jeudi 4 juin 2009

Beezik, fantastik ?


Beezik est un projet ambitieux qui offre en téléchargement des titres contre publicité qui n’est pas sans rappeler Airtist.

Techniquement c’est simple, vous vous inscrivez et vous téléchargez : un clic, une vidéo de 10/15 secondes vous fait patienter pendant le téléchargement.
Et pourtant, Beezik marque des points face à la concurrence Ce n’est pas du côté « artistique » ou « musical » que se démarque Beezik mais la gestion de la pub. En effet, le site regorge d’astuces pour gagner plus avec la pub. Décryptage.Les points bonus
Le plus Beezik c’est d’abord des points qu’on accumule à chaque téléchargement. 30 points qui correspondent à 3 euros de réduction sur une palette de sites. Contrairement aux cartes de fidélité , pas besoin d’attendre x mois ou x montant pour le dépenser : en un clic on transforme ses points en bon de réduction.
Cette histoire de points permet de monter des partenariats avec des annonceurs et des sites de ventes en ligne. Chaque bon de réduction se traduit par une rentrée d’argent pour Beezik. Ce sont les achats sur les sites en ligne qui payent (une partie) de la musique.
Une idée en or. Donner de l’argent qui n’existe pas mais qui vous rapporte quand il est dépensé.

Pub Vidéo, valorisée au max
Deuxième ingéniosité, la pub vidéo. Elle est courte, dure le temps du téléchargement et est très bien valorisée par Beezik. On a 6 secondes pour cliquer sur un chrono en fin de vidéo. pour valider le téléchargement. Ainsi on valorise l’annonceur, le message a bien été vu.
Enfin, on choisit parmi 4 spots sa pub. Une pub choisit c’est aussi une pub vendue plus chère et une annonce « moins intrusive » pour l’internaute. Allociné est en négociation avec le site pour diffuser des Bandes annonces avant téléchargement. Bref, de belles perspectives pour ce secteurs de la publicité en ligne qui subit moins la crise.
Captif, efficace, valorisant, Beezik séduit déjà les agence de pub et les régies, avant même sa sortie. L’essai sera-t-il transformé ?

Le contenu
J’ai eu la chance de tester en ligne le service. L’interface est lisible, un peu de recommandation organise la home page avec une explication du service. Les coups de cœurs du site peuvent être “streamés” en intégral, bref, difficile de trouver des choses à redire à ce site.
À si, peut être, le contenu. Les ayant-droits sont payer mais impossible de connaître les conditions, les taux… C’est là que va se jouer une partie de la survie du site.
Côté offre, The Orchard, Naïve, Universal et EMI sont déjà là. Sony BMG est en négociation ainsi que label Because. La qualité est mise en avant avec des fichiers WMA à 192kb/s. Un petit catalogue qui ne demande qu’à grossir.
Pour compliquer les choses, les titres téléchargés sur les majors sont livrés avec… des DRM !
Pour les indés et les autoprods, là aussi, tout est possible. Le services est aussi disponible aux mêmes conditions (dit-on) que les majors. A suivre. Les ayant-droits sont payer, à voir si les relations SACEM / Beezik seront lisibles et efficaces.

Beezik réussit (sur le papier) là où les autres services financés par la pub ont échoué. Reste une inconnue : malgré une première levée de fond, combien faut il de téléchargement et d’utilisateurs à Beezik pour être viable ? Beezik ambitionne un million d’utilisateurs pour juin 2010. Un pari pas si irréalisable.
À son utilisation, Beezik est assez fascinant. Simple, ludique et gratuit pour l’utilisateur.
L’objectif de Beezik est simple, tailler des parts de marché au téléchargement illégale . L’équipe a fait le test : c’est plus simple et plus rapide de télécharger sur Beezik que sur Limewire.
On peut y voir un coup violent à la valeur de la musique ou une opportunité de rendre la musique légale sur Internet. C’est selon.
Quoi qu’il en soit, Beezik fera naître une polémique grossissant avec sa taille ou disparaîtra, c’est le prix de sa réussite.


