vendredi 27 juin 2008

L'offre Orange doit-elle garder ses DRM ?



Voilà plus d’une semaine que l’offre d’abonnement d’Orange bat son plein. Les affiches et les pubs envahissent notre quotidien et les retours semblent positifs.

L’offre est alléchante et pourtant, elle regorge de DRM, un paradoxe en pleine discussion de la loi Internet et création.
Le service de presse m’avait expliqué justement que « Apple a son propre site de vente de musique, il est pour nous un concurrent ».

Est-ce stratégique ?

OUI
On peut du moins le penser. Les rumeurs enflent à propos d’une offre d’abonnement d’Apple. Si les utilisateurs de matériel Macintosh peuvent acquérir leurs musiques sans passer par un opérateur avec une offre 100% Apple, il vaut mieux occuper le terrain et avoir un positionnement ferme face à ce nouveau concurrent même si Orange à l’exclusivité sur l’iPhone ! No pasaran ! et séparons le PC universel du Mac trop fermé.


NON

Les offres Internet Orange on ce point commun avec Macintosh, elle sont plus chère que la concurrence. Les deux marques cultivent une image qui se payent à l’achat du matériel ou à l’acquisition du service. La live box est plus chère que la free box, Apple est plus cher qu’Acer.
Bêtement, le taux d’utilisateur de produit Mac dans les clients Orange doit être supérieur que les utilisateurs de Neuf Cegetel ou Free.
Leader du marché du baladeur, l’iPod est l’outil d’écoute de musique incontournable. Jusqu’à preuve du contraire, Orange ne vend pas du Hardware mais du service. Que la musique soit utilisé sur un baladeur Sony ou Apple ne le concerne guère, idem sur les téléphones, que ce soit un Sony Ericsson, un Nokia ou un iPhone, peu importe, du moment qu’il soit acheter dans une boutique Orange avec un abonnement Origami.
Au contraire, Orange devrait justement être compatible avec un maximum de matériel. Les utilisateurs de Macintosh sont contraints de se rabattre sur les offres Apple alors qu’ils sont prêts à mettre le prix en ce qui concerne les nouvelles technologies. Mêmes problèmes avec les très nombreux utilisateurs d’iPod possédant un PC. Avec ces genres d’offres, ils sont face à une injuste incompatibilité car pas 100%PC ni 100% mac.
Orange doit-il vraiment se séparer de cette population-là qui vit cette situation comme une injustice numérique et donc, se sentant avoir, se rabat vers le piratage plus par souci de compatibilité que par militantisme.



Prenons exemple sur Google, jouer la carte de la compatibilité est payante, surtout si l'ont vend du service. Orange doit être plus compatible, par cohérence avec son catalogue de smart phone et pour toucher un maximum de clients. À moins que ce soit la firme de Steve Jobs qui freine des quatre fers pour être compatible avec une offre d’un opérateur dans laquelle il n’a rien à gagner….


mercredi 25 juin 2008

Le CD à la Carte


Une fois n’est pas coutume, voici un peu d’electro avec Joachim Garraud .
DJ et producteur, il a travaillé avec David Guetta, Jean-Michel Jarre, Kylie Minogue, Cassius, CeroneJoachim lance son nouvel album, invasion, le 5 juillet et, La nouveauté, c’est la formule :
cet album est A FAIRE SOIT MEME !

A vous de choisir parmi les 50 titres à dispositions de l’artiste pour réaliser son disque. Le nombre de piste fait varier le prix. On peut choisir la pochette, la taille du livret, afficher un message personnel (2,60€), s’inspirer des playlists déjà faites par David Guetta ou d’autre DJ stars, y joindre le DVD sur Joachim Garraud… Le concept est très séduisant mais pas encore testé. Le système sera disponible qu’à la sortie de l’album, le 5 juillet.

Les fans du numériques ne sont pas en reste. Adieu MP3 et FLAC, place à du Wave 96Khz en 24 bits. Un CD « normal » est en 44,1Khz et 16 bits ! Du bon « son » à condition d’être un minimum équipé pour jouir de cette qualité.

