mardi 22 mars 2016

Apprendre à communiquer


Quand on parle de musique et d'Internet, on navigue en général entre deux types de positions. Les illimunatis du pouvoir des réseaux qui vous "libèrent" des intermédiaires aux septiques décrétant que le web ne sert à rien car il ne génère aucun revenu. Les premiers n'ont aucun exemple concret de réussite, les seconds parlent sans connaître l'économie de la musique et l'économie en ligne.
Dur, quand on est un artiste en développement de s'y retrouver dans ce magma passionnel et peu pratico-pratique d'ignorants étalant leurs visions et leurs fantasmes du monde.
Pourtant, depuis 9 ans peu de choses ont changé. Les débats sont toujours aussi passionnés mais tellement peu pragmatique et en lien avec le réel. Myspace, le meilleur site du moment qui devait remplacer les labels, est devenu has been. Les musiciens adoptent massivement Facebook et Twitter pourtant pas fait pour la musique. Le Cd n'est toujours pas mort et le téléchargement qui devait remplacer la galette est déjà sur le déclin. Bref, en 9 ans, il y a toujours plus d'incompréhension  entre le monde de l'innovation et celui de la musique, chacun pensant détenir la vérité absolue.

Et puis Emily Gounneau sort aux éditions Irma l'artiste, le numérique et la musique.

Et là, ça va déjà mieux.
L'artiste, le numérique et la musique n'est pas un énième bouquin qui compile les best pratice des sites réseaux sociaux à grand coup de Whaou et "trop génial" comme n'importe quel bouquin de première année de marketing.
L'artiste, le numérique et la musique n'est pas non plus l'assemblage de recette miracle qui marchent à tous les coups. Parce qu'avec les réseaux sociaux, c'est la singularité qui payent, ce qui rend toute recette impossible.  

Emily est arrivée à résoudre deux problèmes en moins de 180 pages. 
Tout d'abord elle pose le contexte dans une partie courte d'une vingtaine de pages mais qui justifient à elles seules l'achat du livre. Cette mise à jour de la situation, de Mysapce à Facebook, le rôle des réseaux sociaux, le rapport à instantanéité et à l'ennui de l'internaute, tout est là pour avoir une approche pragmatique de la situation.
Ensuite, elle apporte, clé en main toute la méthodologie pour créer sa stratégie, la mettre en place, la promouvoir et la monétiser.
Emily apporte au lecteur les atouts des réseaux sociaux sans les fantasmer mais sans nier les difficultés qu'ils incombent. Cet ouvrage est un véritable outil de travail pour tous les artistes ou les "entourages" de l'artiste qui participent à son développement et sa communication : être utile et efficace, réapprendre à donner du sens.
Et il y a urgence. Julien Soulié, lors de la présentation du livre à l'Irma rappelait que les taux d'adhésion aux différents réseaux des artistes du Fair :
100% Facebook
83% site.com
79% Soundcloud
73% Twitter
l'adoption à ces outils se fait de manière croissance mais pas toujours au service de l'artiste et de son développement. 

L'artiste, le numérique et la musique permet enfin de bien utiliser ces outils et de mieux communiquer sur ses projets sans perdre son énergie et sans courir aux gratifications immédiates et autres likes à chaque message publié.

"Quand on parle de consommateur sur internet on parle de plusieurs choses différentes. On ne parle pas que celui qui acheté mais celui qui écoute.  (...) ce qui compte c'est de savoir comment le consommateur est arrivé au contenu." explique Emily Gonneau.
L'artiste, le numérique et la musique est un outil pour construire sa stratégie autour de cette nouvelle approche, cette nouvelle acquisition du public.

L'artiste, le numérique et la musique 
Éditeur : Irma éditions • Édition : février 2016 •
Format : 16 x 24 cm • Pagination : 180 pages • prix : 28 €
 

mardi 1 mars 2016

le marché japonais de la musique



La RIAJ (Recording Industry Association of Japan) a publié les chiffres de ventes de la musique enregistrée depuis 1952.
Toutes les données sont visibles ici.
Comme un schéma vaut mieux qu'un long discours, voici donc le marché du Japon tous supports confondus en images.

Le marché de la musique en volume de 1956 à 2015

Le marché de la musique en valeur (en millions de Yen) de 1956 à 2015

Ce qu'il faut retenir

Le Japon est un marché sans commune mesure, par sa taille comme par sa segmentation. Focalisons nous sur le marché japonais sans faire de parallèle avec les marchés européens. 