11 commentaires:

Sylvain a dit…

Encore quelque chose qui a été pensé plus autour d'un business model que sur les usages. Je n'arrive pas à comprendre comment on peut être enthousiaste et oublier complètement ce point, qui est pourtant à l'origine de tous les succès d'Apple par exemple (mais aussi celui du P2P ou des Rapidshare & co)

Pour les artistes, ça va dans la continuité du cadeau Bonux, cette fois-ci lié à l'achat d'autres produits en ligne. Sur les conditions de rémunération, je me permets de douter sur la différence major-indé. Je pense qu'au moins dans les avances/délais, il y a de (substantielles) différences.

Pour le site, se rémunérer par une forme de cashback offre effectivement plus de débouchés que la publicité locale de Montpellier mais il existe des solutions bien plus simples (plug-in Firefox) et bien plus rémunératrices.

En tant qu'annonceur 50 centimes d'euros pour une publicité sur le Net, c'est très cher, surtout quand l'utilisateur qui voit ladite publicité n'attend qu'une seule chose... qu'elle se termine.

Après en tant qu'utilisateur, je ne me taperai pas 15 secondes (au début, ça se rallongera sûrement avec le temps) pour chaque titre (un titre ça va, mais une dizaine...) que je voudrais télécharger dans un format que je ne pourrai lire avec aucun appareil (ordi, chaîne, téléphone, baladeur) chez moi. Spotify fait déjà mieux, sans autant de gênes publicitaires.

Mais je testerai pour voir l'expérience utilisateur quand même (pour ne pas être trop soupe au lait :D)

Frédéric Neff a dit…

J'ai été surpris d'apprendre que Anïsou Ceronne soutenaient ce projet(et ils vont le faire avec des vidéos et de publication)
LA finalité d'un artiste, ce n'est pas de vendre (ça ces la finalité du distributeur) c'est d'être écouté. Donc l'argument du cadeau bonux me semble déplacé car dans le cas de Beezik, la pub paye le titre, c'est dit, c'est le deal, c'est le principe.
Sur le points des versements aux ayants droits, les dirigeant on été très (trop) vague. J'attend aussi de voir "les conditions similaires Majors/indé"
Je pense que l'annonceur préfère une pub où il a été choisit plutôt que le bandeau qui prend la moitié de la page quand tu passe la souris devant (comme les pub peugeot sur le site de l'équipe ou de rugbyrama). La démarche je mate je download est plus valorisante que la bannière changeant de taille qui te casse les ... C'est du moins ce que disent les régies de pubs.. Sur ce point, je répète et attend de voir.
Ôte moi d'un doute, à part via 7 digital, Spotify fait du téléchargement ? En parlant d'intrusif, quand j'aurais une pub pour Olivia Ruiz (au lieu d'un groupe de rap bourinus) quand j'écouterais les Tetes Raides sur Spotify, là la pub sera efficace

Télécharger un album sur Beezik c'est ultra relou (12 pub de 15s) mais comme 63% des ventes des MP3 c'est un single...
Imagine, t'es ado, tu peux charger ton MP3 avec plein de trucs tout en ayant des bon de réduc pour t'acheter ta console, tes jeux et tes crampons de rugby ! C'est génial... Après si t'es un passionné et mélomane, c'est sûr, Beezik c'est loin d'être idéal.
Beezik n'est pas parti des usages mais d'une optimisation de la pub pour un écoulement de fichiers destiné à un public qui s'en fout un peu de la musique ou putôt qui consomme la musique comme on consomme des fringues (par effet de monde, par coup de coeur, par identification par réflexe).
C'est sur ce point que Beezik peut (à mon humble avis) être une réussite....commerciale.

Frédéric Neff a dit…

content de retrouver tes commentaires Sylvain !!

Sylvain a dit…

Ton argument de l'écoute ne tiendra que jusqu'à temps qu'on voit que le site est construit comme les autres, avec des charts et les mêmes artistes mis en avant. Un artiste a plus des chances d'être écouté sur son MySpace ou site perso, même sans maitriser les subtilités de la SEO que perdu dans un catalogue publicitaire. Un artiste a dans l'ordre besoin d'être écouté, et aimé avant de vendre, là je suis d'accord.