Le projet implique une récupération des données des fans, premier bon point, une vente directe (car seul le site de l’artiste permet d’avoir son album à la carte), second bon point, bien plus intéressante pour l’artiste et producteur de l’album…
Troisième bon point, il redonne un peu de noblesse au CD qui n’est plus forcement le format standard pour les amateurs des dance Floors.
Enfin, Joachim Garraud accompagne la sortie de l’album d’une tournée, pile poil pendant l’été, dans toute la France dont une date au Stade de France avec la famille Guetta. A cela on ajoute une bonne participation de Fun Radio, un concept tendance (les petits space invaders qu’on peut acheter avec sa place)qui risque de faire fureur, un site riche qui offre une heure de mix par semaine en podcast à ses abonnés.
Affaire à suivre à la sortie de l’album pour voir les différentes offres, les choix, les degrés de personnalisation et bien sûr le prix final pour l’auditeur.
Merci à Simon pour l’info.

vendredi 20 juin 2008

Site-test #1 : Musiclassics

Premier site-test pour viva musica avec le site d'écoute et de téléchargement de musique classique, Musiclassics dont on a parlé déjà ici. Ci-dessous, le lien pour voir la vidéo.
LES POINTS FORTS
  • Les modes de recherches. Il existe de nombreux filtres de recherche, les interprètes sont classés par instruments, on peut combiner, bref, un vrai bonheur
  • L'éditorial : simple et efficace. C'est une vraie valeur ajouter. j'apprécie le bon équilibre. Une infos complète et pas trop longue
  • Les formules d'achat (forfait écoute ou achat à la durée) adapté au classique et très cohérent avec ce catalogue
  • L'architecture du site ne ressemble pas à un site marchand. Une impression agréable de ne pas être
  • Les sélections Musiclassics selon la qualité (technique) d'enregistrement et selon l'interprétation.
  • Les œuvres en intégrales. Pour la première fois, on peut écouter et acheter les œuvres comme elles ont été écrite et ce, quelque soit leurs durées.
  • Site tout public. Une ligne éditoriale et des sélections à la fois les puristes et les débutants

LES POINTS FAIBLES
  • Les DRM. C'était la condition siné quo non pour avoir le catalogue des majors. Dommage !
  • Un catalogue encore faible. Les indépendants sont en cours de numérisation. L'uniformisation des pistes et l'éditorial ralentissent. Idem pour le reste des catalogue des majors (il n'y a pas encore Maurice André ni Mado Robin !)
  • Un graphisme un peu triste. Les goûts et les couleurs....Plus d'illustration et de photos seraient par contre les bienvenues !
  • Navigabilité: on ne peut pas accéder à la biographie du compositeurs quand on a une liste de réponse à ses recherches. Le choix des labels n'est pas toujours disponible. Dommage.
  • Avare en infos ? C'est le paradoxe, à vouloir proposer un minimum de contenu éditorial pour chaque enregistrements, on regrette de ne pas en avoir plus sur les opéras, liste des interprètes et des rôles, et même, pourquoi pas, le livret
  • Pas de forum ou de wiki. Rien de mieux que de s'engueuler par pseudo interposer sur tel ou tel œuvre. Au delà des gue-guerre de goût, un espace public serait le bienvenu. Un zeste de web 2.0 ne serait pas superflu.

AVIS GENERAL


Plutôt positif. Ce site repose sur une initiative vraiment pertinente répondant à la fois aux besoins du numérique et à ceux de la musique classique.
Plus d'interopérabilité, pus de catalogue et toujours de l'éditorial, voilà ce qu'on souhaite pour l'avenir à Musiclassics avec pourquoi, des passerelles vers les concerts, des vidéos et des CD !
Sobre et très bien "classé", Musiclassics tend à devenir une vraie encyclopédie numérique de musique classique, version magasin, plus proche du disquaire que du site marchand. Site à suivre donc !

