samedi 28 septembre 2013

L'Estaca, histoire d'une chanson

A quoi sert une chanson si elle est désarmée ?
Quand en 1968 le catalan Lluís Llach compose l'Estaca  (le pieu dans la langue du Barca) il ne pouvait imaginer les conséquences de cet hymne.
Car avec le temps, l'Estaca est devenue un hymne. L'Hymne catalan, qu'on chante pendant les matchs de l'USAP à Perpignan ou dans les chaines humaines pour l'indépendance de la région.

Fédérateur 
Par les paroles d'abord. Le père Siset qui veut se débarrasser d'un pieu qui nous prive de nos libertés. Un pieu bien pourri qui est, sans le nommé Franco. un pieu qui trouvera d'autres échos à travers le monde. Fédérateur ensuite par la musique et ce refrain lancinant et puissant sur le tomba tomba. Plutôt lent, le morceau est tout en puissance qu'il soit chanté en en solo ou par un groupe.

Très vite l'Estaca quitte les frontières catalanes et voyages. De pays en pays, l'espagnol est traduit, la mélodie subtilement modifiée. Un chant qui appelle à la chute d'un dictateur sans le nommé, c'était trop beau.

Plusieurs versions
En basque l'Estaca devient Agure zaharra chanté la première fois à Barcelone par Gorka Knörr.
En corse, c'est Catena.
En Français c'est le pieu chanté par Marc Robine.
Il existe même une version en Allemand, Der Pfahl, interprétée par Hein & Oss Kröher.
En Pologne, Solidarność en fait un lui aussi un hymne, avec la version polonaise de Jacek Kaczmarski, Mury. Un enregistrement live de piètre qualité traîne sur YouTube. L'engouement du public sur le dernier couplet est un régal.
La liste est non exhaustive.
Voici une petite sélection des Estaca, en partant de la version originale et en public de Lluís Llach pour finir par une autre version espagnole catalane, en live aussi mais chanté par le groupe basque de Ska Betagarri. A noter la prononciation et l'accent basque sur le catalan, c'ets tout simplement magique.  
La version allemande n'est malheureusement pas disponible en streaming, c'est donc avec ce magnifique diaporama que vous pouvez découvrir Der Pfahl.
En 55 ans, l'Estaca est devenu synonyme de lutte, l'étendard d'une région et le symbole d'une révolution populaire. Ce chant basque pourtant si calme au premier abord est devenu un symbole.
Et vous, quelle est votre version préférée de l'Estaca

Pour chanter à tue tête cet hymne à la liberté, voici les paroles. Si jamais vous allez voir l'équipe de rugby de Perpignan, cela vous sera très utile.


L'avi Siset em parlava de bon matí al portal
mentre el sol esperàvem i els carros vèiem passar.
Siset, que no veus l'estaca on estem tots lligats?
Si no podem desfer-nos-en mai no podrem caminar!

Si estirem tots, ella caurà i molt de temps no pot durar.
Segur que tomba, tomba, tomba, ben corcada deu ser ja.
Si jo l'estiro fort per aquí i tu l'estires fort per allà,
segur que tomba, tomba, tomba, i ens podrem alliberar.

Però, Siset, fa molt temps ja, les mans se'm van escorxant,
i quan la força se me'n va ella és més ampla i més gran.
Ben cert sé que està podrida però és que, Siset, pesa tant,
que a cops la força m'oblida. Torna'm a dir el teu cant:

Si estirem tots, ella caurà i molt de temps no pot durar.
Segur que tomba, tomba, tomba, ben corcada deu ser ja.
Si jo l'estiro fort per aquí i tu l'estires fort per allà,
segur que tomba, tomba, tomba, i ens podrem alliberar.

L'avi Siset ja no diu res, mal vent que se l'emporta,
ell qui sap cap a quin indret i jo a sota el portal.
I mentre passen els nous vailets estiro el coll per cantar
el darrer cant d'en Siset, el darrer que em va ensenyar.

Si estirem tots, ella caurà i molt de temps no pot durar.
Segur que tomba, tomba, tomba, ben corcada deu ser ja.
Si jo l'estiro fort per aquí i tu l'estires fort per allà,
segur que tomba, tomba, tomba, i ens podrem alliberar.
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