mardi 30 juin 2009

La face B de Zimbalam

Zimbalam. Si vous ne connaissez pas encore ce service ce que soit vous ne lisez pas de blogs dédiés à la musique, soit vous ne regardez pas les pubs sur mysapce, soit vous êtes encore affecté par la mort de MJ.
Car depuis plus d’une semaine, Zimbalam a réussi son entré sur le web.
Zimbalam, c’est le bras armé indépendant de Believe. Un bien beau projet en fait comme le décris non sans enthousiasme Philippe Dupuy sur son blog.

Pour ma part, je serais un zeste moins enthousiasme. Faire payer l’accès à une distribution en ligne est quelque chose qui ne me choque pas. C’est un retour au métier d’agrégateur pour Believe. On coupe la poire en deux, une simple agrégation avec la qualité des reportings Believe pour un prix à l’album (29,99€) ou au single(19,99€) ou une distribution digitale via Believe Digital.
Deux inconnus à ce tableau. Quels vont être les critères de la distribution de Believe pour ceux qui n’utiliseront pas Zimbalam ? Quel va être la valeur ajoutée de Believe face à Zimbalam pour ceux qui reste à Believe (à part de ne pas payer par titre ce qui est plaisant quand on a une vingtaine de référence) . A 29,99€ l'album, il serait tentant de faire passer des références peut génératrices de Chiffres d'affaires de Believe à Zimbalam. Et oui, un titre téléchargé une fois est rentable, un titre jamais téléchargé coûte de l'argent.

Autre point critiquable, les 90% pour l’artiste. Quand on enlève les 8% marge magasin, les frais bancaires de micro payement et la TVA à 19,6%, on est sur un 0,70€ le titre pour un achat en euro. On retire les 10% pour Zimbalam. L’utilisateur du service touche donc 63% ce qui n’est quand même pas mal mais qui est loin d’un quelconque 90%.
Que Zimbalam prennent 10% là aussi, je trouve ça cohérent. Un peu élevé mais ma foi, pourquoi pas. Ca prend en compte les frais de gestion à condition bien sûr que le versement trimestriel se face et ce, quelque soit le montant.
Ce qui me perturbe dans ce deal, c’est la rentabilité d’une telle opération pour un artiste.
L’avantage de Zimbalam c’est qu’on paye qu’une fois pour toucher 63% du prix total. Or, pour rentrer juste dans les frais il vaut vendre 32 fois son single à 0,99€ pour rentrer dans ses frais et vendre 5 albums à 9 ,99€ pour rentrer dans ses frais....Pour rentrée. Car comme l'indique les CGU, il faut aussi payer cette somme pour le quitter. 64 titres téléchargés pour un single et 10 albums vendus pour rentabiliser ce service en comptant les frais de désinscription.
C’est peu certes mais c’est énorme à l’échelle d’un indépendant et un autoprod . Obtenir ses chiffres en digital sur la simple effet long tail, c’est quasiment impossible.
Voilà la face B de Zimbalam, vous payez 19,99€ pour un single et 29,99€ pour être distribuer. En contre partie, c’est à vous de vous battre pour vendre vos création un minimum pour juste rentrer dans vos frais.
Voilà, vous avez franchi le pas, bienvenue dans le monde du web où l’on dépense beaucoup d’énergie pour très peu de vente

16 commentaires:

Sincever a dit…

Personnellement, au début de la distribution numérique, François Ville m'a rappelé qu'il est fort possible que j'ai contribué à faire supprimer certains frais d'inscription que demandaient les agrégateurs.

Voilà que ça revient...

Frédéric Neff a dit…

c'est pas surprenant, de plus en plus de gens se sente artiste, on ne peut pas prendre tout le monde et n'importe quelle daube.
faudra suivre comment les sites vont gérer à termes ce coût en hébergement et bande passante de titre pas ou peu consommer. vu leurs marge, je doute qu'il garde tout à terme.