mercredi 18 juin 2008

Merci 5493 fois

Viva musica a un an. L'appel du 18 juin a été pour moi l'appel du web 2.0 ou tout simplement l'appel du blog. L'occasion de faire un petit point sur ce blog qui évolue au fil du temps suivant mon travail, mon humeur et l'actualité.
5493 visiteurs unique
, c'est plus que le village où j'ai fait mon collège ! A l'échelle d'Internet c'est insignifiant mais ce genre de résultat font toujours plaisir.
Une minute et 16 secondes en moyenne, c'est le temps de lire un post. Pour la provenance des lecteurs c'est :
  • Moteurs de recherche 3 522 (49,13 %)
  • Sites référents 2 584 (36,04 %)
  • Accès directs 1 063 (14,83 %)
Je n'ai pas eu beaucoup de commentaires (c'est vrai que blogger n'est pas le meilleur outil blog pour valoriser ses com') par contre j'ai reçu énormément de mails de la part de lecteur. En réponse collective à de nombreuses personnes, oui, je vais mettre en ligne mon mémoire "de la distribution physique à la distribution numérique". Je suis actuellement en train de le réécrire ce qui prend beaucoup plus de temps que je le pensais.
Avec par mois, en moyenne, 457 visiteurs unique pour 876 pages vues , je suis très satisfait de ces chiffres. Merci à tous !
Les bonnes résolutions de l'année à venir sont bien évidemment d'autres posts, peut être plus courts pour certains, et maintenir une hygiène de blog avec un post hebdo au minimum. Je souhaite aussi ajouter de la vidéo, beaucoup plus de vidéo, avec mon ami Mathieu.
Plus d'interview, plus de reportage et aussi des tests de sites dédiés à la musique parce qu'une capture d'écran vidéo vaut mieux qu'un long discours. Enfin, au moins une fois par an, un gros dossier sur un sujet d'étude, un travail de fond sous forme d'un PDF à télécharger avec une synthèse en post. Je suis dessus depuis déjà quatre semaines et je pense que le projet sera finalisé en septembre / octobre.

Je vais mettre un peu plus de musique, celle que j'aime et celle que je défends, juste pour le plaisir de chroniquer un peu mais
sans transformer mon blog en vitrine virtuelle.

Après le Myspace, un petit cadeau à tous les fans de sites communautaires et à tous ceux qui voudraient donner leurs avis et débattre de la musique et de ces marchés : voici... le groupe Facebook !
Bonne lecture à tous et merci de votre fidélité !

mardi 17 juin 2008

Soirée foot, soirée MØN


Ce soir, une bonne partie de la nation va s'agglutiner devant sont poste pour voir 11 valeureux guerriers en short sauver la France de la dépression et laver l'affront d'une noire finale de 2006. Et oui, une fois n'est pas coutume, viva musica parle de football.
La fin de soirée risque d'être douloureuse pour les spectateurs et les hommes de Domenech.

Que vous soyez devant votre télé ce soir ou non, vers les 22h40 et la fin du match, nous allons tous affronter les cris de joie ou les larmes de nos concitoyens. Rien de tel pour vous saccager une soirée.
Heureusement, la musique est là pour soigner les maux de cœurs et les trop plein d'émotion.
Un petit coup de projecteur sur ce groupe très difficile à taper et à référencer : MØN.



C'est planant, ça vous emporte, c'est velouté, bref c'est idéal les soirs de match.

Ce n'est surtout pas de la musique pour dormir mais simplement du rock progressif varié et fortement instrumental avec des apparitions de cordes du plus bel effet.
Pour vous satisfaire les oreilles, un album auto produit est disponible ainsi qu'un 3 titres annonçant un prochain album. Miam !
Les plus fans pourrons applaudir le groupe le soir de la fête de la musique au Trocadero à Paris, le 24 juin à l'OPA à Paris avec Kokoon et le 27 juin à la Rumeur à Lille avec Neko.
Bonne écoute et allez les bleus !

vendredi 13 juin 2008

L'enfer des Métadonnées, épisode 4, les vieilles marmites contre-attaque


Non, Nadiya n'est pas une vieille marmite..je ne me permettrais pas même si je n'apprécie pas du tout sa musique. Vous savez son "hé c'est partii pour le show" qui fait l'unanimité dans les fêtes foraines et son fameux "comme un Roc" avec un inimitable accent tonique sur le C qui donne des frissons.
C'est pas gentil, je me moque et je ne devrais pas. La raison de ce post avec la miss Nadiya n'a rien à voir avec la jeune chanteuse tout plein d'énergie mais...avec son distributeur qui fait aussi producteur et un peu éditeur car il s'agit de....SONY BMG.

Donc, c'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleurs singles comme le dit le très populaire single.
Ba non, Internet n'est pas arrivée à bout des éditions et rééditions spéciales des déjà très numérisés tubes.
Alors on fait des faux singles, avec 1 ou 3 ou 4 titres, une pochette différente. On fabrique un code barre numérique pour dissocier les singles amies ennemies et amies ennemies et en plus, on garde les codes ISRC. La classe américaine.

