jeudi 23 octobre 2008

Arènes européennes de l’indépendance, ce que vous-avez raté

arenes europeennes de l'independance

Les arènes européennes de l’indépendance se déroule en France le 23 et 24 octobre, présidence de l’union Européenne oblige.
Beaucoup de chose dans cette première journée à commencé par une grande fierté de l’indépendance. L’évolution des PME culturelle ne se fera que si les avancées sont européennes. Dans une assemblé composé de professionnel du livre, de musique et du cinéma, les débats ont surtout tourné autour du disque, le champion de la crise, et du cinéma, en cours de numérisation. Le livre n’était pas en reste avec la défense du prix unique du livre.

C’est quoi un indépendant ?

Une entreprise est « indépendante » si le capitale est dans les mains de celui qui développe nous explique Antoine Gaillimard, (gros) indé dans le livre.

Qui dit indépendant dit attente des indépendants. Plusieurs thèmes ont été abordé comme l’harmonisation de la TVA entre physique et numérique et ente les produits culturelles, adaptation du prix unique à la musique au téléchargement et à la VOD, mise en place de régulation du marché pour promouvoir la diversité des indépendants.
Les PME en questions (Gaillimard, Actes Sud, Naïve, PIAS) ne sont pas les plus modestes acteurs des indépendants et pas forcément les plus représentatifs des 96% de TPE (très petite entreprise) qui composent le secteur culturel.
Autre problème, comment agir dans un cadre légal et jusqu’où tenir compte du marché ? Si les biens culturels ne sont pas des marchandises comme les autres, comment les définir et comment les traités. Vaste débat donc.
Je retiendrais la remarque d’Alain Rocca, producteur, qui dans la substance disait que les entreprises culturelles ne cherchaient pas de subvention, elles ne sont pas des entreprises dépendantes des pouvoirs publics comme on peut le penser mais que ces entreprises ont besoin du politique pour influencer, quand c’est possible, sur les nouveaux acteurs. En d’autres termes, lors des négociations des licences 3G, l’Etat n’a demandé aucune contrepartie vis-à-vis du contenu aux prétendants à ces licences. C’est une erreur à ne pas commettre pour les négociations pour le passage à la fibre optique.
Une bien belle idée qui pourrait donner naissance à des systèmes de financement de contenu inspiré des aides au cinéma par les chaînes de tv.

Enfin, et c’était un peu le clou du spectacle, monsieur Olivenne a dirigé une conférence sur « le numérique menace-t-il les droits d’auteur et la propriété intellectuelles ? » grrrrrr
Un tour de table pour savoir ce qui fait peur dans le numérique et une autre, plus courte, pour connaître les avantages du web. Suivi d’un long débat sur la loi création et Internet. Thèse anti-thèse synthèse.
Cette conférence n’a pas échappé au rôle néfaste du net, à ces méchants pirates, aux pillages etc. Mais aussi, cette conférence a rappelé que la loi HADOPI n‘était pas une guerre entre deux parties (méchant pirate gentil producteur) mais un jeu entre trois acteurs, l’internaute, le FAI et les auteurs. Pas parfait mais du consensus.
Interopérabilité dans le cinéma , livre et la musique, importance d’informer le public sur le rôle des producteurs et la place de l’artiste dans une production et chronologie des médias, voilà les différents thèmes abordés dans cette fin de journée.
Il a été question de diversité culturelle grâce au indépendant mais très peu question de diversité d’offres numériques.

Ce qui m’a choqué c’est à la fois le peu d’acteur du web présent aux tables rondes et surtout les fantasmes et la méconnaissance du net. Pour beaucoup d’indépendants, le net est quelque chose qui fait peur dans lequel on cherche à recréer le marché existant.
L’enjeu n’est plus d’être disponible mais visible. Pour cela, il faut de nouveaux outils, de nouveaux acteurs, de nouvelles pratiques.
Bruno Patino (France Culture) a très bien résumé la situation en parlant de grand paradoxe. D’un côté l’offre de plus en plus large qui pousse à une économie basée sur la licence globale alors que le marché numérique a, en termes d’audience et de vente, une très grosse concentration sur des hits. A suivre…

En Conclusion

Le monde des indépendant est fier de sa diversité et c’est une bonne chose. Par contre, elle manque cruellement de perspectives communes, de poids et d’organisation. Cette première journée montre bien que les problèmes ( globalisation de l’offre, difficulté à distribuer, réseau de vente en ralentissement) sont les mêmes dans les industries culturelles avec des solutions différentes. Merlin et IMPALA cherchent à fédérer, et regrouper à donner du poids aux indépendant pour bénéficier des mêmes conditions que les majors. Dans la limite des intérêts commerciaux du tout à chacun.
Le rôle de l’Etat et de l’Europe est limité mais ils n’est pas nul. Enfin, la réussite d’une TPE et d’une PME culturelle dans son passage à la numérisation passe par la créativité et sa capacité d’adaptation, un effort que chacun doit réaliser. En musique c’est fait, mais en cinéma et littérature, il y a encore du boulot.

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