Philippe DUPUIS aka WEBENTERTAINER a dit…

Effectivement Fred, tu marques bien la distinction entre distributeur digital (BELIEVE) et agrégateur (ZIMBALAM). Ce qui fait la différence c'est l'investissement humain qui sert de lien entre le distributeur et la plateforme de téléchargement. Un coup de téléphone pour pousser de vive voix un projet auprès d'un interlocuteur privilégié fera toujours la différence.
En ce qui concerne les critères de distribution sur BELIEVE, ça ne change rien car BELIEVE DIGITAL ne distribuait pas tous les projets sans distinction. Mieux vaut être une priorité sur ZIMBALAM qu'un projet de 3ème plan sur BELIEVE DIGITAL.
Et pour la commission de ZIMBALAM, le calcul n'est pas si simple : 0,99 TTC - TVA 19,6% (19,6% du prix HT = 0,16 €) - SDRM (8% du prix HT = 0,07)= 0,76 € HT. C'est cette somme qui sert de base de calcul, il faut alors déduire la marge de la plateforme de téléchargement qui intègre toutes ses charges(entre 0,08 € et 0,15 € en général). Et le solde (donc a priori entre 0,68 et 0,61 € HT) sera reversé à ZIMBALAM qui prendra une commission de 10% avant de reverser le solde aux ayants droits. Au final, il restera un peu moins de 0,60 € HT ce qui est effectivement loin des 90% affichés en gros. C'est une baseline marketing...
Quoi qu'il en soit, ces conditions sont plutôt avantageuses par rapport à bien d'autres contrats.
Et ça permet de recouper assez facilement les frais de service : si un artiste est incapable de vendre une trentaine de singles ou 5 albums, a-t-il eu raison de produire ses titres ???
En tout cas, bien que ZIMBALAM permette à quiconque d'accéder aux plateformes de téléchargement légal, sans aucun critère subjectif de sélection, il ne faut pas y trouver l'origine de mon enthousiasme.
Ce que je trouve bien c'est que BELIEVE ait créé un business model (en s'inspirant de TUNECORE) lui permettant d'exploiter au mieux la long tail : 10.000 albums ZIMBALAM, ça fait près de 300.000 euros de frais d'entrée + le CA généré par les ventes. Alors si, comme ils l'annoncent, ils atteignent 100.000 artistes...Ils auront très vite amorti l'investissement réalisé, sans pour autant négliger leur premier business, ni concurrencer leurs projets les plus ambitieux.
En fait ZIMBALAM c'est l'escalier, ZIMBALAM et le service promo c'est l'escalator, et BELIEVE c'est l'ascenseur.

Bidibule a dit…

Très belle analyse à laquelle j’aimerai apporter ma contribution si le maître des lieux m’y autorise.




« Quel va être la valeur ajoutée de Believe face à Zimbalam pour ceux qui restent à Believe»
Je crois que la première question que pose le lancement de Zimbalam, c’est en effet celle là. A savoir que si Believe propose de l’agrégation avec un pourcentage de reversement à 90% via Zimbalam , il va falloir qu’ils assurent de la distribution 1ere classe ( et non plus de la simple agrégation ) pour justifier des reversements plus faibles sur l’ensemble du catalogue restant sous le drapeau Believe ou devenir moins gourmands. A défaut de quoi, la grogne montera rapidement …. Et on a pu voir que les indés/autoprods sont devenus « chauds bouillants » ces derniers mois sur ce genre de point.


Il faut aussi ajouté au 29€90/album de départ qu’il faut également débourser à nouveau 29€90 pour quitter Zimbalam.

Frédéric Neff a dit…

@ Philippe
Zimbalam est une bonne affaire pour Believe c'est sur.
"si un artiste est incapable de vendre une trentaine de singles ou 5 albums, a-t-il eu raison de produire ses titres ???" ils sont nombreux à ne pas atteindre le niveau
Comme je disait plus haut à Sincever, arrivé un moment, les sites vont en avoir marre de stocker des trucs pas top qui ne se vendent pas. A voir donc dans le futur.
Choisir Zimbalam, c'et opter pour une vraie stratégie digital. beaucoup d'artistes pensent que le digital va générer des revenus équivalent à une vente de produit physique. Et ce n'est pas du tout la réalité.

Sylvain a dit…

Zimbalam, c'est un moyen de faire rentrer du cash rapidement ... non seulement les frais d'inscription mais la thésaurisation des ventes potentielles... ce qui fait des chiffres encore bien plus élevés

Sincever a dit…

@ Philippe
"si un artiste est incapable de vendre une trentaine de singles ou 5 albums, a-t-il eu raison de produire ses titres ???"

Beaucoup d'artistes ne font que rendre leur musique disponible sur les plates-formes et ils s'arrêtent là... Ce n'est pas forcément que leur musique est nulle mais simplement qu'ils n'ont pas trouvé et rejoint leur public. Même certains qui s'essayent à faire de la promo ont du mal à atteindre ces chiffres... C'est malheureux mais c'est ainsi.

@bidibule
"Il faut aussi ajouté au 29€90/album de départ qu’il faut également débourser à nouveau 29€90 pour quitter Zimbalam."

Une action = du temps à passer = un coût = business model

@Frédéric
"Les sites vont en avoir marre de stocker des trucs pas top qui ne se vendent pas. A voir donc dans le futur."

Je ne suis pas sure de cela. Les coûts en hébergement à présent permettent d'accueillir tellement de monde que peu importe la qualité, il y a de la place !