Spotify est un site d'écoute, et il permet donc ce que permet Beezik sans les nuisances associées (plus de catalogue, écoute sur tous les équipements, une pub toutes les 20', là où Beezik te demande d'être collé à ton écran pour regarder la pub et cliquer sur le lien pour écouter ta zik... après l'avoir télécharger). Donc tout cela ne fait pas pour moi un site découte. Ne compte pas ensuite sur moi pour dire que la partie publicitaire de Spotify est adaptée (mais ne te plains pas déjà d'avoir de la pub pour de la musique plutôt que pour un salon de massage), je ne l'ai guère utilisé dans un mode gratuit plus d'1h...

Comparativement à Deezer/Jiwa ou Airtist, c'est clair que la publicité pourra être vendue plus chère... mais elle amène aussi encore plus de contrainte côté utilisateur, donc au final, moins d'utilisateurs.

La plupart de ces sites partent encore une fois du postulat que la gratuité est la seule chose qui fait le succès du piratage. Eh bien non. J'suis ado, je vais pas me taper 15s de pub si je peux l'avoir en 2ème réponse en Google en téléchargement sans pub (ou moins contraignante... puisque c'est déjà ce que sont les sites de download massifs). J'suis p'tet plus vieux que toi, mais je comprends mieux les usages des ados :) Et puis l'ado il a un iPod ou un iPhone sur lequel le WMA ne jouera pas... Faut-il lui imposer en plus une phase de transcodage ???

Tant que l'industrie pensera révolutionner la musique sur Internet par la façon dont elle finance sa distribution, elle ne révolutionnera rien du tout.

Frédéric Neff a dit…

Beezik est un site de téléchargement, pas un site d'écoute. Donc oui, c'est plus simple d'écouter sur un site d'écoute que sur un site de téléchargement.
Beezik est nettement plus simple et efficace que Airtist. Tu choisis parmis 4 vidéo, tu mate en plein écran pendant le téléchargement, tu clic sur ton écran et tu as ton fichiers tout neuf dans ton ordinateur.
La concurrence avec le P2P est réelle. C'est légale, gratuit et "t'accumule des bons d'achats". LE coté gagnant/gagnant, c'est pas un plus face à l'opportunisme du P2P ? Je sais pas. A voir selon les usages. Ca reste la grande interrogation.
Idem pour les DRM qui vont être un freins et va être la réputation du site pendant longtemps (ils négocient déjà pour les faire disparaitre)
A tester et on en reparle (toi qui connait les ados, tu devrais savoir qu'ils kiffent la pub (surtout la dernière de nike ou sony et qu'ils détestent les verrous )
le vieux cons soupe au lait ^^

Bidibule a dit…

J’aimerai déjà dire que le modèle « Airtist » était lui aussi très simple et efficace … Lorsqu’il y avait des annonceurs. D’ailleurs sur le blog des intéressés, la vérité sort de la bouche des enfants :
http://www.airtist.com/Blog/beezik-la-verite-sort-toujours-de-la-bouche-des-enfants/

Soyons clair le modèle beezic est au modèle d’ Airtist , ce que le modèle de Spidart et à celui de mymajorcompany.

La véritable évolution est clairement dans la valorisation multi niveau de cet espace publicitaire. Reste deux énormes inconnues : y’aura t il suffisamment d’annonceurs et ce même en cas de fort succès de l’offre ? ( C’est déjà pas gagné !) et les conditions de rémunérations des ayants droits suivront elle cette revalorisation ? Je trouve particulièrement inquiétant qu’aucune communication ne soit faite à ce niveau…

