mercredi 10 septembre 2008

C’est dur d’être le numéro 1


NRJ a perdu près d’un million d’auditeurs en un an. Enorme.
La direction reconnaît avoir « raté le virage Internet » et va se concentrer pour cette rentrée sur ses « fondamentaux ». C’est ce que nous apprend Christophe Beaugrand dans le Mag du Web.

Objectif n°1 : le retour des nouveautés
Le net prend toutes les radios de vitesse. Le nouveau hit tourne déjà à plein régime sur deezer, youtube et les skyrock.blog des « djeuns » quand le titre arrive en « exclu » sur NRJ.

Objectif n°2 : travailler les fondamentaux de la chaîne : la libre antenne du soir et la matinale, moteur d’audience pour la chaîne.

Objectif n°3 : développer le web avec un flot de webradios thématiques (Lounge, Dance, Hits, 80’s (mon Dieu) avec quatre nouvelles Groove, Pop Rock, News Talk (une dépressive de 28 ans qui raconte comment sa mère a abandonné son frère en parlant pas fort pour ne pas que ça se sache) et Twennies.
Pour le développement de "mynrj", le site communautaire d'NRJ, on a juste un message d'erreur. Affaire à suivre donc.

NRJ a raté le coche du web et l'assume. Skyrock a fait la bad boy radio et a misé (très justement) sur le Urban et le Hip Hop. Ajouté à cela le succès des ex skyblog devenu skyrockblog et vous avez le modèle d’une radio fait des jeunes dans les années 80 qui on grandi et su garder leur public jeune.

La radio a vieilli avec son public. Moyenne d’âge autour de 30 ans, perte du public ado, perte du renouvellement. La fracture radio analogique /Internet marque les premières baisses d’audience.
Réagir est donc la bonne attitude pour NRJ. Prétendre qu’ils peuvent devancer le net pour la diffusion des hits est un peu utopique.
Un artiste international ne fait pas forcément une sortie mondiale.
Si c’est le cas, la star en question négocie de plus en plus souvent une exclusivité nationale ou internationale avec un opérateur téléphonique ou un site internet.
Le dernier album de Coldplay était en avant première sur Myspace et Last.FM. Madonna a rompu son contrat d’exclu avec NRJ pour s’offrir à Orange.
Sinon, pour un artiste national, une diffusion sur NRJ n’est possible qu’en cas de visibilité ou de grande notoriété. Dans ces deux cas, la communauté de fans aura déjà fait le boulot sur le web.
Qu’on se le dise, la nouveauté ne fait pas l’audience. Un titre inconnu, voilà la première raison de déconnection d’une radio, bien avant la pub ; faire du plus innovant ne sera donc pas la solution.
Travailler les fondamentaux est donc une bonne chose. Dans ce secteur en début de crise, il faut insister sur le « pourquoi on écoute une radio » en insistant sur l’effet « expérience collective en directe » que procure la radio avec donc plus d’animateur en matinale, en talk.

Ce constat d’échec (rater le virage numérique), ces pertes d’audience à répétition ne sont pas propre qu’à NRJ. Un autre grand leader médias français, TF1, subit les même désillusion.
Comment s’adapter au web sans perdre ses quelques millions d’auditeurs traditionnels qui ne vont pas forcément switcher vers le numérique.
Comment être leader en physique et en numérique quand on est un grand groupe ?
Innovation, innovation, innovation et adaptation à ses public.


0 commentaires: