mardi 25 novembre 2008

Y voir plus clair sur la Longue Traine

3 années de statistiques sont mises à l’épreuve sur la dernière étude du DEPS (Département des Etudes, de la Prospectives et des Statistiques) du ministère de la culture. Pierre-Jean Benghozi, Françoise Benhamou offrent donc la première étude empirique de la théorie de la Longue Traine.

Les ventes de CD, DVD et Livres ont été analysées entre 2003 et 2005 pour voir si, comme l’indique dans son manifeste Anderson, la queue de la longue traine peut représenter jusqu’à 60% des ventes.
« La distribution des produits par l’intermédiaire de l’internet permet de lever la contrainte de disponibilité physique des produits, de rassembler virtuellement des publics disséminés et d’atteindre ou de dépasser le point mort nécessaire à la rentabilité des biens. »


Plus de Hits

Premier constat, cette loi est une loi de distribution plus qu’une loi d’édition.
Côté résultat, plusieurs effets sont à noter. Si la courbe des DVD laisse apparaître un “succès” de la Longue Traine, ses origines semblent moins correspondre aux théories d’Anderson.
La courbe des ventes de CD monte un étirement de la longue traine. Les hits sont plus présents, la queue est plus longue. Même constat sur la rentrée littéraire de 2005. Pas d’effet miracle du web.

Les succès se vendent plus sur Internet et les titres qui ne vendent pas…ne se vendent pas.

un joli rêve

L’engouement de la Longue traine répond en partie sur le magnifique message qu’elle porte. L’augmentation des ventes des œuvres peu vendues et peu connu grâce à Internet, aux recommandations proposées sur les blogs ou sur les sites façon Amazon.
Non, il n’y a pas de levier magique qui étaye cette théorie.
Si la loi Pareto se retrouve sur les ventes en ligne comme sur les ventes physiques, il faut prendre le problème à sa source.
Seule la recommandation peut permettre une évolution de la courbe des ventes et une augmentation en volume et en valeur de la queue.

Et après
Cette étude n’est qu’une vision à un instant T. L’objectif est donc de prolonger l’observation et surtout de l’étendre aux ventes à l’unité en numérique avec un problème de taille, la récupération des données.
Lors de la présentation de l’étude ce lundi 24 novembre à la Cantine à Paris, plusieurs points ont été soulevés.
La transcription de ce modèle sur les offres d’abonnement, les pratiques des internautes et surtout la question de la mise en ligne des données publiques. Favoriser les plus populaires ou favoriser le back catalog.
L’ensemble de l’étude est en téléchargement ici.

2 commentaires:

Hugo a dit…

C'est vrai que ça fait un peu juste une étude sur 3 ans, mais le rapport est très intéressant, l'article l'est tout autant.

J'avais complètement oublié cette présentation lundi matin ! En même temps lundi matin...

Frédéric Neff a dit…

Hugo, je crois que tu n'étais pas le seul à oublié. On a raté l'occasion de se voir en vrai.
Pour l'étude, on fait avec ce qu'on a. L'accès au donnée reste le point noir de ce genre d'étude et le DEPS bénéficie de peu de personnel et de ressources pour être très réactif à l'actualité...un vrai problème.
La bonne nouvelle, c'est que cette fine équipe continue son observation du marché, on voit l'évolution in vivo