Faire un single ayant pour titre le nom du tube, c'est plus qu'honnête sur Internet. La recherche se fait par nom. On ajoute de la visibilité. Pas indispensable puisqu'à la recherche par nom, on tombe sur le titre (à condition d'avoir le no sans faute et complet). On peut justifier la fabrication du single pour que le fan, connaissant le nom de l'artiste trouve son single favori grace à l'EP digital tout frais. Clair non ? Vous kiffer le dernier Nadiya mais vous ne connaissez pas son nom. Vous tapez Nadiya et vous voyez le single Nadiya "amies ennemies" bingo, vous l'avez trouvez.

Le plus drôle, c'est que ces singles sont considérés comme nouveauté alors qu'ils sont extraits de son dernier album sorti en novembre. Et puis, SONY BMG fait les choses en grand, pour animer un peu le back catalog, on utilise la même stratégie pour "et c'est parti !" qui n'est plus tout jeune. Le tout arrive comme "nouveauté" sur la newsletter iTunes. C'est fou qu'on se face encore avoir. Je doute que les grosses ficelles du singles carton soient aussi efficace sur les ventes numériques.

Alors pourquoi non de non, fabriquer deux singles amies ennemies ? Il est où l'intérêt ? Sony BMG souhaite récidiver la home page Sinatra avec du Nadiya ?
Encore une stratégie commerciale solide comme un ROCCCCC !

jeudi 12 juin 2008

Orange lance son offre musicale

Offre musique Max - PC

Avant le très attendu come with music de Nokia, c’est Orange qui lance le 12 juin son premier service d’abonnement illimité façon Neuf Telecom ou Alice. Un fai avec un abonnement rien de bien nouveau non ? Détrompez-vous, Orange frappe fort à 3 niveaux avec son Musique max :
* 1 - Le catalogue, les quatre majors sont représentés ainsi que l’agrégateur Believe et le label Scorpio Music.
* 2 - Les téléchargements peuvent être conservé à vie. Voilà une nouveauté qui va faire mal aux FAI et à MusicMe. Pour 12 euros par mois, l’internaute à accès en illimités (limité à 500 titres par mois) au catalogue.
* 3 - Valable sur PC et mobile ! On en parle depuis des années et enfin, la portabilité est d’actualité.

Par contre, deux nuances sont à apporter :

Cette offre est incompatible avec le matériel Apple (ordinateur baladeur et…téléphone). Une aberration pour le fournisseur exclusif de l’iPhone ? Non, Apple est vu comme un concurrent avec iTunes Store. On attend aussi la riposte d’Apple avec son offre d’abonnement. Le message est clair, Orange, Nokia et Apple sont en concurrence sur…les offres d’abonnements de musique !

Le format de téléchargement AAC 64kb/s ou AAC+ 32kb/s (les formats de la radio numérique aux rendus sons assez impressionnants) sont disponibles pour les mobiles. Pour le PC, c’est du wma 128 ou 192 kb/s. Les débits sont encore faibles.

Toute la synchronisation passe par le player Orange, où l’on peut voir vidéos, actus, podcast…
Autre intérêt, les clients Orange mobile et clients Orange internet pourront, avec un seul abonnement scrober (mettre à jour ses supports) les titres télécharger de l’ordinateur au téléphone et vice et versa.

Cette offre a un double intérêt. Proposer une offre musicale cohérente pour vendre plus de service Orange (abonnement mobile ou offre Internet) et pousse aussi le client Orange à renouveler son téléphone. En effet, seuls 3 smart phones sont compatibles avec cette offre, le Nokia 5610 XpressMusic et les Sony Ericsson W910i ou W580i. Et oui, ni iPhone et ni Samsung pourtant de toutes les opérations Orange !

Une belle opération pour Orange qui aura de précieuses données sur ses clients (nombre de téléchargements, fréquence d’acquisition, nombre de transferts…) Des données bien précieuses pour développer la musique en ligne.
Une inconnue demeure toute fois, la part sur les 12 euros d’abonnement dédié aux producteurs et à terme à l’artiste…A quelques millièmes de centimes par titres on est plus sur un modèle économique façon long tail.

mercredi 11 juin 2008

Lettre ouverte à Catherine Clément et aux auteurs

Catherine Clément a eu des mots très durs envers la pratique du téléchargement ce matin sur France Culture. En s'attaquant à "ces voleurs à l'étalage", Catherine Clément a mis le doigt sur un sujet central, la place de l'auteur et sa rémunération.

