en profite pour vider les stocks et faire des retours. Côté clients, on préfère les plages aux linéaires sauf en cas de mauvaise météo. Seules les enseignes en zone touristiques ou associées à de grands festivals profitent d’une augmentation de fréquentation et de vente.

Côté scène, tous aux festivals. Programmateurs et tourneurs sont sur les routes. Les salles de concerts tirent le rideau de fer ou organisent des sessions pleins airs.

Côté médias, pour les magazines spécialisés et la presse généralistes, l’été est synonyme de festival et de vacances. Les lecteurs et/ou internautes délaissent leurs loisirs annuels pour les loisirs estivales. Sur Internet, même les blogs lèvent le pied.

Une fois tout ce beaux monde de retour de vacances, on s’attarde plus aisément sur ce qui va sortir plutôt que sur ce que j’ai raté pendant mes vacances.
Qu’on se le dise, la période estivale n’est pas une période de ventes ni de sortie d’album. Une sortie en Juillet, c’est un peu comme une sortie mi-décembre, c’est du suicide commercial.


Coup de poker ou fin d’une époque ?

Avec son nouveau mari, Carla Bruni jouie d’une visibilité sans précédent. Elle peut sortir son disque à n’importe quel moment. C’est donc ce qu’elle fait. Elle devient le feuilleton de l’été si le public est au rendez-vous ou s’oublie avec les derniers rayons du soleil de Août en cas déroute. Et surtout, aucune concurrence. Période creuse pour les médias, elle peut combler aisément les JT creux et les conversations des apéritifs.
Alors que dans les autres pays la trêves d’été n’existe pas (ou n’est pas aussi appuyée) la sortie impensable en Juillet de « comme si de rien n’était » marque-t-il le début d’une évolution de la distribution ?
Associer à un festival ou un grand concert, la sortie d’un album pourrait quitter les impératifs des magasins pour prendre ceux de la promo comme l’a très bien fait Joachim Garraud. Avec une toile accessible de n’importe où et à n’importe quel moment, les réussites, même numériques, tiennent grâce à une présence conjointe sur Internet et sur les médias traditionnels. Apporter de l’eau aux moulins des médias en manque de sujet peut être une aubaine pour s’offrir une plus grande visibilité qu’en période de rush comme à la rentrée.
Pour que le cap soit franchi, il faut que les revenus principaux du producteur et de l‘artiste ne proviennent pas majoritairement des ventes d’albums mais des concerts par exemple.
Les prochains étés seront peut-être plus musicaux ! A vous de juger…

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