  • Le vinyle est un marché de niche, représentant un volume très faible 
  • la cassette a eu une fin progressive contrairement au vinyle ou au CD
  • Que ça soit en volume ou en valeur, la courbe de vente et de revenu du CD est presque identique à la courbe totale entre 1988 et 2003. 

Regardons de plus près ce marché en volume et valeur sans les ventes de CD
En volume

En valeur
Sans surprise, les deux graphiques sont très proches

Toutefois ces données nous livre quelques éléments clés sur l'évolution du marché :
  • Le Japon a et continue de vendre du CD 3 pouces (des mini CD qui ont été vu qu'en promo en France) et possède donc encore un marché physique du single 
  • Les ventes de cassettes ont résisté plus longtemps que les vinyles. Ce support est toujours en vente (800 000 unités vendues en 2015) et génère même plus de revenu que les vinyles en 2014. en France au début des années 2000, on tentait de lancer la cassette 2 titres pour lutter contre les ventes 
  • Le vinyle n'a presque pas disparu. Si la France le banni en 1995, le Japon a continué la vente (et donc la production) avec 2009 et 2010 comme années les plus basses (à peine 100 000 unités vendues). Ce creux coïncide avec le développement du streaming. 
A l'échelle du marché globale, la croissance du vinyle (en 5 ans x7 en volume et x6 en valeur) est anecdotique. 
La chute rapide et vertigineuse du CD puis des autres supports a entraîner une réductions des points de vente.
En valeur, le marché est équivalent à celui de 1977 qui représente le haut de la courbe du marché vinyles pour le japon 
En Volume, l'année 2015 équivaut à l'année 1985, année de transition entre la généralisation du CD et et le déclin du vinyle face au profit de la cassette. 

L'avenir 

Marché de la musique en ligne au Japon en Milliers de yen 

Voici l'évolution du marché de la musique en ligne au Japon. ce qu'il faut retenir : 

  • la disparition du très rentable ringtone 
  • la croissance et la chute (tout aussi rapide) du téléchargement au titre 
  • l'augmentation du téléchargement d'album (bundle) qui se stabilise avec la croissance du streaming

Le streaming connait une forte hausse depuis 2013 et dépasse en valeur les revenus du téléchargement d'album,  La chute du téléchargement au titre et la courbe actuelle de croissance du streaming vont, dans un futur proche se croiser et le streaming va devenir la première source de revenu numérique. mais pour quelle valeur ? Là est toute la question et l'enjeu.

Conclusion 

Ce demi siècle de marché de la musique au Japon nous montre comment la musique est devenue un support populaire et un produit de consommation de masse. elle montre aussi comment une technologie peut dynamiser un marché au profit du support précédent. 
La musique sur support quitte la consommation de masse pour devenir un objet plus collector, plus précieux, plus rare et donc plus cher. Il bascule dans le marché de niche avec toutefois l'interrogation des points de ventes pour ce nouveau marché. Si le ventes vinyles augmentent, quid des points de ventes pour accompagner ce nouveau marché de niche ?
Toutefois, avec le numérique, la musique reste une pratique populaire accessible à tous mais sa valeur ne compense pas la baisse du marché physique. En 2015, le marché du numérique pèse 43 millions de yens sur un marché de 250 millions, soit l'équivalent en 2015 du marché des CD single...
  




vendredi 29 mai 2015

Quand le dépôt débarque à la Fnac

Selon les Echos, la Fnac bascule lentement et surement vers le dépôt. Pour l'instant, selon le journal, seul Universal a fait la bascule. seul le back catalog serait (pour l'instant?) concerné par le dépôt

Le dépôt c'est quoi ? 
Le magasin stocke les disques sans les acheter. il paye le distributeur qu'à la vente des albums. voilà le principe même du dépôt. 
A l'opposé, le système en place est tout autre. Le magasin achète son stock. Il a 12 mois pour l'écouler. En cas d'invendu, le point de vente fait les retours aux distributeurs. 
Ce système a ses avantages et ses inconvénients. l'avantage c'est que le producteur a très vite une entrée de fond avec les mises en place en magasin (achat des disques à vendre). Ça tombe bien, il vient de faire un gros chèque pour le pressage des disques, et en général un second pour la promo. 
L'inconvénient c'est que tout ce qui est mise en place n'est pas forcément vendu. Bref il y a une session de jonglage de trésorerie à la fois de la part du point de vente et du distributeur. Gare à l'avalanche de retour en cas d'une mise en place disproportionnée.  
Le dépôt est un vrai atout pour le point de vente. Le risque financier est limité, il peut donc proposer une offre plus large, plus pointue ou mettre à disposition plus de nouveautés sur une durée plus longtemps, bref, prendre des risques. C'est son savoir faire qui fera bouger son stock et animer ses rayons. 

Le dépôt c'est nouveau ? 
Non pas vraiment. Du côté des petits acteurs, autoprod ou petit distributeurs choisissent (ou pas) le dépôt pour l'ensemble de leur catalogue ou pour un événement particulier (ventes en sortie de concert ou pendant un festival). 
Un autre acteur fonctionne plus ou moins en dépôt. C'est Amazon. Il n'y a pas d'achat des disques vendus sans commande des clients. Un flux tendu qui évite à Amazon d'avancer l'argent pour l'acquisition et permet de limiter les stocks. Malin. 

La Fnac vers le dépôt (de bilan) ?
Le serpent de mer qui, depuis le début des années 2000, pointe son nez dans les couloirs du Midem est le fameux "la Fnac va arrête le disque" voir "la Fnac va arrêter tout court". Il est vrai que l’évolution du marché et les stratégies online de la Fnac ne laisse rien présager de bon pour la firme qui oscille entre un service premium et une concurrence rude sur les prix. 
Alors cette mutation vers le dépôt est une demi surprise. Demi car elle a déjà commencé avec des deal en direct avec des petits labels... en dépôt. 
Elle est logique car elle permet à la Fnac d'optimiser sa trésorerie, du moins pour le back catalog et donc, souhaitons le, proposer un choix plus large et plus qualitatif dans ses rayon. souhaitons le. 
Mais ce pâs vers le dépôt vente reste une transition incontournable afin d'obtenir des conditions de ventes proche d'Amazon et donc d'optimiser ses marges. 

Et les labels dans tout ça ? 
L'avantage du dépôt supprime les flux financiers des retours et on a le cash à chaque vente. Mieux vaut avoir une bonne trésorerie pour supporter la fabrication des disques et patienter gentiment les ventes. une question cruciale qui se posera après un succès si oui ou non on doit faire un réassort. Car l'enjeu est essentiellement là, sur le réassort, quand il y a une effort financier à faire. Pour le reste du back catalog, le problème de trésorerie se pose moins. reste l'animation du back catalog. Avoir des référence qui vendent un peu de temps en temps c'est bien, pouvoir en pousser quelque'unes c'est mieux. Quid des marges de manœuvres des labels et distributeurs pour faire remonter les anciennes références d'un groupe qui sort un nouvel album ? Avec le dépôt, on pourrait le faire sans problème sans pour autant passer par une opération spéciale et donc un nouveau tarif.  Est-ce la volonté de la Fnac d'augmenter le nombre de références en magasin ?
Enfin, en ces périodes de trésorerie difficile, la transition en mode dépôt doit être bien faite pour ne pas être létale.

La Fnac souhaite-t-elle à terme généraliser ce type de contrat sur l'ensemble du catalogue ?  L'objectif est il dans un futur proche de gérer les sorties, les nouveautés et les opérations spéciales en dépôt vente ? Cette ultime modification ne sera pas profitable aux distributeurs et aux labels, majors comme indépendant.  

samedi 28 septembre 2013

L'Estaca, histoire d'une chanson

A quoi sert une chanson si elle est désarmée ?
Quand en 1968 le catalan Lluís Llach compose l'Estaca  (le pieu dans la langue du Barca) il ne pouvait imaginer les conséquences de cet hymne.
Car avec le temps, l'Estaca est devenue un hymne. L'Hymne catalan, qu'on chante pendant les matchs de l'USAP à Perpignan ou dans les chaines humaines pour l'indépendance de la région.

Fédérateur 
Par les paroles d'abord. Le père Siset qui veut se débarrasser d'un pieu qui nous prive de nos libertés. Un pieu bien pourri qui est, sans le nommé Franco. un pieu qui trouvera d'autres échos à travers le monde. Fédérateur ensuite par la musique et ce refrain lancinant et puissant sur le tomba tomba. Plutôt lent, le morceau est tout en puissance qu'il soit chanté en en solo ou par un groupe.

Très vite l'Estaca quitte les frontières catalanes et voyages. De pays en pays, l'espagnol est traduit, la mélodie subtilement modifiée. Un chant qui appelle à la chute d'un dictateur sans le nommé, c'était trop beau.

Plusieurs versions
En basque l'Estaca devient Agure zaharra chanté la première fois à Barcelone par Gorka Knörr.
En corse, c'est Catena.
En Français c'est le pieu chanté par Marc Robine.
Il existe même une version en Allemand, Der Pfahl, interprétée par Hein & Oss Kröher.
En Pologne, Solidarność en fait un lui aussi un hymne, avec la version polonaise de Jacek Kaczmarski, Mury. Un enregistrement live de piètre qualité traîne sur YouTube. L'engouement du public sur le dernier couplet est un régal.
La liste est non exhaustive.
Voici une petite sélection des Estaca, en partant de la version originale et en public de Lluís Llach pour finir par une autre version espagnole catalane, en live aussi mais chanté par le groupe basque de Ska Betagarri. A noter la prononciation et l'accent basque sur le catalan, c'ets tout simplement magique.  
La version allemande n'est malheureusement pas disponible en streaming, c'est donc avec ce magnifique diaporama que vous pouvez découvrir Der Pfahl.
En 55 ans, l'Estaca est devenu synonyme de lutte, l'étendard d'une région et le symbole d'une révolution populaire. Ce chant basque pourtant si calme au premier abord est devenu un symbole.
Et vous, quelle est votre version préférée de l'Estaca

Pour chanter à tue tête cet hymne à la liberté, voici les paroles. Si jamais vous allez voir l'équipe de rugby de Perpignan, cela vous sera très utile.


L'avi Siset em parlava de bon matí al portal
mentre el sol esperàvem i els carros vèiem passar.
Siset, que no veus l'estaca on estem tots lligats?
Si no podem desfer-nos-en mai no podrem caminar!

Si estirem tots, ella caurà i molt de temps no pot durar.
Segur que tomba, tomba, tomba, ben corcada deu ser ja.
Si jo l'estiro fort per aquí i tu l'estires fort per allà,
segur que tomba, tomba, tomba, i ens podrem alliberar.

Però, Siset, fa molt temps ja, les mans se'm van escorxant,
i quan la força se me'n va ella és més ampla i més gran.
Ben cert sé que està podrida però és que, Siset, pesa tant,
que a cops la força m'oblida. Torna'm a dir el teu cant:

Si estirem tots, ella caurà i molt de temps no pot durar.
Segur que tomba, tomba, tomba, ben corcada deu ser ja.
Si jo l'estiro fort per aquí i tu l'estires fort per allà,
segur que tomba, tomba, tomba, i ens podrem alliberar.

L'avi Siset ja no diu res, mal vent que se l'emporta,
ell qui sap cap a quin indret i jo a sota el portal.
I mentre passen els nous vailets estiro el coll per cantar
el darrer cant d'en Siset, el darrer que em va ensenyar.

Si estirem tots, ella caurà i molt de temps no pot durar.
Segur que tomba, tomba, tomba, ben corcada deu ser ja.
Si jo l'estiro fort per aquí i tu l'estires fort per allà,
segur que tomba, tomba, tomba, i ens podrem alliberar.
Lyrics from eLyrics.net

vendredi 26 avril 2013

L'avenir d'Harmonia Mundi passe-t-il sans les boutiques ?







Le distributeur de musique fait figure de référence dans le monde de la distribution. Un réseau de distribution physique efficace, un réseau de boutiques dans toute la France, un site pour la VPC, des filiales dans le monde entier, un département distribution digitale en plein boum, le tout estampillé Harmonia Mundi et ses 50 ans d’existence.
Être la référence dans la distribution physique n’a jamais porté chance. En 2004/2005, Night & Day était le distributeur qui vendait du rêve. Quelle progression ! Quelle réussite ! Il déposera le bilan début 2006.
Même sort pour ce petit indépendant Nocturne qui s’arrêta en février 2009. Pourtant, comme Night & Day, Nocturne était l’exemple à suivre.
L’annonce d’un plan social chez Harmonia Mundi crispe encore plus une région déjà bien dévasté par les plans sociaux. Au menu, 38 emplois et la fermeture de 15 boutiques. Une réduction de 22 % de la masse salariale pour cette entreprise qui embauche 171 personnes.
Crise, baisse des ventes de disques, cette réduction de la voilure semble logique, pourtant ce plan social d’un secteur en crise questionne.


Harmonia Mundi fait honneur à sa réputation. Malgré la crise, elle maintient son activité et son chiffre d’affaires. Un exploit.
L’entreprise arlésienne a fusionné la logistique de sa distribution de disques avec Naïve, en grande difficulté, qui a bénéficié du réseau de magasins Harmonia pour reprendre un peu d’oxygène. Récemment c’est Discograph qui rejoignait la distribution Harmonia Mundi. Réduire le nombre de boutiques, c’est réduire les canaux de distribution possibles pour ses contenus. Et le public d’Harmonia Mundi consomme encore du physique, malgré la monté des ventes en téléchargement et l’apparition (enfin !) de formats dématérialisés à la qualité supérieure au CD et même au SACD.


L’avenir des boutiques, l’impasse d’Harmonia Mundi

Fermer des boutiques qui perdent de l’argent c’est un choix plus que logique vu la conjoncture actuelle d’un côté et la baisse continue des ventes de disques de l’autre. Même si un marché de niche existe et existera pour une musique sur support.


Les chiffres parlent d’eux-mêmes, c’est plus de la moitié des boutiques qui ferment (15 sur 28) sans qu’il y ait un transfert des ventes vers un disquaire concurrent, la VPC ou le numérique. Ces boutiques ne vendent que des références distribuées par Harmonia Mundi, leurs fermeture, c’est une perte sèche des ventes.
Et ce plan en annonce déjà un second pour la fermeture d’autres, (voir de toute à terme ?) boutiques.
Harmonia doit il se séparer au plus vite des points de ventes, aux risques d’engendrer des pertes sèches sur les ventes ou jouer la carte de la transition douce ?
Les boutiques sont une pierre angulaire du succès d’Harmonia Mundi et ont permis de réduire les pertes pendant les 10 dernières années. Même en perdant de l’argent, les boutiques Harmonia Mundi sont un canal de vente exclusif qui assure un volume de ventes pour les productions Harmonia Mundi comme pour les labels en distribution
L’enjeux est simple. garder des boutiques qui tendent vers le déficit mais qui assure un lieu dédié à la musique indépendante, lieu qui va prendre de plus en plus de valeur dans les années à venir ou fermeture pure et simple des boutiques ?
Assimiler les boutiques Harmonia Mundi à un espace de vente de bien culturel pour bénéficier d’aides au loyer comme le ministère souhaite le faire pour les librairies demanderait à Harmonia Mundi d’ouvrir ses rayonnages à d’autres références, majors et indépendants. Une condition sine qua non qui impliquerait une baisse des ventes des références distribuées par Harmonia Mundi.
Si le choix de la fermeture pure et simple semble être la plus logique, elle prive Harmonia Mundi d’un réseau de points de vente en centre-ville, identifié et prêt à porter le nouveau marché de musique matérialisée, un marché de niche à forte valeur ajoutée.


Harmonia Mundi est devant un choix délicat. Se priver d’un réseau de diffusion avec la fermeture des boutiques, ou les sauvegarder, et donc ouvrir les rayons aux catalogues des autres distributeurs.

La musique sur support va quitter le marché des biens de consommation courante pour être un marché de niche. Ce marché a besoin d’un réseau de lieux d’échange, de rencontre, pour chiner, parler, découvrir. Un espace proposant une expérience sociale de la musique, favorisant les découvertes qu’aucun site de VPC n’a su à ce jour créer.

lundi 11 mars 2013

La semaine polonaise de Viva Musica

Le semaine du 4 mars 2013, je me suis amusé sur Facebook à publier une vidéo d'un artiste polonais glané au pif dans ce foutoir mal rangé et mal foutu qu'on appelle YouTube.
J'ai pris sur mon temps de loisirs pour aller glaner, de moteur de recherche en moteur de recherche, de lien en lien, quelques jolies surprises polonaise. Une condition, être chanté en langue polonaise.
Le point de départ, c'est la découverte sur mon mur Facebook de Maria Peszek.

Lundi 4 mars
Place à Maria Peszek, avec un titre de 2005 Moje Miasto.
Ce titre lancinant pose bien l'univers de la chanteuse, également comédienne, qui a sorti un album l'an dernier qui se nomme Jezus Maria Peszek.


Mardi 5 mars
Czeslaw Spiewa, un groupe polonais (avec plein de consonne donc), une superbe belle surprise. Si quand on farfouille un peu dans la discographie du groupe, on trouve toujours un peu la même chose niveau arrangement ou mélodie, Czslaw Spiewa reste une belle surprise; On regrette de ne pas comprendre les paroles. Accordéon, violon saxophones/clarinettes un zeste folk et un zeste pop le tout autour du chanteur leader Czeslaw Mozil. Le titre Maszynka Do Swierkania est extrait de l'album Debiut, enregistré en 2008

Mercredi 6 mars
Tori Amos en polonais, ça doit se dire Gaba Kulka. Chanteuse et pianiste. Une artiste assez intéressante qui tend sur certains morceaux sur du Kate Bush en polonais qui n'hésite pas à changer de style avec une forte personnalité.
Le titre Niejasności est extrait de l'album Hat, Rabbit sorti en 2009.

Jeudi 7 mars
Mela Koteluk, une belle polonaise de 28 ans chante Dlaczego Drzewa Nic Nie Mowia extrait de l'album sorti en 2012 Spadrochon.
Je vous invite à découvrir quelqu'un de ces titres de son premier album comme Melodia Ulotna ou Stale Plynne.

Vendredi 8 mars
Entre Tom Wait et Paolo Conte avec un cassage de voix goût volka le tout à la sauce polonaise.
20 ans de carrière pour le chanteur poète et guitariste (même si ça ne voit pas des masses sur cet extrait). Il s'appelle Mark Dyjak et, c'est un peu cliché, mais il a commencé comme plombier; un plombier polonais donc. Ça craque et c'est roc, ça sent bon l'Europe de l'Est. Ya des trucs un peu déroutant chez lui. Il s'agit de Człowiek (Złota ryba), extrait live de l'album Moje Fado (2011) .

Pour conclure cette semaine polonaise, j'ajoute pour le week end deux titres qui sortent de la discothèque.
Le premier est une reprise de l'Estaca, chant catalan anti Franco de Lluis Llach. La version polonaise, Mury (mur) est de Jacek Kaczmarski, en 1980. L'extrait est un live fin des années 80.

Le second titre est extrait de l'labum Uprooting des Warsaw Village Band, une bande de pote qui souhaite contrer le conformisme et la culture de masse avec une musique parant de la musique traditionnelle polonaise. Le titre est In The Forest.

Et vous, c'est quoi votre coup de coeur polonais ? 




mercredi 31 octobre 2012

La Fnac arrête le téléchargement

La FNAC n’est vraiment pas une entreprise comme les autres : l'annonce du Figaro du 31 octobre de l’arrêt de la vente de musique dématérialisée depuis fnacmusic.com en est la preuve.
Le physique aura survécu au téléchargement dans l’enseigne française. Miracle de l’exception culturelle française.
Retour sur une séparation annoncée. 



Ça fait des années qu’à chaque fois que vous mettez deux distributeurs dans une même pièce, raisonne le même refrain. La FNAC a lancé (encore) une étude pour voir si c’était pertinent d’arrêter de vendre des CD.
Et la réponse des cabinets d’expert étaient la même. Continuez !  Le contenu est un produit d’appel pour vos clients donnant une image culturelle et sérieuse au magasin de Tv et de téléphone. Comprenez, c’est plus classe d’acheter sa TV ou son téléphone à la FNAC qu’à Surcouf.

Un divorce qui ne dit pas son nom

Il suffit de passer quelques mois du côté de la distribution physique de CD pour comprendre la rupture entre la musique et la FNAC ne date pas d’hier. Centralisation des achats d’office sur certains magasins (catégorie C et D) et donc impossibilité de commander certaines références dans ces dit magasins. Impossibilité aussi de faire du réassort car les stocks sont centralisés. Si la FNAC d’Avignon a vendu tous ses albums d’intel, elle ne peut en recommander car il en reste à la FNAC de Bourges. CQFD.
Réduction des espaces de ventes, stratégie de grandes surfaces (et pas que les marges arrières) faites sans le style d’un bon vieux Carrefour. A cela ajoutez les changements de directions à tous niveau au moins tous les ans, et vous aurez un aperçu de ce qu’est la FNAC, cet agitateur de talent.

Quand être en centre-ville devient un défaut

Une marque, FNAC pour 3 produits sans véritable liens : fnacmusic.com, fnac.com et un réseau de magasins, plutôt en centre-ville.
En 10 ans, l’agitateur culturel a réduit l’espace de vente du CD pour d’abord le DVD pour l’écran plat puis enfin les produits high tech. La particularité des enseignes voulant mettre en avant l’émergence avec des gilets verts prêt à vous conseiller est devenue un mythe avec quelques rares exceptions par-ci par-là.
En 10 ans, ses clients, plutôt bobos et étudiants, un public de centre-ville, est sortie avec des colis de plus en plus lourds et des factures de plus en plus grosses. Le commerce de proximités de biens culturels s’est retrouvé en concurrence avec les grandes surfaces de la hi fi et électroménager en proposant un nouveau challenge à ses clients : pourquoi venir payer plus cher un écran plasma dans un magasins en centre-ville n’ayant pas de parking ?
Le centre-ville, la force historique des FNAC qui ont au passage  éradiqué les disquaires indépendants par cette géolocalisation, le centre-ville, cette force devient sa principale faiblesse.
Que nenni, les FNAC apparaissent dans les zones péri urbaines. On ferme FNAC Bastille à Paris pour ouvrir FNAC Cergy en banlieue. On réduit les tailles des bacs, on réduits les espaces de communications pour les évènements locaux, on réduit l’espace dédié au contenu. Bref, on s’adapte.
Avec fnac.com, on agite le chiffon rouge. NON, on ne réduit pas les références en magasin, car tout est dispo sur fnac.com. On innove aussi avec fnac.com en créant une plateforme online concurrente de sa chaîne de magasins n’ayant ni les mêmes produits, ni les mêmes prix.

Fnacmusic.com, ce rêve fou

Et puis il y a fnacmusic.com. ça a très mal commencé. Un choix de format propriétaire et drmisé (le wma) un paradoxe quand on vend par palette des iPod qui tourne au AAC.
Un processus d’achat qui a mis du temps à évoluer (une avalanche de clic pour faire un simple achat en ligne), à des années lumières d’Amazon ou iTunes (on disait Apple Music Store à l’époque).
Un moteur de recherche qui ne prend pas les accents. Une recherche de la meilleure vente de l’époque, Christophe Maé, et vous tombiez sur un disque de Yo Yo Ma jouant avec un certain soliste se prénommant Christophe.
Fnacmusic.com a lutté pour ne pas mettre la clef sous la porte, a lutté pour exister, pour percer, a lutté pour juste être … un sous iTunes.
La fin de fnacmusic est somme toute assez logique. Ce gouffre financier du groupe FNAC bien en difficulté sur tous les terrains ne va pas déchaîner les passions à sa fermeture. Un site sans lien avec l’enseigne, sans apport.
Fort de son monopole, iTunes devient la solution de téléchargement de la FNAC. Une aubaine pour iTunes qui pourra en savoir plus sur le profiling des clients FNAC.

Un distributeur physique disait en 2006 :
« Vous aimez le monopole de la FNAC en distrib ? Alors vous allez adorer Apple ! »
 6 ans plus tard, le Rubicon est franchis. Qu’on le veuille ou non, la vente de musique sur Internet en téléchargement c’est iTunes. Un système fermé, un monopole mondial. Un leader par défaut qui ne s’intéresse pas du tout à la valorisation du contenu et l’optimisation du marché émergeant de la vente de musique dématérialisée.
Le marché de ma musique en ligne ne peut évoluer. C’est un marché mort née avec un seul bénéficiaire. La grande GSS qu’est la FNAC vient d’en tirer les conséquences. 

vendredi 30 mars 2012

Viva Gazetta


Après Viva Ovalia, la première chronique sportive sur Radio Néo, qui décryptait la magie du rugby en musique, je suis de retour sur la radio révélateur de talents. 
Chaque vendredi, retrouvez donc Viva Gazetta, le premier JT hebdomadaire de la FM en paroles et en musiques.
Chaque vendredi, rendez-vous à 7h40, 10h15, 13h10 et 20h10 à Paris sur le 95.2, à Bourges au 100.0 et à Toulouse au 94.8 et bien sûr sur le site de Radio Néo
Le podcast est déjà disponible sur Radio Néo et bientôt sur iTunes.