Petit rappel :
"Vous me faites l'effet d'un voleur à l'étalage, voilà l'effet que vous me faites. Je ne m'adresse pas à Denis Olivennes. C'est à dire que votre histoire de création de valeur, je comprends très bien ce que vous voulez faire, c'est très mignon, c'est très joli, mais je me fais l'effet, moi, d'être quelqu'un à qui on a piqué quelque chose pour que vous le compreniez. Si vous ne voulez pas le comprendre, il faudra bien qu'on prenne des moyens autres mais comme vous n'avez pas l'air de comprendre que c'est du vol à l'étalage, je vous le dis tout net, vous me piquez de l'argent.
Ce sont mes revenus, c'est comme ça que je gagne ma vie mais vous défendez des gens comme ça. Ce sont mes revenus, c'est comme ça que je gagne ma vie. Qu'est-ce que je fais dans ces cas là ? "


Oui madame Clément, le P2P ne vous fait pas gagner d’argent. Oui, vous avez perdu de l’argent avec Internet. Mais combien, parmi ces pirates, auraient acheté votre œuvre ? Combien de ces pirates l’ont achetée ? Si le préjudice repose sur les droits de diffusion d’un documentaire, en quoi les utilisateurs des P2P sont-ils responsables de la non diffusion de ce documentaire à la télévision ? Malheureusement, ni vous, ni moi, pouvons répondre à ces questions. De même, personne ne peut chiffrer la perte réelle due au téléchargement de vos documentaires et peut être même déjà de vos ouvrages.

Je comprends la colère qu'entraînent ces pratiques, de voir le fruit de son travail s'éparpiller dans la nature sans vous rétribuer une juste rémunération. L'augmentation de votre public et de votre audience par ce principe n'est pas, pour vous, une compensation suffisante et c'est votre droit le plus strict.

On trouvera toujours des exemples contradictoires montrant l’intérêt ou le danger des échanges libres sur Internet.
Le téléchargement n'est pas l'origine du problème mais une conséquence logique à une multitude de facteurs sociologiques, informatiques, techniques et économiques. Internet repose techniquement sur le principe d'échange. C'est d'ailleurs pour cela que le réseau à été développé.
Les années 90 ont vu fleurir les regroupements des entreprises culturelles formant d'énormes groupes et modifiant leurs objectifs; je vous reporte à la saga Vivendi ou comment en regroupant des entreprises bénéficiaires, on a su créer du déficit.
Enfin, notre société de consommation et de médias a trouvé en Internet l'outil idéal pour répondre à ce besoin d'instantanéité. Le téléchargement est l'une de ces réponses.
Les faits sont là et, en tant qu'auteurs, producteurs, distributeurs ou communicants, nous devons faire évoluer impérativement le modèle économique pour être compatibles avec le web plutôt que de lutter contre.
Que votre œuvre soit écrite ou filmée, elle est inscrite actuellement dans un cercle de valeur. Un modèle économique est né autour de ce cercle de valeur. Ce modèle permet à votre producteur d’investir pour vos réalisations.
Malheureusement avec la dématérialisation du bien culturel, le modèle de valeur actuel n’est plus totalement compatible. Il doit évoluer.
Le fait que la nature des produits échangés soit culturelle complique la recherche de modèle fiable et ajoute au débat des notions à caractère politique, artistique et culturel. On touche à l’affect, à l’émotion et à sa culture.
La question n’est plus aujourd’hui sur le fait ou non de télécharger sur P2P de façon illégale. L’objectif n’est pas de rechercher de nouveaux outils performants pour lutter contre cette pratique, l’objectif est d’offrir aux artistes et aux producteurs les outils juridiques, économiques et techniques pour construire un marché et une offre légale de produit culturel sur Internet.
L’objectif est donc de créer de nouveaux modèles économiques viables et permettant la diversité de production. Une fois ces modèles mis en place dans un cadre juridique défini, il sera donc indispensable de mettre en place des modèles de répressions ou de ripostes graduées dignes de ce nom.
Comprenez bien mes propos, je ne milite pas pour un libéralisme sans limites sur le web le temps que les choses se tassent mais pour une réflexion commune et continue sur les outils à développer et inventer pour soutenir l’innovation et les modèles économiques naissants.
Le principal reproche que l’on peut faire à la loi HADOPI c’est justement de proposer une riposte sans améliorer cette économie naissante qu’est Internet. Une répression n’a de sens que si elle est associée à une amélioration et une innovation numérique.
Je ne milite pas contre la loi HACOPI pour protéger le réseau P2P mais pour réclamer une aide significative à la création et l’innovation.