Frédéric Neff a dit…

@ Bidibule S&cré Airtist, quel force d'argumentation !
Beezik a un catalogue plus large qu'Airtist chose qui lui coute cher. publicitaire + cashback, est-ce suffisant pour payer la note ?
On change les règles en cours comme Airtist (pas de download sur certains titre) ou on donne de moins en moins les ayant-droits. A voir. Beezik est très frlleux et peu précis sur ses conditions contractuelle avec les ayant-droit. Celà dit, personne ne crie sur les toit ses conditions avec Universal. Don't act.
Si la masse critique est atteinte, le pari peut être jouable.
Reste à savoir si la masse de pub vidéo pour ce genre de service sera suffisant pour 2 acteurs.
La réponse est non. Est-elle suffisant pour 1 ? A voir...
Pour revenir à ta comparaison, Beezik est plutôt MMC et Airtist Spidart (tant en terme de moyen, d'expérience et d'ambition).
Pour revenir à mon article et ce que disait Sylvain, est-ce que le consommateur va suivre . Selon Sylvain, non car le P2P reste plus "compétitif", selon mon expérience de distrib et vent, oui, il y a un créneau pour ce genre de service gratuit sur un public pas forcément jeune. Reste à trouver la formule pour leur parler, les comprendre et bien expliquer ce concept.

Sylvain a dit…

Sur un public non jeune et non riche alors :) Parce que moi "qui ai les moyens d'acheter de la musique à 1 Euro" (sic) déjà par exemple, je préfère acheter un titre que j'ai en vinyle, plutôt que de l'encoder, alors que j'ai 2 platines vinyles chez moi... vraiment question de "convenience". Encore une fois, avoir un catalogue à moitié en DRM à moitié sans ce n'est pas l'idéal (même si c'est vrai l'exemple Starzik montre un peu le contraire). Je me fais effectivement du souci pour Airtist au niveau économique. Mais pour moi le business de Beezik ne me semble pas plus viable que celui des autres sites de distribution de musique. D'ailleurs, j'attends vivement qu'il y ait une enquête sur ceux qui sont à vendre (ils sont nombreux à ce que j'en entends, mais je ne peux pas moi-même le dire, étant donné ma position :p)

Frédéric Neff a dit…

Vinyl, platine, tu parles de trucs d'amateurs de musique toi :-)
Soit Beezik transforme et ouvre une brèche, celle de l'entertainment financé par la pub qui marche parce qu'il est simple. C'est pas impossible, soit Beezik se plante et donc mets fin au trip "musique gratuite" légale.
Dans les deux cas, on a un avant et un après. Une confirmation d'une illusion (le contenu gratuit) ou un équilibre rentable.

Anonyme a dit…

Alors là, je ne comprends pas la logique de vos positions. Je veins de poste un message a propos de votre débat sur Musiclassics Vs Qobuz par ailleurs. Mais s'agissant de Beezik, quelle saloperie tant musicalement que sur le plan presque moral ! Faut manger de la pub pour avori de la musique gratuite. Mais EN PLUS c'est FARCI de DRM qui semblent par dessus le marché limités dans le temps. Lidée est vulgaire mais un produit vulgaire peut marcher :) on a l'habitude. mais du point de vue de l'usage vosu pensez sérieusement UNE SECONDE qu'il y a le moindre avantage à se servir de beezik a partir du moment ou s'est bourré de DRM ??, NON ! A ce compte, je vais... oups je ne le dis pas , pas question qu'on le coupe l'Internet !

Frédéric Neff a dit…

@ Jean-Claude
Quand j'ai écris ces ligne, eje sortais d'une résentation du site par ses créateurs qui m'avais bien enfumé sur les DRM "seulement disponible sur les titres majors". chose que je n'ai pu vérifier car sous mac (mais selon les CGU, c'est DRm et niet. Une non surprise en fait à en croire aussi les posistions de Nokia et son offre et ses choix de verrous pas aussi mort qu'on le crois.
Qu'on ne s'y trompe pas. Beezik comme Airtist est un service peut compatible avec l'amateur de musique. Ca tombe bien, ils ne s'adressent pas à eu mais au ventre mou des auditeur de musique qui remplissent leurs baladeurs comme leurs oreilles suivant les conseils avisé de leur entourage sans trop porter d'attention à ce qu'il écoute.
C'est une réalité du marché en ce sens, je trouve très pertinent l'utilisation et les monétisation de la pub de Beezik. Après coté, musique, c'est loin d'être joyeux.
Les DRM risquent d'être fatal à Beezik. D'un autre coté, la musique à besoins de genre d'aventure pour progresser sur la toile.
Affaire à suivre donc....