lundi 30 janvier 2012

Il est né Le Divin Enfant



Rien ne vaut une naissance pour apporter un peu de bonheur dans une famille. Surtout quand l’enfant est voulu de tous. Retenez cette date, le 28 janvier 2011.
Historiquement en crise et en conflit, la filière musicale a signé le protocole d’accord du CNM. Pour la première fois la filière est unie. Signe que la crise a bel et bien touché toute la filière et pas seulement les producteurs et les majors comme le veut l’adage.

D’Universal à CD1D, des éditeurs au PRODISS, des fédérations de labels aux syndicats des distributeurs, de la SACEM à la SPEDIDAM, indés, majors, tout le monde était là cet accord historique. Seule la CGT Spectacle n’a pas signé, pour contester le manque de garantie du financement et l’absence des régions alors que la CGT Spectacle…… valide le projet !

Sous des faux airs de faire part de naissance, le discours de Frédéric Mitterrand a insisté sur le caractère historique de l’événement. « plus que de l’enthousiasme, c’est un nouvel élan pour l’ensemble de la filière ». A la sortie de la conférence de presse, un vent d’optimiste soufflait entre les flûtes de champagne. Voilà bien longtemps qu’une telle météo avait été vu dans les couloirs du MIDEM.

Le CNM entame son sevrage avec la mise en place d’une association pour l’application de son protocole d’accord. Au programme, la constitution juridique de la nouvelle structure et la mise en place du programme d’action (comme les aides vont être mises en place par exemple) avant une ultime validation par l’Union Européenne ce printemps.
Tous n’est pas rose dans ce tableau. Des défis sont à relever comme la pérennité du financement en cas de baisse de la taxe affectée (taxe sur les fournisseurs d’accès sur les offre TV mise en place pour le CNC lors des premières box des offres Tri-play). Autre chantier, l’intégration de l’IRMA, CNV, Bureau Export et consorts en un seul et unique CNM.
Les premiers pas du CNM sont prévus pour octobre, et ce, quelque soit les résultats du printemps électoral. 

MIDEM, le point à mi parcours



Si l’an dernier le MIDEM avait des airs moribond de dernier MIDEM, la 46 ème édition donne un nouveau souffle et de nouvelles perspectives à ce salon professionnel.

Quand une filière est en crise, son salon professionnel aussi doit se reconstruire. La place de marché International qu’est le MIDEM change lentement de visage.
Fini donc le salon des labels venant chercher un distributeur à l’étranger. Fini ces réunion B2B entre acteurs du disques et de la distribution. Ou presque. On retrouve cette faune dans les couloirs du Majestic ou dans les bars autour du palais. Le marché reste le marché.
Le 46eme MIDEM s’offre un mariage de raison. Le MIDEMNET, créé en 2000, fait enfin partie intégrante du MIDEM.
Un nouveau public hante les allées. Il y a beaucoup moins de monde que l’an dernier mais le taux de visiteur en mode « mon premier MIDEM » semble à la hausse.
Nouvel espace
Concentrer dans l’espace Riviera, les stands des sociétés civiles, lieu de rendez-vous pour labels et pro partage l’espace avec des start Up. Un vent frais et nouveau d’innovation, représenté par de jeunes entrepreneurs plein d’enthousiasme. En contraste avec la filière « historique » en crise depuis plus de 10 ans.
Le sous sol, lieu historique de la salle de marché, est remplacée par des salles de conférence et de workshop qui ne désemplissent pas. Conférences, rencontre, Speed Dating. Le programme oblige a faire des choix. On peut regretter sur ce salon Internationale la sur représentation des acteurs américains sur les stratégie Marketing Online. On croise dans les allées du salon des start up européenne et sud américaine bien moins arrogantes et souvent bien plus pertinentes.

Il est trop tôt pour faire un bilan du MIDEM mais le résultat à mi-parcours est plutôt positif. Tel un Phoenix, le MIDEM semble renaitre de ses cendres. On assiste à un renouvellement du public. A voir comment les « accrédités historiques » vont s’intégrer dans le paysage.