vendredi 3 avril 2009

Quoi de neuf dans le livre #5 ? Analyse

Venir au Salon du Livre de Paris avec la casquette de bloggueur et de professionnel de la musique, c’est un peu comme aller dans le passée ou visiter le salon que la musique a peu ou pas connu.

Un énorme salon populaire avec une forte place à la jeunesse, une démonstration de diversité culturelle, de diversité de contenu avec de très mauvais ouvrages et d’excellent chef-d’œuvre, avec ces énormes machines d’éditeurs (Hachette, La Martinière), ces gros et valeureux indépendants (l’Ecole des Loisirs, Actes Sud, Autrement) et cette multitudes de micro éditeurs TPE, réunit sous le même toit pour défendre le même objet : le livre.

Peu de place au numérique donc, juste un espace, dans le fond à droite, loin du passage où quelques courageux visiteurs venaient se presser au stand Relay.com pour déguster un Smoothie, sur les canapés confortables d’Orange ou dans le lieu de conférence de “la lecture de demain”.

On est bien loin du MIDEM Net et des démonstration de force des nouveaux acteurs du numériques. Donc aller au salon du livre comme représentant du monde de la musique, c’est comme visiter un village avant la guerre, un port avant la tempête. Le point positif reste l’accueil. Nous, représentant de l’au delà, qui avons bravé les crises de distribution, la dévalorisation du support, le téléchargement “pirate” et l’explosion du numérique, nous sommes un peu comme des anciens combattants revenant du front.


Mutation du marché en cours
Sauf que …Le monde du livre attend de pied ferme le livre. Fort de son support (confort, symbole de la culture, objet de collection) le livre a encore de bonnes années devant lui. Pour certains, le numérique ne remplacera jamais le livre. On annonce depuis une décennie la fin du papier et les livres électroniques commencent à peine à pointer le bout de leur pages digitales.

Malgré l’aspect encore anecdotique du livre numérique, cette digitalisation du contenu “écrit” chamboule les esprits. Deux pistes font débats au chœur des allée du Salon :

1 - La place de l’éditeur. Si l’agrégateur est le prestataire qui mets en ligne l’œuvre (le PDF ou .doc de l’auteur) en le rendant compatible aux format des livre électronique, en numérisant ligne par ligne pour permettre son accès par recherche de mots clé, quel est la valeur de l’Editeur ? un agent marketing ? un garant des droits d’auteur pour l’écrivain ? un intermédiaire indispensable pour le sacro-saint livre papier ?

2 - Incontestablement, un pdf est moins bon que son équivalent papier. il est contraignant pour l’utilisateur de créer ce pdf (scanner page par page un livre n’est pas chose facile par rapport à la numérisation d’un CD ou la création du DivX). Donc le livre numérique se confronte très tôt à son utilité. Qu’elle est la valeur ajoutée du livre numérique par rapport au papier, fort d’une noble réputation, symbole de la connaissance, de la culture et du savoir ?

C’est sur dernier point que les acteurs du livre numérique œuvrent. Un livre hypertexte, conçu et écrit pour le numérique, avec musique, ambiance sonore, lien vers site…Des exemples existe déjà, une nouvelle forme d’écriture est en train de naitre alimentant le roman traditionnel d’un nouveau pan, créatif et innovant. Un apport en plus comme la portabilité des caméras avec la nouvelle Vague a transformer le cinéma.
Le rôle d’agrégateur a lui une vraie valeur ajoutée. Mettre au format de l’écran, rendre compatible sur les différents supports, ajouter de l’interactivité. Bref, une vraie mission de service ajouté qui risque fort de modifier le rôle historique de l’éditeur comme on a ppu le voir avec MobiLire et AVE! Comics.

Un autre point, non négligeable, repose sur l’adaptation ou non de la loi Lang au numérique et le taux de TVA à 19,6% appliqué au livre numérique (contre 5,5% pour le livre).
Une TVA différente pour un même contenu. Un prix variable et plus faible pour du numérique par rapport au livre et surtout la fin du prix unique sur le digital. Voilà de quoi cristalliser les débats entre chaque échelon de la filière ou comment innover avec le numérique tout en respectant l’ensemble de la chaine traditionnelle et vivrière du livre. Un casse tête que la musique n’a pas connu (du moins à cette échelle).

Le marché du livre


Légèrement en baisse, le nombre de lecteur reste stable d’année en année. le prix unique du livre permet d’avoir un excellent réseau de distribution indépendant via les librairies. Un véritable poumon pour l’édition et surtout les les éditeurs indépendants mais un écosystème fragile.
L’inquiétude repose sur la diminution de gros lecteurs, moteur du marché de l’édition. L’arrivée du numérique risque de provoquer une grosse crise économique dans le secteur non pas par l’apparition de livre “piratés” en masse comme pour la musique mais par un déséquilibre du marché dû entre autre à la baisse des gros lecteurs et le transfert vers le numérique d’une partie des productions. Par exemple, l’édition des œuvres universitaires sont de plus en plus délaissées au profit du net. L’édition d’ouvrage universitaire, déjà économiquement faible s’en trouve affecté.
L’arbre fragile de l’édition risque de s’effondrer si d’autres genres ou d’autres lecteurs délaissent le papier pour une consultation en ligne non ou pas rémunératrice. L’adoption de l’ouvrage numérique serait une manière de réduire ce gap.

Step by step
Jamais on a autant lu pourtant avec Internet. Et jamais l’information a été aussi importante dans le quotidien de nos contemporains. La forte présence d’organes de presse à se salon, témoigne la recherche d’un second souffle vers une ouverture à l’édition ou via les nouveaux services numérique. L’industrie du papier entame donc lentement sa révolution, conscient de ses atouts et de ses faiblesses par rapport au livre, avec les yeux tournés vers le secteur de la musique, au chœur de la mutation numérique.
Si le marché et l’écosystème du livre est très différents de la musique, il n’en demeure pas moins que de nombreuses problématiques sont partagés par ces deux secteurs.

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