jeudi 2 octobre 2008

Un opéra dans une gare


Mardi 30 septembre sur Arte, on a pu voir (et on peut encore sur Internet) regarder la Traviata de Giuseppe Verdi joué dans la gare de Zurich.
Un orchestre dans la salle des pas perdus. Des chanteurs avec oreillettes pour entendre l’orchestre qui ballade un peu partout dans la gare, de la terrasse d’un kébab au quai de gare.
Une expérience unique pour les spectateurs (pas tous prévenus) et les téléspectateurs qui ont jouit d’une retranscription filmée de très bonne facture.

Ce n’est pas forcément la meilleure médiation culturelle d'aller "au contact" avec la population en lui livrant un opéra en costume dans un lieu qui est tout sauf un théâtre. Cela dit, un happening improbable (façon freeze) dans une bruyante gare, permet de vivre une expérience commune entre spectateurs et téléspectateurs avec une retranscription vidéo aux codes plus proches du cinéma que de l’opéra…qui sait, c’est peut-être le bon pari.
Ce genre d’initiative est inoffensif. Certes les puristes n'aimeront pas, ce n'est pas grave, ils vont déjà à l'opéra. Les autres ? Ils ont la chance de voir la Traviata, de vivre une émotion commune, de découvrir sans les contraintes des codes du lyrique.

Alors vive l’opéra à la gare de Zurich qui aura permis à l’opéra de faire les ouvertures de JT et d’alimenter toutes les dépêches d’agence de Presse.
Vive cette initiative qui a pour une fois, révolutionné la capture vidéo d’un opéra, mettant le téléspectateur au centre de l’action, comme dans un film.
Vous trouvez ce post inutile tellement cela vous paraît évident ?
Détrompez-vous.
Une minorité de puriste choisit l’isolement plutôt que l’ouverture pour partager leurs passions. En illustration, (merci Philippe ;-)) les mots d’un journaliste de Diapason (G.C.) à propos de la présence de Jonny Greenwood au festival Présences :
« René Bosc, directeur artistique, a placé en « compositeur phare » du premier week-end le Britannique Jonny Greenwood, que sa formation très classique n’empêche pas de brasser les esthétiques les moins avouables. Et pour cause : il est autre que le guitariste du groupe Radiohead. »
Si pour un amateur de musique classique la musique de Radiohead est d’une « esthétique des moins avouables », on peut s’attendre au pire.
Les murs des chapelles qui entourent chaque élite de chaque genre musical sont des freins aux renouvellement des publics. Ces murs infranchissables comme rempart protecteur de l'art risque de transformer cet art en tombeau.


Pour la peine, demain je parle d’Eve Angeli.

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