Hugo a dit…

Les 90% se répartissent à partir du prix HT-publishing, comme un PPD classique. Believe doit ensuite assumer les frais variables et les frais de fonctionnement. Ca marche comme ça dans la distribution digitale classique, est-ce un process qui est modifiable?

Et donner 90% de ce prix c'est accepter de ne faire presque aucune marge sur la distri des indés. La marge sera peut-être faite sur des outils de promotion mis à disposition de l'artiste?

Et dans le cas ou Believe prennent leur marge avant de reverser aux artiste, je ne vois pas comment les 90% peuvent être assuré, on ne peut pas avoir 2 marges fixes en fonction des coûts variables (payement fees).

Frédéric Neff a dit…

@ Hugo
Je ne comprends pas ce qui te chagrine. Believe (ou plutôt) Zimbalam prend ses 10% sur chaque revenu généré par une vente ou un stream.
Avoir un ticket d'entré et prendre 10% de marge c'est un choix, qui se justifie clairement (long tail profitable pour Believe, constitution d'une rente avec le catalogue indé/autoprod mais ce n'est pas une obligation.
Ne prendre que 10% pour un simple travail d'agrégation, c'est à la fois honnête et suffisant pour une agrégation. Plus il y a de release, plus du a du cash qui rentre avec ce système. Tu touche 3 fois, à l'adhésion, sur les ventes et à la sortie du contrat. Believe s'est fait une machine à $$ très malines. reste à savoir comment Believe va justifier une marge plus importante sans "valeur ajouté" à ses artistes et labels en distrib Believe. Quid des secteurs de niche générateur de petit CA constant ? Passer de force chez Zimbalam ? Ne pas en avoir pour son argent avec Believe ? Tant que les services Zimbalam / Believe ne seront pas clairement établi, on nagera en plein doute dans cette histoire.

Hugo Amsellem a dit…

C'est juste que si Believe donne 90% du CAHT-© à l'artiste, il lui reste 10% de marge avec des coûts derrière.

Je trouvais ça justement un peu juste, mais effectivement très intéressant pour l'artiste. Le modèle est en effet justifié par les coûts à l'entrée et à la sortie, et sûrement aussi par des process méga industrialisés pour Zimbalam.

Bidibule a dit…

@Philippe "si un artiste est incapable de vendre une trentaine de singles ou 5 albums, a-t-il eu raison de produire ses titres ? »

Et si un bloggeur ne génère pas plus de 5 commentaires à son post , a-t-il eu raison de poster son article ?
C'est un peu limite comme raisonnement non ? ;)

Anonyme a dit…

très ambiance "sup de co" ici !
ça me rappelle les maisons de disques des années 80 !
On a vu ce que ça a donné... faites gaffe les gars !

Anonyme a dit…

Voir aussi cette thread intéressante :
http://fr.audiofanzine.com/mao/forums/t.365337,p.3,zimbalam-permettre-a-tous-de-vendre-sur-itunes-et-autres.html

Frédéric Neff a dit…

@ anonyme/ Merci pour le lien, en effet, il y a quelques soucis de compatibilité entre les CGU Français et UK. Par contre, Zimbalam a été crée avec une finalité internationale. A voir si les CGU sont différente pour être compatible avec le Droit internationale. Quand au Taxe, elles sont déduite à la base avec la marge du site et les frais bancaires.

Anonyme a dit…

Merci Frédéric pour ces précisions. En effet j'ai vu ici que les 30% pris par les stores correspondent à la TVA + marge (8%) et frais bancaires (2%). J'avais un doute car sur Amazon Create Space ils semblaient vouloir parler de 30% de taxes supplémentaires (perçues par les impôts US) en plus des 30% retirés initialement, si on ne remplit pas le formulaire adéquat (accord entre US et France).
Reste les CGU qui selon moi doivent être corrigées.

Anonyme a dit…

Je crois avoir compris, il y a en fait les CGD (Distribution de la musique), correspondant au contenu du cadre lors de l'inscription (et acceptées via la seconde case à cocher), et les CGU (Utilisation du site), accessibles via le lien Termes et Conditions (3ème case à cocher, et bas de la page).
Les CGD sont bien les mêmes sur le sites .fr (français) et .com (anglais), mais diffèrent des CGU puisque ces dernières ne concernent que l'utilisation du site.
Dans la page d'inscription sur le site français, la référence aux conditions d'utilisation anglaises (présentées comme la source légale) dans le cadre CGD français m'a fait cliquer sur le lien Termes&Conditions, qui n'est pas la même chose (CGU). La présentation des informations a donc conduit à mon erreur.