jeudi 1 octobre 2009

Combien coûte 40 minutes de musique ?



Voilà une question qui me trotte dans la tête depuis de nombreuses années et depuis 2 ou 3 jours sur mon
Facebook. J'ai participé à la numérisation de cassette audio (oui des K7 !!) de griot Africain. 40 minutes de chants, ou d'histoire séparés en deux faces comme ce "deux titres" d'El-Haaj Sammba Siree Gorel, combien ça coûte ?

Le support :
Sur support, le prix varie suivant le format, le style de musique, le label et son pressage. On a une fourchette de prix pour un disque variable suivant la notoriété du groupe, le label, le packaging... Pas de prix unique. C'est bien sûr moins cher si c'est une cassette et plus cher si c'est collector. Il y a le live qui coûte toujours plus cher. C'est 40 minutes de musique et une expérience unique. Plus le concert est rare, unique, plus l'artiste est reconnu, plus le concert est cher. Logique.

En ligne :
En ligne, on défini le prix suivant le barême du prix unique iTunes. Un album pop fait 12 titres, il est vendu 0,99 €/$ le titre et 9,99€/$ l'album. Quoi que. Avec, au printemps dernier, l'arrivée de prix variable sur iTunes, on a à la fois des prix à la baisse (7,99€, 6,99€ pour l'album) et à la hausse 11,99€.
Que justifie cette variation de prix ? La notoriété de l'artiste. Un Muse sera plus facilement vendable à 11,99€ que Marlène Dorcena.
Avec ce système, on défini le prix suivant d'un album suivant un nombre de piste et sa notoriété et non sa durée. Pourtant, c'est ce qu'on vend aussi non ? On vend des titres (nombre de piste) et de la musique (durée). Alors, quel est le juste prix de 40 minutes de musique ? Son prix doit il dépendre uniquement de son nombre de titre ?

La notoriété :
Un jeune artiste a-t-il le même prix qu'un artiste reconnu. Ce qui est rare est-il plus cher ou moins cher ? Un artiste en développement n'est pas connu, il est donc rare. Par contre il n'est pas cher. Midprice pour le jeune artiste est toujours plus préférable. Pas seuelement pour une question de prix mais par ratio. Un album de François Ville au même prix qu'un Renaud à 9,99€ ? pas logique, Renaud a plus de valeur, il est plus connu, il est donc plus cher. Plus c'est connu et reconnu, plus c'est diffusé, plus c'est cher. Logique non ?

Moralité, avec des enregistrements, rares, exclusifs et inédits, sont par défaut à 1,98€ pour cause de leur simple nombre de pistes.

Le prix unique de la musique n'existe pas. Il n'y a pas d'algorithme pour définir le prix suivant sa durée et ses nombres de titres. On est actuellement dans une définition du prix de la musique suivant son nombre de piste et non sa durée. Un paradoxe car on achète au titre et on écoute en flux.

Ces problèmes existent pour le rock (Atom Heart Mother des Pink Floyd) la World, les projets un peu crossroad, le jazz et bien sûr le classique. Musiclassics reconstitue les œuvres selon leurs partitions d'origine. Chaque mouvement est réuni en une piste. L'œuvre est vendu à la durée et non au titre. A ma connaissance, c'est le seul site à avoir franchi le Rubicon et à vendre "au poids" et non au titre. Un modèle relativement cohérent pour le classique. Après est-ce qu'une étude au piano de Mozart coûte le même prix qu'une Symphonie de Beethoven, c'est une autre histoire.

7 commentaires:

Claire Cavallini a dit…

Je pense que la définition du prix d'un album doit aussi tenir compte de l'évolution du marché et du prix que les consommateurs sont "prêts" à payer, quand aujourd'hui acheter est quasiment un acte militant.

Frédéric Neff a dit…

@ Claire... Oui bien sûr.
Merci de rappeler ce fondamental.

On définit la valeur marchande par rapport au nombre de piste, même si c'est une chanson de 51 minutes de Noir Désir. Si le public était près à mettre 40€ pour les voir l'enregistrement aux Urselines à Montpellier, 20€ dans le CD vendu avec un livre, Quid du prix que peut / Veut mettre le consommateur et prix que les pateformes peuvent définir pour ce titre de 51 minutes
Merci Claire de votre passage sur viva musica :D

Bidibule a dit…

Ah non Mr Neff, toi aussi tu va rentrer dans le binaire à deux bal ?

Frédéric Neff a dit…

sacré Bidibule, toujours le mot pour rire :D

Bidibule a dit…

@ Fred.. Oui bien sûr.
Merci de rappeler ce fond d'emmental ...

Bidibule a dit…

Le problème de la notion de valeur c’est qu’il est assez difficile de la raccrocher à quelque chose d’autre qu’une perception personnelle qui elle même est motivée par x ou x facteurs externes. Je veux dire par là qu’ il serait intéressant de faire écouter du François Ville et du Renaud au premier glandu croisé au beau milieu de l’Arizona et de lui demander ce qui selon lui a le plus de valeur.

Sylvain a dit…

Y'a un titre de DJ Hell remixé par RadioSlave de 30' à 2.49 sur Beatport :)