vendredi 24 juillet 2009

Musique (un peu) financée par les marques : épisode #1 tour d'horizon



« les marques » dans la musique, ce n’est pas nouveau. En Asie, être « brandé » par Pepsi et faire des spots « comique » pour le soda ou autre annonceur est monnaie courante. Idem au Etats-Unis ou l’association d’une Star avec des marques n’est pas choquant. MJ et Pepsi, U2 et Apple, Pink et HP

En France, Coca-Cola avait franchit un cap il y a 3 ans avec des 4 par 3 montrant Olivia Ruiz et la fameuse boisson. Une étape était franchie mais l'initiative reste exceptionnelle. On a du mal a associer un artiste à une marque comme on le fait sans souci avec les acteurs et surtout les sportifs.

Jusqu'à présent, les artistes étaient « sponsorisés » par des marques qu’ils portent ou utilisent. Vêtements, chaussures ou de guitares, « obligeant » les artistes à porter les dits vêtements ou à faire des démos lors des salons. Un sponsoring logique en lien avec la pratique de l’artiste et sa visibilité sans trop intervenir sur le contenu artistique.

L’étape suivante arrive donc logiquement.

Dove
s’attaque au public pré pubère et jeune adulte avec un spot aussi coloré et teenagers que les concurrents. On passe commande pour un titre « à la carte ».
Un clip façon 80’s, des chorégraphies dans tous les sens, Une Yelle qui parodie une parodie de parodie et des costumes à faire regretter la non production d’un FAME 3. En bonus, un concours de Lip dub passé inaperçu.
Simone elle est bonne va plus loin avec sa chanson sur « my garden party » et les rasoirs Wilkinson. Une association marque/ artiste assez réussie avec bien évidemment, un clip incontournable et surtout, c’est la nouveauté, une création de contenu explicite pour la marque : un titre complet avec un gros effort sur la prod et le clip.
Ces deux artistes ont pu produire un titre de façon pro, avec un clip bien léché et un salaire qui va avec tout en valorisant leurs images en augmentant leurs diffusions. C’est plutôt positif (plus pour Simone que pur Yelle dans ces exemples).
D’un point de vue artistique, les deux titres restent cohérents avec la ligne artistique des deux chanteuses. De la parodie, de l’humour. Bref, on paye la blague pour donner une bonne image. Ces projets répondent à un besoin de ces deux artistes de faire des « coups ».
Toutefois, le bilan de ces opérations n’est guère rassurant. Si deux marques de cosmétiques investissent dans la musique, c’est un bon point non négligeable. Par contre, si l'investissement des marques se résume à ce genre de projet, on peut vraiment se questionner sur l’avenir des sponsors dans la musique .
Un argent « sale » mal vu par le « milieu artistique », un mode payement pour avoir un tube + artiste + image de l’artiste à la carte pour les annonceurs.
De plus, la recette n’est pas garantit. Si Wilkinson a marqué des points avec Simone sans passage tv, Dove a plus ramé malgré des spot sur la TNT (et donc un budget plus gros). La recette ne marche pas à tous les coups.

Mais pour du développement, du travail de fond, comment faire ?

Ray Ban a développer un concours qui propose un tremplin (sous forme de bourse) à un groupe rock / electro français. C'est le Ray Ban Rock Battle réalisé en partenariat avec les Inrocks.
Un bon système. C’est un jury de « pro » et non le public qui fait le choix. La marque se positionne en « découvreur » de talent. La marque comme starter, le coup de pouce qui fait du bien au développement et qu’on cite à tout va dans la carrière de l’artiste. Un deal gagnant gagant si le concours proposé par la marque est de qualité.


Zadig et Voltaire, marque de fringues de bon standing, a créé son label. II signe avec Warner Music un contrat 360. il sera intéressant de suivre ce genre de production et de développement sur le long terme. Fort à parier que Zadig & Voltaire ouvre une brèche durable pour le financement de la production. Reste à voir les limites des projets.

La liste n’est pas exhaustive. Il existe d’autres solutions plus ou moins efficaces et pertinentes.
La route est encore longue avant de voir Rolex, Nike, Renault, et AG-2R financer respectivement Anne Gastinel, I Am , Bidibule ou Frank Mickael. Et si ce jour arrive, comment Rolex, Nike, Renault et AG2R vont pouvoir communiqué et valoriser ces partenariats ? Avec des maillots et les logos dessus ? en capitalisant sur l'iamge de marque de l'artiste et sa communauté ? Bien malin (et riche) celui qui trouvera la formule.
Va-t-on voir (un jour proche) les labels faire le tours des entreprises pour financer un projet comme un club de foot de village fait le tour des entreprises locales pour financer son équipe ?

2 commentaires:

Bidibule a dit…

Excellente entrée en la matière, vivement l'Episode 2 !

La Fille du rock a dit…

Il y avait également la marque Maje qui avait produit une compilation avec quelques-uns des artistes indés qu'elle avait sélectionnés pour faire la bande son de son défilé l'an dernier...