jeudi 27 novembre 2008

Recommandation : et si le web n'avait rien inventé ?

HUMEUR






Ou pas encore…
On entend et on lit souvent ce genre de chose. « C’est grâce à Internet que j’ai découvert cette musique ? »
Ah bon ? êtes vous sur ?

Comment faisions-nous pour découvrir de la musique avant Internet ?
Amis, connaissance, concert, média, disque et disquaire. En fait, nous avions déjà un panel d’outils assez performant pour découvrir de la musique. Avec ce point commun. Si vous ne faites pas l’effort de vous intéresser à une musique, un genre de film ou à un bouquin, personne ne le fera pour vous.
En d’autre terme, la base de la découverte de musique et même de bien culturel passe par une volonté de découverte, une CURIOSITE.
On n’est pas à l’abri de découvrir « par hasard » une musique via une pub ou un film, mais en général on transforme cette découverte par une recherche minutieuse du nom du morceau. Voir l’acquisition du titre.
En fin de compte, dans « l’avant Inernet », on se constituait un réseau autour de son genre, on consommait de l’information avec les médias spécifiques, on constituait notre patrimoine musical en achetant les albums, en les échangeant et en faisant des copies et enfin, on vivait sa passion de façon tribal lors des concerts avec tous nos similaires frères.
C’est ce que j’ai vécu pendant mon enfance et mon adolescence au pied du Lubéron. Pas de Net, 40 km pour trouver un disquaire ou une salle de concert, et une grosse fidélité aux médias spécialisés.
Tout ça prenait du temps et donc une certaine valeur.

Et Internet alors, c’est pas nouveau ?
Réseau sociaux, échange de musique, news en ligne, rien de nouveau sur la toile à part peut être un détail.
Tout se fait sur un seul et même médium. L’ordinateur connecté.
Les échanges P2P permettent la découverte. C’st la simple reconstitution des échanges d’albums qui existe depuis l’apparition du support.
Avec le numérique, on fait tout de son ordi, on test (on écoute) on achète (en téléchargement) et on joint la communauté de tous ces gens similaire à nous. Réseau, aquisition et écoute se fond par le même canal alors que dans « l’ancien temps », chaque étape avait son process.
On change sa façon de concevoir et d’écouter la musique. On la surconsomme. Il y en a de partout, on en trouve de partout, des millions de titres s’offrent à nous mais voilà, sans leur noms ; on en peut les trouver.
Les liens hypertextes nous permettent de papillonner d’un artiste à l’autre, d’un morceau à l’autre, d’un style à l’autre.
Les blogs, les wikis, les sites sont des sources d’informations inépuisables. Une source d’information dont il faut soit même aller chercher l’information.


Pas d’innovation ?
Si, bien sûr mais pas là ou on le croit. Le net a changé le rapport à l’information et la distribution. Pour le reste, le processus de découverte de musique reste e même. Tout par de la curiosité initiale de l'internaute.
L’outil web efface les frontières, réduit temps d’attente pour de la musique et permet de trouver sa communauté, de trouver sa musique et de trouver l’information avec le même médium et même des fois avec les mêmes sites.
Un régal.

Il ne manque rien ?
La recommandation reste le parent pauvre du web.
Les fameux « si vous avez aimez ça, vous aimerez ça » ne sont qu’un niveau primaire de la recommandation.
Internet n’a pas su reconstituer cette recommandation de réseau, cette recommandation de « disquaire », celui qui va au delà du « si vous avez aimez ça ...» la recommandation qui lit en vous comme dans un livre ouvert.
Si vous préférez, vous faire écouter quelque chose que vous ne connaissez pas mais que vous allez aimer et vous dire pourquoi et qui c’est.
On découvre peu de musique grâce à Internet mais en utilisant l'outil Internet.

Un Paradoxe ?
Avec Internet, on simplifie l’accès à la musique. Et justement, dans ce monde de sur abondance, la recommandation est de plus en plus importante.
Pourtant, les systèmes de recommandation humainement arbitraire comme D-Fuzz sont encore rare. On croit au miracle de la technologie, l’algorithme suprême qui replace l’humain, l’automatisation d’une recommandation qui doit être tout sauf automatique.
Qu’on le veuillent ou non, la découverte de musique provient avant tout d’une curiosité.
Plus l’outil sera mécanique, moins les curieux trouveront leurs bonheurs. Qu’en pensez-vous ?

11 commentaires:

Anonyme a dit…

T'a vécu ton enfance au pied du Lubéron? Je
croyais QUe c'etas dans un trou de bouseux creusotins

Nephtali a dit…

Excellent article et très bonne réflexion. L'internet a changé de nombreuses choses dans la consommation de musique, mais l'idée selon laquelle on découvre des artistes (nouveaux ou pas) grâce à l'internet est en effet une idée reçue. Non pas que ce soit totalement faux mais c'est un comportement qui reste minoritaire et l'internet reflète en cela en partie le comportement des consommateurs de musique dans la vraie vie (une majorité de "consommateurs", une minorité de "défricheurs" - rien de péjoratif là-dedans).

Les artistes bénéficiant de la meilleure exposition sur l'Internet et les plus téléchargés (légalement comme illégalement) sont des artistes qui avaient déjà une présence hors de l'Internet ou l'auraient eu si l'Internet n'existait pas.
A titre d'exemple, le top 50 constitue 90% de ce qui est téléchargé illégalement. Alors oui, en valeur absolue, les 10% restants sont conséquent. Mais pas en valeur relative, donc la proportion de découverte(s) reste assez mince.

Sur un autre sujet, bien rares sont les artistes ayant véritablement percés grâce à l'internet. Plus nombreux sont ceux, inconnus mais signés en major, qui se sont habilement servi de l'internet dans le cadre de leur stratégie promotionnelle.

J'ai par contre du mal à comprendre comment le P2P permet à l'auditeur de découvrir des artistes. Je ne suis pas un spécialiste (ni même un utilisateur), mais il me semble que ces réseaux fonctionnent par des recherches à partir de mots-clefs. Comment pourrait-on dans ce cas tomber sur ce qu'on ne connaît absolument pas et donc qu'on ne recherche pas ? Il y a aussi un système de recommandation sur ces réseaux ?

Frédéric Neff a dit…

@ Anonyme : c'est mon adolescence que j'ai pasé au pied du Lubéron. Mon enfance en Bourgogne, trop occupé à regarder les vaches, jouer dans les vignes et regarder du rugby, avait peu de place pour la musique.

@ Nephtali
Le p2P sert à rien pour découvrir des artistes. Une formule choc je le reconnait. Il faut rentrer un mot clef pour avoir accès au download. Donc pas top. Toutefois, le P2P permet cet accès direct au contenu lié à un nom d'artiste (tout comme le téléchargement légal) et permet son acquisition sans investissement. avoir, posséder sans investir et sans perdre de temps pour ecommender et échanger dans son cercle d'amis ou sa communauté.

Sylvain a dit…

Postulat que j'ai pris quand j'ai réfléchi à Neo v3. Mais pas si facile que ça d'impliquer les gens sans rémunération plus, même dans le circuit classique du digital promo, les taux de retour sont faibles, sauf à forcer le commentaire pour pouvoir télécharger la promo (ce qui biaise forcément les commentaires).

Frédéric Neff a dit…

@ Sylvain
J'ai hâte de voir la V3 de Néostore. Je ne pense pas que la rémunération de l'internaute pour la recommandation. Il faut inventer ou transcrire de nouveaux système de recommandation "on line" très humain et très partial. C'est à mon sens une des clé. D-Fuzz est un très bon exemple. Faudrait que je les voit pour en savoir pour l'effet et le retour.

Bidibule a dit…

Le meilleur service de recommandation (enfin le plus efficace) : TF1


;)

Anonyme a dit…

A la recommandation, le parent pauvre du net ?!?!.

Pas certain selon moi, on ne peut pas nier que l'internet a permis d'accroitre et de diversifier nos réseaux de connaissances!

Par le biais des chats, forums, blogs, jeux vidéos et autres communautés de joueurs.
Je dirai même que ça permet de dépasser les premières impressions et de fédérer des personnes qui a priori ne se seraient jamais parler. Ainsi on peut voir guerroyer cote a cote un médecin ayant la 40 aine passé, un etudiant de classe prépa, une enseignante, un responsable du marketing pour une maison de champagne ....