Ainsi, votre travail écrit et audiovisuel sera justement rémunéré et votre producteur pourra continuer à financer vos projets et ceux d’autres artistes selon ses critères éditoriaux qui lui sont propres.


Enfin, l’échange est une réalité et de nombreuses entreprises souhaitent bien bénéficier de ces contenus culturels comme produits d’appel pour leurs services et leurs offres. Le poids des propriétaires de contenu est bien faible face à ces entreprises mais nous nous devons de donner naissance à de nouveaux modèles. Pour cela, nous devons faire l’effort de couper avec le traditionnel modèle économique, non parce que celui-ci n’a plus de valeur mais parce que son paradigme nous empêche de voir le monde numérique sous un œil neuf. C’est sans doute ça le plus dur.


A la radio ce matin....


Sur les matins de France Culture, grande sortie du nouveau monsieur Nouvel Obs face à Versac le bloggeur. D’un côté monsieur Olivennes, parlant en son nom et non sous l’étiquette du Nouvel Obs, a défendu le projet de loi HADOPI. En face, Versac, alias Nicolas Vanbremeersch, a joué le renvoi au centre du débat à savoir : cette loi ne fera pas augmenter les ventes de musique et Internet nous oblige à réinventer de nouveaux modèles économiques.
Ces dialogues de sourd ont fait naître des moment incongru quand monsieur Olivennes demandait à Versac : « Trouvez-moi les 200 millions qui manquent pour financer la production musicale » un peu sur le ton pas si t’es plus fort que moi, fait mieux..
Une question à laquelle j’aurais répondu par un « trouvez moi une mesure favorisant les labels indépendants dans les modifications de condition de ventes de la FNAC ces 3 dernières années ».

Évidemment, entre une solution globale et une optique visant à adapter la chaîne de valeur suivant la musique, c’est en queue de boudin que cela c’est terminé. Toutefois, dans ce marathon matinal, 2 heures d’émission pour une bonne heure de débat, monsieur Olivennes a laisser apparaître quelques brèches.
J’ai fortement apprécié cet argumentaire sur la bonne copie et la mauvaise copie, très proche "du bon et du mauvais chasseur" des Inconnus. Alors, selon monsieur Olivennes, cette loi vise particulièrement les gros « téléchargeurs », (plusieurs milliers de fichiers) plutôt que les bons téléchargeurs (quelques titres) qu’ils s’échangent entre amis, par messagerie, mail ou P2P : « c’est la copie privée ».
De mémoire, la copie privé se fait dans un cadre familial et par principe technique, lorsqu’on télécharge sur P2P, on télécharge un fichier provenant de plusieurs sources pas identifiables et pas forcement familial.
Les méchants P2Pistes (qui téléchargent des milliers de titres mais qui en écoutent pas un dixième - c'est mathématique) feront plus de mal que l’internaute lambda qui s’échange sa discothèque sur Internet avec ses amis, augmentant sa connaissance musicale et réduisant plus ou moins son investissement dans l'achat de musique. Impressionnant de démagogie.

Par contre, j’ai pu regretter certaines réplique du bloggeur Versac. Si j’ai bien apprécié l’ouverture du débat sur « la recherche de nouveaux modèles économiques plutôt que la transcription du modèle existant », les exemples qu’il a donnés étaient pourris. Encore une couche de Radiohead, un vrai exemple pour les artistes en développement et le désormais mythique « Artic Monkey » qui doit son succès autant au buzz web qui l’a fait connaître qu’a la force commerciale de son label et de ses distributeurs physiques et numériques.
La prochaine fois, parlez de Soko, c’est un peu plus en lien avec le sujet car elle n’a pas signé chez un label et n’as de CD distribués.