Et tout ce petit monde discute pendant une pause entre deux massacres de monstres

Toubiborrible "ouf la dernière vague de monstre était incroyablement difficile a vaincre .. allez tiens un peu de jazz pour faire passer tout ça "
Estudiantintin "mouais tu écoutes quoi comme son? "
Toubib " Un petit groupe sympa qui s'appelle blablabla"
Kevin "oua tro dla bale le nous veaux Ayumi amasaki sur la vid CS de la team bla apré le pasage de nitghwish"
Toubib" Nigthwish ? "
Estudiant " ouais c'est un groupe rock celtique assez sympa et Kevin écrit français bordel !!"
Meredefamillede33ans " Je préfère blablablabla a Ayumi blabla c'est moins agressif"
Toubib " mince des monstres arrivent préparez vous"
Merdefamille "arf ma puce est réveillée je dois vous laisser "
estudiant "non attend la fin des monstres"

Meredefamille est déconnectée
Toubib est mort
Kevin est mort
Estudiantin est mort

Estudiantin "bon je déconnecte, ... au fait allez voir la section culture du forum de guilde y a un poste avec des idées de musique pour nos vidéos et il faut voter pour choisir "

J'ai fait un dialogue joueurs mais je pourrais faire la même chose pour un chat, ou des post sur un forum ...

Dire que la recommandation est le parent pauvre du net pour ma part je ne suis pas convaincu du tout, après je te rejoint volontiers quand tu dis qu'il faut une curiosité initiale pour aller voir ce qui se cache derrière les noms que l'on nous communique.

Mais bon je pense que pour reprendre nephatali, le net a permit d'accroitre la quantité de "défricheurs"

aLx

Frédéric Neff a dit…

@ Bidibule très drôle mais en effet, le mass media a encore un gros pouvoir. Le passage d'un artiste internationale à la star ac a encore des effet sur les ventes. Seul le public d'impact change. On assiste à une réduction du public.
@ Alx. donc voilà le post dont je te parlais.
Une partie de jeu en ligne comme ex du succès de la recommandation, c'est n peu léger non ?
Pa sde nouveauté non plus. C'est par l'initiative personnel que toutes ces personnes se sont connectés à se jeu. L'expérience commune du "butage de monstre" leur permet de parler d'autre chose. On est d'accord sur ce point. Internet appporte des solutions techniques pour rapprocher les gens, facilité la communication, agir en direct, créer son réseau....Mais ce ne sont que des recommandation technique.
Cette situation n'est pas une onvention d'internet, c'est une situation classique lorsque des personne partage une expérience commune. Même si pur tous ces utilisateurs cette expérience personnele est nouvelle.

Anonyme a dit…

Frédéric =) Comme tu le dis le "buttage de monstre" est un prétexte a discutions, de même qu'un chan unbuntu ou de la section blabla d'un forum dédié a la cuisine de la crevette, et des crevetiers.

Le changement d'internet et le fait que ça permet d'avantages briser les barrières sociales et une plus grande "recommandation". Je me vois mal discuter avec mon médecin de Jazz ou de musique classique pendant une consultation.
On dira ce que l'on voudra mais j'ai personnellement peu de camarade de cours qui me parlent de musique classique ou de jazz ... et je doute que dans les lycées ça parle souvent d'autre chose que tokyo motel :$.

aLx

Ps:
Saurez vous retrouver la référence filmographique ? :D

Anonyme a dit…

je te mais un lieu vers un bouquin en licence libre concernant les débat sur la loi big brother que j'ai trouvé récemment ça t'intéressera peut être ^^

http://www.ilv-edition.com/librairie/internet_et_creation.html

aLx

Frédéric Neff a dit…

on est sur un débat de médiation culturelle. Qu'est ce qui fait que l'on parle de tel ou tel sujet avec telle ou telle personne ?
Tu serais surpris de voir qu'au lycée on peut aussi se décoller de la culture jeune toute faite, par pur provocation et esprit rebelle. Donc, tout n'est pas perdu ;-)