Catherine Clément marque un pas dans le débat : « En tant qu'auteur, j’ai été volé par Internet , j’ai perdu de l’argent ». Ne sachant pas si elle parlait de ses livres ou de ses documentaires, Versac a tenté la démonstration par l’inverse avec « un auteur qui a mis son livre en téléchargement libre et qui en a vendu beaucoup de livres ». A cela, monsieur Olivennes a renvoyer le bloggeur dans ses 22 avec un « c’est son droit, il l’a choisit » contrairement donc à madame Clément. Hors de jeu de Versac et contournement de ce problème avec la somme de questions suivantes.

Cela dit, accuser le bloggeur Versac de voleur à l'étalage est assez violent et injustifié, en effet, Versac est plus un bloggeur apportant de la réflexion et du débat qu’un militantisme extrême pour le tout gratuit. De plus, il ne porte pas tout seul sur ses petites épaules l'ensemble des pratiques P2P du monde.


Conclusion

Il reste du pain sur la planche. Monsieur Olivennes l'avoue à demi mot, la riposte graduée n'est pas la meilleure solution. Les grands gagnants de l'explosion du P2P restent les fournisseurs d'accès qui eux, profitant de l'attrait du bien culturel n'entre toujours pas dans le cercle de production. Quelques initiatives apparaissent avec des offres d'abonnements chez Nokia et bientôt Orange mais la part consacrée à la production est minime.
Toutefois, faire "peur" à l'internaute par cette forme de répression pédagogique n'est totalement mauvaise. Pour légitimer cette action, il est nécessaire d'apporter des amélioration significative du marché en ligne. Hélas, ce dernier progresse pas bien vite malgré la grandes offres de sites différents. L'arrivée du géant Amazon face au leader iTunes Store en fera plus pour le développement de services web facilitant et favorisant l'achat en ligne que les propositions de la mission Olivennes.
Enfin, s'attaquer à l'accès à Internet est lui aussi difficile à argumenter. Ce dernier n'est pas privatif mais commun aux occupants d'un même foyer. Sachant que je poste ce mail avec la connection wifi de mon voisin, on peut aussi se poser la question de l'efficacité de ce mode de répression.




mardi 3 juin 2008

Enfer des métadonnées - Episode 3, la guerre des home pages

Cliquez sur la photo pour agrandir. Merci à Laure pour la capture de Frank !

Non, le numérique n'a pas de marché pour l'instant. Malgré de jolis sites, il n'y a pas de forces commerciales et de stratégies (critiquables ou pas) comme on peut le voir chez Auchan, Carrefour, dans les centres culturels Leclerc, à la Fnac ou chez votre disquaire préféré. Certes, ce n'est pas le degré 0 du commerce mais on est plus proche du hard-discount que l'épicerie fine côté service client. Oui, l'achat au titre, le téléchargement, tous ça, et fort heureusement, marche bien et même très bien sur le leader du marché iTunes, mais les sites sont agréables, c'est pas Aldi, non, bien au contraire....mais le reste, la sélection des home pages, l'animation commerciale...c'est un peu désolant.

Le mois de mai 2008, aux Etats Unis, ne rend pas hommage aux manifestations anti-Viet-Nam mais à la disparition du grand Frank Sinatra mort le 15 mai 1998.
A la page "vocals", dédié donc aux chanteurs vivants et morts de langue anglaise, iTunes à un peu trop chargé la malle émotionnelle avec pas moins de 12 références en home page (en faisant grâce du Frank Sinatra dans l'onglet Vocal Legends à droite). 11 des 19 covers ont droit au sourire du Frankie national.

Au delà de cafouillage dans l'attribution des home pages, on note un second grand classique des sites marchand. La répétition.
L'onglet New Realeases pioche dans le top 100 les disques incontournables de sa catégorie (car bien vendu). Sur la même page (flèche verte) on trouve donc deux fois l'album Home Before Dark de Neil Diamond (car l'une des versions comprend des bonus). Pertinent non ?

Enfin, pour l'anecdote, malgré la holding du très feu Frank Sinatra, il n'est qu'en 6 ème place derrière les très vivants Michael Bublé, Josh Groban et Norah Jones. Justice est faite, Franky est numéro 1 des albums !